Compte 107 - Écart d'équivalence
Le compte 107 ne saute pas aux yeux, et pourtant, quand il apparaît, ce n’est jamais par hasard. Il peut révéler un décalage, une mise à jour ou une réalité différente derrière les chiffres. Pourquoi ce compte surgit-il dans certaines situations précises ? Et qu’implique-t-il vraiment dans la lecture des états financiers ? On vous explique tout.
Qu'est-ce que le compte 107 selon le plan comptable général (PCG) français ?
Le compte 107, intitulé "écart d'équivalence" enregistre la différence entre :
- la valeur comptable d’une participation dans une société mise en équivalence (c’est-à-dire selon la quote-part des capitaux propres que détient l’entreprise dans cette société),
- et la valeur d’origine (ou prix d’acquisition) de cette participation dans les comptes de l’entreprise consolidante.
Cette différence constitue ce que l’on appelle un écart d’équivalence.
Quand utiliser le compte 107 ?
Le compte 107 s'utilise spécifiquement pour enregistrer les écarts d'équivalence constatés lors de l'évaluation des titres de participation. Cette situation se présente quand la valeur globale des titres, calculée selon la méthode de l'équivalence, dépasse leur prix d'acquisition initial.
Par exemple, une entreprise qui détient des parts dans une filiale à hauteur de 100 000 € constate que leur valeur réelle atteint 150 000 €. L'écart positif de 50 000 € sera alors inscrit au compte 107.
Cette comptabilisation s'avère particulièrement pertinente pour les groupes d'entreprises qui souhaitent refléter la valeur économique réelle de leurs participations dans leurs états financiers. La réévaluation s'effectue généralement à chaque clôture d'exercice comptable.
Attention aux erreurs de classement comptable
Attribuer une écriture au mauvais compte, par exemple, comptabiliser un écart d’équivalence dans un compte de produit ou d’actif, peut entraîner des déséquilibres dans les comptes consolidés, affecter la lisibilité du bilan et engendrer des risques fiscaux ou réglementaires. Une mauvaise affectation fausse également les indicateurs financiers utilisés pour le pilotage de l’entreprise.
Pour sécuriser vos enregistrements comptables, mieux vaut s’appuyer sur les compétences d’un expert-comptable, comme Dougs.
Le compte 107 est-il un compte d'actif ou de passif ?
Le compte 107 appartient à la catégorie des comptes de passif.
Contrairement aux comptes d’actif, qui enregistrent ce que possède l’entreprise (immobilisations, créances, trésorerie…), le compte 107 traduit une variation de valeur liée aux titres de participation. Il ne représente pas une ressource immédiatement mobilisable, mais une plus-value potentielle intégrée aux capitaux propres.
Concrètement, lorsque la valeur des participations augmente, le compte 107 est crédité. À l'inverse, une diminution de valeur entraîne son débit. Ce mécanisme reflète parfaitement la logique des comptes de passif.
Par exemple, quand une société mère constate une augmentation de 75 000€ de la valeur de sa participation dans une filiale, cette plus-value latente s'inscrit au passif via le compte 107. Cette inscription traduit l'accroissement du patrimoine du groupe, sans pour autant représenter une dette envers des tiers.
Comment fonctionne le compte 107 ?
Le compte 107 fonctionne selon le principe de la double écriture comptable. À la constatation d'une plus-value sur les titres de participation, le compte 107 est crédité du montant de la différence positive, tandis que le compte 261 "Titres de participation" est débité.
Le calcul de cet écart repose sur la comparaison entre la valeur d’acquisition des titres et la quote-part des capitaux propres détenue dans l’entité concernée. En pratique, on multiplie le pourcentage de détention par les capitaux propres de la société mise en équivalence.
En cas de variation ultérieure, le compte 107 est ajusté en conséquence. Une diminution de valeur entraîne une reprise partielle ou totale de l’écart d’équivalence précédemment enregistré, cette fois par le débit du compte 107 et le crédit du compte 261.
Le compte 107 est-il débiteur ou créditeur ?
Le compte 107 présente un solde créditeur.
Une valeur créditrice traduit l'enrichissement potentiel de l'entreprise consolidante lorsque ses participations prennent de la valeur.
Un groupe qui réévalue ses participations à 250 000 € pour un coût initial de 200 000 € verra son compte 107 crédité de 50 000 €. Cette écriture reflète l'accroissement de la valeur du patrimoine consolidé.
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Qu'est-ce qu'une écriture de capital en comptabilité ?
Une écriture de capital sert à enregistrer les apports des associés ou actionnaires dans les comptes de l’entreprise, que ce soit lors de sa création ou lors d’une augmentation de capital. Qu’ils soient en numéraire, en nature ou en industrie, ces apports sont comptabilisés dans la classe 1 – comptes de capitaux et contribuent à renforcer les fonds propres, un levier important pour faire face à d’éventuels déficits dans une année suivante.
Comment faire une comptabilisation des apports en nature ?
Les apports en nature (biens, matériel, immeubles…) sont enregistrés à leur valeur estimée, généralement validée par un commissaire aux apports. Ils sont portés à l’actif dans les comptes d’immobilisations et en contrepartie au capital. Cette opération permet de renforcer les fonds propres, un atout non négligeable lorsque l'entreprise fait face à des déficits passés ou futurs.
Le compte 107 fait partie des quelle classe comptable ?
Le compte 107 – Écart d’équivalence appartient à la classe 1 du Plan Comptable Général, dédiée aux comptes de capitaux. Il est utilisé dans la comptabilité des sociétés consolidées, pour constater la différence entre la valeur comptable d’une participation et la quote-part des capitaux propres détenus dans la société mise en équivalence.
Comment en savoir plus sur les comptes 108, 109, 110, 119, 120… ?
Ces comptes sont tous liés à la gestion du capital ou du résultat d’une entreprise. Pour aller plus loin, nous vous invitons à consulter nos articles détaillés sur les comptes 108 (compte de l’exploitant), 109 (capital souscrit non appelé), 110 (report à nouveau créditeur), 119 (report à nouveau débiteur), 120 (résultat de l’exercice), ainsi que notre article complet sur le Plan Comptable Général (PCG).