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Compte 145 - Amortissements dérogatoires

Vous vous demandez pourquoi une entreprise comptabilise parfois un amortissement plus élevé que la réalité économique d’un bien ? Le compte 145 apporte une réponse claire à cette situation. Utilisé dans un cadre strictement encadré, ce compte joue un rôle stratégique dans la gestion du résultat fiscal. Mais quand l’utiliser concrètement, et avec quelles implications pour l’entreprise ? On vous explique tout.

Qu'est-ce que le compte 145 - Amortissement dérogatoire et quand l'utiliser en comptabilité ?

Le compte 145Amortissements dérogatoires fait partie de la classe 1 du Plan Comptable Général (PCG), au sein des comptes de capitaux. Il sert à comptabiliser des amortissements supérieurs à ceux justifiés économiquement, dans le cadre de dispositifs fiscaux spécifiques.

Ce mécanisme permet à une entreprise de constater des charges d’amortissement plus élevées au début de la durée de vie d’un actif, ce qui a pour effet de réduire temporairement le bénéfice imposable, sans affecter le résultat comptable.

Ces amortissements ne reflètent pas la réalité économique de la consommation de l’actif, mais sont autorisés par des textes fiscaux particuliers. Ils sont enregistrés dans les provisions réglementées, conformément à l’article 214-8 du PCG 2025.

Par ailleurs, on emploie le compte 145 lorsque l’entreprise applique des règles fiscales plus avantageuses (comme l’amortissement dégressif, exceptionnel ou toute déduction supplémentaire prévue par la législation) conduisant à une dotation supérieure à celle justifiée économiquement.

L'objectif est d'isoler, dans les comptes, la fraction d’amortissement qui ne reflète pas la consommation réelle de l’actif, mais qui répond à une mesure fiscale dérogatoire, tout en respectant la neutralité du résultat comptable

Le compte 145 est-il un compte d'actif ou de passif ?

Le compte 145 est un compte de passif. Il enregistre des amortissements fiscaux non justifiés économiquement. Il représente donc un écart temporaire entre comptabilité comptable et fiscale, que l’entreprise devra reverser ou neutraliser ultérieurement.

Autrement dit, cette provision constitue une obligation potentielle vis-à-vis de l’administration fiscale, ce qui la rattache logiquement au passif du bilan.

Comptabilisation : comment comptabiliser un amortissement dérogatoire ?

Lorsqu'une entreprise applique un amortissement fiscal supérieur à l'amortissement comptable (ex : amortissement exceptionnel ou dégressif), la différence est enregistrée comme suit :

  • Débit du compte 68725 : Dotation aux provisions réglementées – amortissements dérogatoires ;
  • Crédit du compte 145 : Amortissements dérogatoires.

Cette écriture permet de reconnaître la différence entre l’amortissement fiscal et l’amortissement économique, sans fausser le résultat comptable.

Par la suite, lors de la reprise de cette provision (à la fin de l’avantage fiscal ou à la sortie de l’actif), l’écriture est inversée :

  • Débit du compte 145 ;
  • Crédit du compte 78725 : Reprise sur provisions réglementées – amortissements dérogatoires.

Exemple d’application

Exemple d'amortissement :

Une entreprise acquiert une machine pour 100 000 €, avec une durée d’amortissement économique de 10 ans. L’amortissement comptable est donc de 10 000 € par an.

Cependant, pour profiter d’un régime fiscal favorable, l’entreprise décide de l’amortir sur 5 ans, soit 20 000 € par an sur le plan fiscal.

Chaque année, la différence de 10 000 € entre l’amortissement fiscal (20 000 €) et l’amortissement comptable (10 000 €) constitue un amortissement dérogatoire.

Cette différence est comptabilisée de la façon suivante :

  • Débit du compte 68725 (dotation aux provisions réglementées – amortissements dérogatoires)
  • Crédit du compte 145.

Exemple de reprise :

À partir de la sixième année, la machine est totalement amortie fiscalement, mais continue à l’être comptablement. L’entreprise doit alors reprendre les amortissements dérogatoires enregistrés.

Elle comptabilise donc chaque année, pendant 5 ans :

  • Débit du compte 145 ;
  • Crédit du compte 78725 - Reprise sur provisions réglementées – amortissements dérogatoires

Cela permet de neutraliser progressivement l’avantage fiscal obtenu au départ, assurant une neutralité sur le long terme vis-à-vis du résultat imposable.

Le compte 145 est-il débiteur ou créditeur ?

Le compte 145 est un compte de passif, et il est donc structurellement créditeur. Sa position créditrice reflète une obligation fiscale latente. L'entreprise a bénéficié d’un avantage temporaire qu’elle devra compenser dans le futur, soit par réintégration fiscale, soit lors de la cession de l’actif.

Fiscalité du compte 145 : les impacts des amortissements dérogatoires

L’utilisation du compte 145 présente plusieurs implications fiscales, à court et à long terme, qu’il est essentiel de bien comprendre :

  • Avantage fiscal à court terme : les amortissements dérogatoires permettent de réduire temporairement le résultat imposable, entraînant un report de l’impôt sur les sociétés.
  • Effet neutre à long terme : cet avantage est provisoire, car les montants dérogatoires doivent être reversés progressivement dans le résultat fiscal au fil du temps.
  • Réintégration progressive : les dotations dérogatoires sont réintégrées dans le résultat imposable selon le rythme de la durée de vie de l’immobilisation concernée.
  • Optimisation de la charge fiscale : ce mécanisme permet un lissage de l’impôt sur plusieurs exercices, en adaptant la charge fiscale à la stratégie de gestion de l’entreprise.
  • Encadrement strict : les amortissements dérogatoires doivent être expressément prévus par la législation fiscale, justifiés, et leur caractère exceptionnel clairement démontré pour éviter tout redressement fiscal en cas de contrôle.

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Qu'est-ce qu'une écriture de capital en comptabilité ?

Une écriture de capital permet d’enregistrer la mise à disposition de ressources par les associés ou actionnaires dans l’entreprise. Elle formalise l’affectation des apports aux capitaux propres, renforçant ainsi la structure financière de l’entité.

Selon la nature de l’apport :

  • En numéraire : on débite le compte 512 – Banque et on crédite le compte 101 – Capital.
  • En nature : on débite un compte d’immobilisation (ex. : 2183 pour du matériel) et on crédite le compte 101, avec éventuellement un compte de prime si une différence de valorisation existe.

Comment faire une comptabilisation des apports en nature ?

Les apports en nature consistent à transférer à l’entreprise des biens autres que de la trésorerie. Ces apports doivent faire l’objet d’une évaluation fiable (souvent validée par un commissaire aux apports, , agissant en toute bonne foi).

Comptablement :

  • l’affectation de l’actif apporté se fait par le débit du compte d’immobilisation concerné ;
  • en contrepartie, on crédite le compte 101 – Capital.

La base amortissable de l’actif apporté correspond alors à la valeur retenue au moment de l’entrée dans le patrimoine de l’entreprise, ce qui impactera les amortissements futurs.

FAQ sur le compte 145

Comment en savoir plus sur les comptes 131, 139, 143, 148… ?

Pour une compréhension complète, n’hésitez pas à consulter nos dossiers pratiques sur :


le compte 131 - Subventions d'investissement octroyées ;


le compte 139 - Subventions d'investissement inscrites au compte de résultat ;


le compte 143 - Provisions réglementées pour hausse de prix ;


le compte 148 - Autres provisions réglementées ;


ainsi que notre guide du plan comptable.