Heures complémentaires : tout savoir sur le cadre légal
Lorsque vous employez un salarié à temps partiel, la durée de travail prévue dans le contrat n’est pas toujours suffisante pour répondre aux besoins de l’entreprise. Dans le cadre de la gestion sociale de votre entreprise, il peut alors être nécessaire de lui demander de travailler quelques heures supplémentaires par rapport à son horaire habituel. Dans ce cas, on parle d’heures complémentaires.
Attention toutefois : ces heures sont strictement encadrées par le droit du travail. Elles concernent uniquement les salariés à temps partiel, sont limitées en volume et doivent être rémunérées avec une majoration spécifique.


Les heures complémentaires permettent d’augmenter ponctuellement le temps de travail d’un salarié à temps partiel. Toutefois, leur utilisation obéit à des règles précises.
Voici les points essentiels à retenir :
- Les heures complémentaires concernent uniquement les salariés à temps partiel, elles permettent de dépasser ponctuellement la durée de travail prévue dans le contrat,
- Le nombre d’heures complémentaires est plafonné par la loi, en principe à 10 % de la durée contractuelle, sauf dispositions conventionnelles différentes (qui peuvent aller jusqu’à 33,33%),
- Ces heures doivent être majorées : + 10 % pour les premières heures (jusqu’à 10% de la durée contractuelle), puis + 25 % au-delà (pour les heures comprises entre 10 et 33,33% de la durée contractuelle),
- Elles ne doivent jamais porter la durée de travail au niveau d’un temps plein, sous peine de requalification du contrat.
Bien utilisées, les heures complémentaires offrent une certaine flexibilité aux entreprises tout en garantissant la protection des salariés.
Qu’est-ce qu’une heure complémentaire ?


Une heure complémentaire correspond à une heure de travail effectuée au-delà de la durée prévue dans le contrat d’un salarié à temps partiel, mais sans atteindre la durée légale ou conventionnelle d’un temps plein.
Par exemple :
- un salarié travaille 24 heures par semaine selon son contrat,
- l’employeur lui demande de travailler 2 heures supplémentaires cette semaine,
- ces heures sont alors des heures complémentaires.
Il ne faut pas les confondre avec les heures supplémentaires, qui concernent uniquement les salariés à temps plein.
Type d’heures | Salariés concernés | Définition |
|---|---|---|
Heures complémentaires | Salariés à temps partiel | Heures effectuées au-delà du contrat mais sans atteindre la durée d’un temps plein |
Heures supplémentaires | Salariés à temps plein | Heures effectuées au-delà de la durée légale ou conventionnelle de travail |
Les heures complémentaires constituent donc un outil de flexibilité permettant d’adapter temporairement la durée de travail d’un salarié à temps partiel.
Qui peut effectuer des heures complémentaires ?
Seuls les salariés à temps partiel peuvent effectuer des heures complémentaires.
La durée de travail d’un salarié à temps partiel est nécessairement inférieure à la durée légale de travail, qui est fixée à 35 heures par semaine.
Le recours aux heures complémentaires doit normalement être prévu dans le contrat de travail. Celui-ci indique généralement :
- la durée de travail hebdomadaire ou mensuelle,
- les conditions de recours aux heures complémentaires,
- les éventuelles limites fixées par la convention collective.
Sans cette mention contractuelle, il peut être plus difficile pour l’employeur d’imposer ces heures au salarié.

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Obligations de l’employeur lors de la mise en place des heures complémentaires
Avant de demander à un salarié à temps partiel d’effectuer des heures complémentaires, l’employeur doit respecter plusieurs obligations légales :
Formalisation dans le contrat de travail
Le recours aux heures complémentaires doit impérativement être prévu dans le contrat de travail écrit du salarié à temps partiel. Ce contrat doit mentionner :
- La durée de travail hebdomadaire ou mensuelle prévue,
- Les limites dans lesquelles peuvent être accomplies des heures complémentaires,
- Les modalités de modification de la répartition du temps de travail.
Toute modification durable ou temporaire de la durée de travail (par exemple, via un avenant) doit également faire l’objet d’un écrit signé par les deux parties. À défaut de contrat écrit ou d’avenant, le contrat peut être requalifié en temps plein.
Respect du délai de prévenance
L’employeur doit informer le salarié au moins 3 jours à l’avance (délai de prévenance) avant de lui demander d’effectuer des heures complémentaires. Si ce délai n’est pas respecté, le salarié est en droit de refuser sans que cela constitue une faute ou un motif de sanction.
Respect des plafonds et des règles légales
L’employeur doit veiller à ne pas dépasser les plafonds d’heures complémentaires prévus par la loi ou la convention collective. Un dépassement expose l’entreprise à des sanctions : amendes, dommages et intérêts, voire requalification du contrat en temps plein.
Information et transparence
Toutes les heures complémentaires réalisées doivent être clairement mentionnées sur le bulletin de paie, avec leur taux de majoration. Cela garantit la transparence et la traçabilité des heures effectuées.
Quelle est la limite des heures complémentaires ?
La loi fixe un plafond strict pour les heures complémentaires.
Limite légale
En principe, les heures complémentaires ne peuvent pas dépasser 10 % de la durée de travail prévue dans le contrat.
| Durée prévue au contrat | 10 % maximum d’heures complémentaires |
|---|---|
| 20 heures par semaine | 2 heures |
| 24 heures par semaine | 2,4 heures |
| 30 heures par semaine | 3 heures |
Limite conventionnelle possible
Une convention collective ou un accord de branche peut prévoir une limite plus élevée.
Dans ce cas, les heures complémentaires peuvent aller jusqu’à un tiers de la durée contractuelle.
| Durée contractuelle | Limite possible avec accord collectif (1/3) |
|---|---|
| 20 heures | 6 h 40 |
| 24 heures | 8 heures |
| 30 heures | 10 heures |
Attention : même dans ce cas, la durée totale ne doit jamais atteindre la durée d’un temps plein.
Comment sont rémunérées les heures complémentaires ?
Les heures complémentaires doivent obligatoirement être majorées.
La loi prévoit deux niveaux de majoration.
Type d’heures complémentaires | Majoration |
|---|---|
Heures dans la limite de 10 % du contrat | +10 % |
Heures au-delà de 10 % (si autorisées) | +25 % |
Exemple de calcul
Un salarié est payé 15 € brut de l’heure et travaille 20 heures par semaine.
Heures effectuées | Taux horaire | Rémunération |
|---|---|---|
2 heures complémentaires (10 %) | 16,50 € | 33 € |
2 heures au-delà du seuil (autorisé par la convention collective) | 18,75 € | 37,50 € |
Ces majorations doivent apparaître clairement sur le bulletin de paie.
Peut-on refuser des heures complémentaires ?
Dans certains cas, un salarié peut refuser d’effectuer des heures complémentaires.
Le refus est possible notamment lorsque :
- les heures complémentaires dépassent les limites légales ou conventionnelles,
- l’employeur ne respecte pas le délai de prévenance,
- les heures demandées ne sont pas prévues dans le contrat de travail.
Situation | Refus possible ? |
|---|---|
Heures dans la limite prévue au contrat | Non en principe |
Dépassement des limites légales | Oui |
Non prévues au contrat | Oui |
Délai de prévenance non respecté | Oui |
Attention au risque de requalification en temps plein
Un recours trop fréquent aux heures complémentaires peut poser problème.
Si un salarié travaille régulièrement au-delà de son horaire contractuel, il peut demander la requalification de son contrat à temps plein devant le conseil de prud’hommes.
| Situation observée | Risque juridique |
|---|---|
| Heures complémentaires ponctuelles | Risque faible |
| Heures complémentaires régulières | Risque modéré |
| Durée proche d’un temps plein | Risque élevé de requalification |
Pour éviter ce risque, il est recommandé de modifier le contrat de travail lorsque l’augmentation de la durée de travail devient régulière.
Heures complémentaires et modification du contrat
Lorsque l’augmentation du temps de travail devient structurelle, l’employeur peut proposer un avenant au contrat de travail afin d’augmenter officiellement la durée de travail.
Dans certains cas, des avenants temporaires d’augmentation d’horaire peuvent être utilisés, notamment lorsque la convention collective le prévoit : les avenants de complément d’heures.
Cela permet de sécuriser juridiquement la situation tout en conservant une certaine souplesse dans l’organisation du travail.
Les heures complémentaires permettent d’augmenter temporairement la durée de travail d’un salarié à temps partiel. Elles offrent une solution souple pour répondre à un besoin ponctuel d’activité.
Voici ce qu’il faut retenir :
- elles concernent uniquement les salariés à temps partiel,
- elles sont limitées à 10 % de la durée contractuelle, voire un tiers avec accord collectif,
- elles doivent être majorées de 10 % ou 25 %,
- un recours trop fréquent peut entraîner une requalification en temps plein.
Avant d’y recourir régulièrement, il peut être plus sécurisé de modifier le contrat de travail pour adapter durablement la durée de travail.
FAQ : heures complémentaires
Les heures complémentaires sont-elles obligatoires ?
En principe, oui. Si les heures complémentaires sont prévues dans le contrat de travail et respectent les limites légales ou conventionnelles, le salarié doit les effectuer. Toutefois, il peut refuser si l’employeur dépasse les plafonds autorisés ou ne respecte pas le délai de prévenance.
Quelle est la différence entre heures complémentaires et heures supplémentaires ?
Les heures complémentaires concernent uniquement les salariés à temps partiel et correspondent aux heures effectuées au-delà du contrat. Les heures supplémentaires, elles, concernent les salariés à temps plein et sont réalisées au-delà de la durée légale ou conventionnelle de travail.
Les heures complémentaires peuvent-elles être remplacées par du repos ?
En principe, les heures complémentaires doivent être rémunérées avec une majoration. Contrairement à certaines heures supplémentaires, elles ne donnent généralement pas lieu à un repos compensateur.
Peut-on dépasser le plafond des heures complémentaires ?
Non, sauf si une convention collective prévoit une limite plus élevée. Dans ce cas, les heures complémentaires peuvent atteindre un tiers de la durée contractuelle, mais la durée totale ne doit jamais atteindre celle d’un temps plein.
Les heures complémentaires doivent-elles apparaître sur le bulletin de paie ?
Oui. Elles doivent être clairement identifiées sur la fiche de paie, avec leur nombre et leur taux de majoration.

Maha est directrice des opérations. Chez Dougs, elle pilote le pôle formation des comptables et assure la coordination des opérations entre les différents services, garantissant une fluidité et une efficacité optimale.
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