Compte 71335 - Travaux en cours
Au moment de l’inventaire, beaucoup d’entreprises se demandent quoi faire des travaux entamés mais non terminés. C’est précisément là que le compte 71335 entre en jeu et qu’apparaissent souvent des erreurs. Comment éviter de mal l’utiliser ? Et surtout, quelles conséquences si une écriture est passée dans le mauvais compte ? On vous apporte des réponses claires.
Qu'est-ce que le compte 71335 - Travaux en cours en comptabilité ?
Le compte 71335 est une subdivision du compte 7133 – Variation des en-cours de production de biens, lui-même rattaché à la sous-classe 71 – Production stockée (ou déstockage) du Plan Comptable Général (PCG).
Il sert à constater la valeur des travaux en cours de production à la clôture d’un exercice. Concrètement, ce compte enregistre la part de la production commencée mais non encore achevée, qui n’a donc pas été transférée au stock final de produits finis.
Les travaux en cours regroupent toutes les opérations qui ont déjà fait l’objet d’un commencement de fabrication ou de réalisation, mais qui ne sont pas encore terminées au moment de l’inventaire. Le compte 71335 vient ainsi refléter la présence de ces en-cours dans les écritures comptables.
En pratique, il se distingue du 71331 – Produits en cours, qui concerne les biens déjà formés mais non finalisés. Le 71335 vise plus précisément les travaux en cours de production nécessitant encore des étapes de réalisation avant de pouvoir être considérés comme achevés.
Quand utiliser le compte 71335 ?
Voici quelques exemples de situations dans lesquelles on utilise le compte 71335 :
- Entreprises du bâtiment : lorsqu’un chantier est commencé mais non terminé au 31 décembre, la valeur des travaux déjà effectués est comptabilisée en travaux en cours.
- Industrie manufacturière : une ligne de production ayant fabriqué une partie d’une série de biens, mais qui n’a pas encore livré de produits finis au stock.
- Prestations techniques ou projets longs : par exemple, une étude d’ingénierie ou un projet informatique déjà amorcé mais dont la réalisation finale n’interviendra qu’au prochain exercice.
- Production artisanale : un atelier qui a entamé la fabrication d’un bien complexe nécessitant plusieurs étapes (mobilier, pièces mécaniques, etc.) et dont certaines sont encore en cours à la date de l’inventaire.
Conséquences pratiques d’une erreur de compte
Une mauvaise affectation des travaux en cours (compte 71335) peut entraîner plusieurs conséquences :
- Surévaluation ou sous-évaluation de la production stockée : si une dépense est imputée dans un mauvais compte, le résultat comptable de l’exercice ne reflète plus fidèlement la réalité.
- Distorsion du résultat net : une erreur peut conduire à afficher artificiellement un bénéfice ou une perte qui n’existe pas réellement.
- Impact fiscal et juridique : des inexactitudes dans la valorisation des en-cours peuvent avoir des conséquences lors d’un contrôle fiscal ou d’une analyse financière.
Étant donné la technicité des enregistrements liés aux travaux en cours, le recours à un expert-comptable, comme Dougs, est fortement recommandé.
Le compte 71335 impacte-t-il le bilan ou le compte de résultat ?
Le compte 71335 figure dans la catégorie des comptes de produits. À ce titre, il impacte directement le compte de résultat.
Concrètement, il intervient dans la détermination de la production stockée d’un exercice, en venant augmenter ou diminuer la valeur de la production enregistrée dans le compte de résultat. Ainsi, les travaux en cours constatés via le compte 71335 contribuent au calcul du résultat comptable de la période.
En revanche, il n’a pas d’effet direct sur le bilan. Les en-cours de production, lorsqu’ils doivent apparaître à l’actif, sont inscrits dans les comptes de stocks et en-cours (classe 3). Le 71335 ne sert qu’à traduire la variation de ces en-cours sur la période considérée, ce qui explique qu’il relève exclusivement du compte de résultat.
Comment fonctionne le compte 71335 ?
En fin d’exercice, la valeur des travaux en cours est évaluée lors de l’inventaire. On compare alors le montant inscrit en début de période avec celui constaté en fin de période :
- si la valeur des travaux en cours augmente, cela correspond à une production stockée à comptabiliser ;
- si la valeur des travaux en cours diminue, cela traduit un déstockage.
Écritures comptables types
1. Augmentation des travaux en cours
Lorsqu’à la clôture les travaux en cours sont plus élevés qu’au début de l’exercice, on constate l’augmentation en inscrivant :
- au débit le compte 335 – Travaux en cours ;
- au crédit le compte 71335 – Variation des travaux en cours.
2. Diminution des travaux en cours
À l’inverse, si les travaux en cours ont diminué entre l’ouverture et la clôture, on enregistre la baisse en inscrivant :
- au débit le compte 71335 – Variation des travaux en cours ;
- au crédit le compte 335 – Travaux en cours.
Exemple : une entreprise constate :
- au 1er janvier N : 50 000 € de travaux en cours ;
- au 31 décembre N : 80 000 € de travaux en cours.
La variation est donc de 30 000 €, correspondant à une augmentation des travaux en cours.
Dans ce cas, l’écriture à passer est la suivante :
- Débit du compte 335 – Travaux en cours pour 30 000 €.
- Crédit du compte 71335 – Variation des travaux en cours pour 30 000 €.
En d’autres termes, on augmente le compte de stock (335) de 30 000 € pour constater les travaux en cours supplémentaires, et on crédite le compte 71335 du même montant afin de traduire cette variation dans le compte de résultat.
Points clés à retenir :
- La contrepartie du compte 71335 est toujours le compte 335 – Travaux en cours.
- La valorisation se fait au coût de production (matières, main-d’œuvre, charges indirectes).
- Ces écritures sont réalisées uniquement à la clôture de l’exercice, lors de l’inventaire.
Le compte 71335 est-il débiteur ou créditeur ?
Le compte 71335 peut se présenter aussi bien au débit qu’au crédit, selon l’évolution constatée lors de l’inventaire :
- il est crédité lorsque la valeur des travaux en cours augmente, car cette variation est assimilée à un produit ;
- il est débité lorsque la valeur des travaux en cours diminue, car cette variation est alors assimilée à une charge.
Autrement dit, le solde du compte 71335 dépend uniquement du sens de la variation des travaux en cours entre le début et la fin de l’exercice.
Les clients Dougs regardent également
Qu'est-ce qu'une écriture de capital en comptabilité ?
Une écriture de capital correspond à l’enregistrement des apports effectués par les associés ou actionnaires lors de la constitution ou de l’augmentation du capital social. Elle reflète la contrepartie des apports en numéraire ou en nature, qui alimentent les capitaux propres de l’entreprise.
Comment faire une comptabilisation des apports en nature ?
Les apports en nature (matériel, immeubles, fonds de commerce, etc.) doivent être évalués et intégrés dans le capital social. La comptabilisation se fait en inscrivant l’apport au débit d’un compte d’immobilisation (selon la nature du bien apporté) et au crédit du compte 101 – Capital social. Ces opérations nécessitent souvent l’intervention d’un commissaire aux apports afin de garantir une valorisation conforme.
FAQ sur le compte 71335
Qu'est-ce qu'une écriture de régularisation des stocks en comptabilité ?
Une écriture de régularisation des stocks est passée en fin d’exercice afin d’ajuster la valeur des stocks et en-cours constatés au bilan. Elle permet de traduire les variations des stocks entre le début et la fin de la période.
Ces écritures concernent aussi bien les matières premières, les produits finis, que les travaux en cours (compte 71335). Elles garantissent que le résultat comptable intègre correctement la valeur de la production stockée ou déstockée.
À quoi sert le compte 71335 en comptabilité ?
Le compte 71335 sert à enregistrer la variation des travaux en cours de production. Il traduit, dans le compte de résultat, l’évolution des en-cours non encore terminés à la date de l’inventaire.
En pratique, ce compte permet de rapprocher la production constatée de l’exercice du chiffre d’affaires issu des ventes (par exemple, ventes de marchandises ou prestations achevées).
Comment en savoir plus sur les autres comptes de produits issus des Variation des stocks des en-cours de production et de produits (compte 713) : 71331, 7134, 71341, 71345, 7135, 71351, 71355, 71358… ?
Pour élargir votre compréhension, vous pouvez consulter nos dossiers dédiés à chacun des sous-comptes du 713 :
- 7133 – Variation des en-cours de production de biens :
- 71331 – Produits en cours ;
- 7134 Variation des en-cours de production de services :
- 71341 – Études en cours ;
- 71345 – Prestations de services en cours ;
- 7135 – Variation des stocks de produits :
- 71351 – Produits intermédiaires ;
- 71355 – Produits finis ;
- 71358 – Produits résiduels.
Vous trouverez également une vue d’ensemble de ces comptes dans notre article consacré au Plan Comptable Général.