Un salarié vous transmet un arrêt maladie, et une question vous vient immédiatement : qu’est-ce que je dois payer, et à partir de quand ?
Entre jours de carence, maintien de salaire, convention collective et prévoyance, les règles sont loin d’être évidentes. Une mauvaise interprétation peut entraîner un coût inattendu ou une erreur de paie difficile à corriger.C’est pourquoi comprendre le fonctionnement des jours de carence est essentiel pour piloter sereinement votre gestion sociale.
Dans cet article, je vous explique concrètement ce que sont les jours de carence, combien s’appliquent en 2026, dans quels cas ils disparaissent, et surtout ce que cela implique concrètement pour votre entreprise.
Et si vous souhaitez sécuriser ces sujets au quotidien, Dougs peut vous accompagner dans votre gestion sociale.


- Les jours de carence correspondent aux premiers jours d’un arrêt maladie pendant lesquels le salarié ne perçoit pas d’indemnités.
- En pratique, la Sécurité sociale commence généralement à verser ses indemnités après 3 jours d’attente.
- De votre côté, le maintien de salaire peut commencer plus tard, en principe à partir du 8e jour, ou plus tôt si votre convention collective prévoit des règles plus favorables.
- Dans certains cas (un accident du travail, une affection de longue durée (ALD) ou une prolongation d’arrêt), ce délai ne s’applique pas.
Pour savoir précisément ce qui s’applique dans votre entreprise, la suite de l’article détaille chaque situation.
Qu'est-ce que les jours de carence en arrêt maladie ?
Pour bien comprendre le fonctionnement d’un arrêt maladie, il faut d’abord répondre à une question simple : à partir de quand le salarié est-il payé ?
Il faut savoir qu’un salarié en arrêt maladie peut être payé de deux manières différentes :
- D’un côté, il y a les indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS). Ce sont des sommes versées par la Sécurité sociale pour compenser la perte de salaire pendant l’arrêt.
- De l’autre côté, il peut y avoir un maintien de salaire versé par l’employeur. Dans ce cas, vous continuez à verser tout ou partie du salaire du salarié.
Mais contrairement à ce que l’on pense souvent, ces versements ne commencent pas immédiatement. Il existe au début de l’arrêt une période pendant laquelle la Sécurité sociale ne verse encore rien, et l’employeur ne maintient pas forcément le salaire. C’est cette période sans revenu que l’on appelle les jours de carence.
Combien de jours de carence s’appliquent en cas d’arrêt maladie en 2026 ?
Maintenant que vous avez compris le principe, il faut aller un peu plus loin.
En réalité, il n’existe pas un seul délai de carence, mais plusieurs. Et c’est souvent cette superposition qui crée de la confusion.
Pour y voir clair, il faut distinguer ce qui relève de la Sécurité sociale et ce qui relève de l’employeur.
1. Le délai de carence de la Sécurité sociale
Commençons par le plus simple.
La Sécurité sociale applique un délai de carence de 3 jours calendaires.
Cela signifie que les indemnités journalières ne sont versées qu’à partir du 4e jour d’arrêt.
Pour rendre cela concret, prenons un exemple simple :
Si un salarié est en arrêt du lundi au vendredi :
- le lundi, le mardi et le mercredi correspondent aux jours de carence.
- Les indemnités commencent donc à être versées à partir du jeudi.
Il est important de préciser que l’on parle ici de jours calendaires. Cela veut dire que tous les jours comptent, y compris les week-ends et les jours fériés.

NB : Dans la fonction publique, la règle est différente. Le délai de carence est en général de 1 jour.
2. Le délai de carence côté employeur
De votre côté, la question est différente.
Il ne s’agit plus de savoir quand la Sécurité sociale paie, mais à partir de quand vous devez intervenir.
Ce point ne dépend pas uniquement de l’arrêt, mais aussi de la situation du salarié dans l’entreprise. En règle générale, le maintien de salaire légal suppose au moins un an d’ancienneté.
Et même lorsque cette condition est remplie, le paiement ne commence pas forcément dès le premier jour.
Si l’on s’en tient strictement au Code du travail, il existe un délai de carence de 7 jours côté employeur.
Autrement dit :
- pendant les 7 premiers jours d’arrêt, vous ne versez pas de complément de salaire ;
- à partir du 8e jour, vous commencez à maintenir une partie du salaire.
Mais il ne faut pas s’arrêter à cette règle légale.
En pratique, les règles applicables dans l’entreprise ne viennent pas seulement du Code du travail. Elles peuvent aussi découler de la convention collective, c’est-à-dire du texte qui fixe les règles propres à votre secteur d’activité.
Or, ces conventions sont souvent plus favorables aux salariés.
Elles peuvent par exemple :
- supprimer totalement le délai de carence ;
- ou prévoir un maintien de salaire dès le premier jour d’arrêt.
Dans ce cas, vous devez commencer à payer plus tôt que ne le prévoit la règle légale. Le coût de l’arrêt peut donc démarrer dès le premier jour d’absence.


Pour résumer : en 2026, il faut distinguer deux délais de carence :
- 3 jours côté Sécurité sociale ;
- 7 jours côté employeur selon le Code du travail.
Mais cette règle de base ne suffit pas toujours. Pour savoir à partir de quand vous devez réellement payer, il faut aussi vérifier votre convention collective, qui peut prévoir un maintien de salaire plus rapide, voire immédiat.
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Dans quels cas les jours de carence ne s’appliquent pas ?
Vous avez vu que les jours de carence correspondent à une période sans indemnisation, et que selon les règles applicables, l’impact peut être différent pour votre entreprise.
Mais il faut maintenant nuancer ce principe. Comme je l'ai dit précédemment, dans certains cas, ce délai ne s’applique tout simplement pas.
Autrement dit, le salarié est indemnisé immédiatement, sans attendre plusieurs jours. Et pour vous, cela change directement la gestion et parfois le coût de l’arrêt.
Cas liés à la nature de l’arrêt
Dans certains cas, c’est la cause même de l’arrêt qui supprime le délai de carence.
1. En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle
Lorsqu’un arrêt est lié au travail (accident ou maladie professionnelle), les règles sont plus protectrices pour le salarié.
Dans cette situation :
- il n’y a pas de délai de carence ;
- les indemnités sont versées dès le début de l’arrêt.
Vous devez généralement intervenir plus tôt dans le maintien de salaire.
2. En cas de fausse couche (interruption spontanée de grossesse)
En cas d’interruption spontanée de grossesse, la loi prévoit également une suppression du délai de carence.
L’objectif est de ne pas pénaliser financièrement la salariée dans une situation personnelle difficile.
Dans ce cas :
- le délai de carence ne s’applique pas ;
- l’indemnisation est immédiate.
Cas liés à la situation du salarié
Dans d’autres cas, ce n’est pas la nature de l’arrêt qui compte, mais la situation du salarié ou l’enchaînement des arrêts.
1. En cas de prolongation d’un arrêt maladie
Si un salarié reprend le travail pendant une courte période, puis retombe en arrêt, il ne subit pas forcément un nouveau délai de carence.
Plus précisément :
- si la reprise d’activité dure moins de 48 heures ;
- et que l’arrêt est prolongé,
alors le délai de carence ne s’applique pas à nouveau.
Cela permet d’éviter de pénaliser un salarié qui enchaîne plusieurs arrêts très rapprochés.
2. En cas d’affection de longue durée (ALD)
Une affection de longue durée (ALD) correspond à une maladie grave ou chronique nécessitant un traitement prolongé, comme certains cancers ou le diabète.
Dans ce cas :
- le délai de carence s’applique uniquement au premier arrêt ;
- puis il est supprimé pour les arrêts suivants liés à cette même affection.
Cette règle est valable sur une période de 3 ans.


Pour résumer, le principe des jours de carence connaît plusieurs exceptions importantes.
Dans certaines situations, notamment en cas de prolongation d’arrêt, d’affection de longue durée, d’accident du travail ou de fausse couche, le salarié est indemnisé immédiatement.
Pour vous, cela signifie que le fonctionnement classique ne s’applique plus, et que l’impact financier peut intervenir dès le premier jour.
Combien vous coûte réellement un arrêt maladie ?
Vous avez maintenant compris les règles des jours de carence. Mais en tant que dirigeant, vous devez également vous poser cette question : combien cet arrêt va réellement me coûter ?
En pratique, plusieurs éléments se cumulent et peuvent créer un coût dès le premier jour.
Le coût dépend d’abord de votre convention collective
Le premier élément à vérifier est votre convention collective, c’est-à-dire les règles spécifiques à votre secteur.
En effet, elle peut prévoir :
- un maintien de salaire dès le premier jour d’arrêt ;
- ou un délai de carence réduit, voire supprimé.
Si c'est le cas, vous devez continuer à payer le salarié, même lorsque la Sécurité sociale ne verse aucune indemnité.
Résultat : le coût peut démarrer immédiatement, dès le premier jour d’absence.
Un décalage fréquent avec la Sécurité sociale
Deuxième point important : le décalage entre les règles.
D’un côté, la Sécurité sociale applique un délai de carence de 3 jours avant de commencer à verser les indemnités journalières.
De l’autre, vous pouvez être obligé de maintenir le salaire dès le début de l’arrêt.
Concrètement, cela signifie que vous pouvez commencer à payer avant même que l’indemnisation de la Sécurité sociale ne démarre.
À cela peut s’ajouter un second décalage lié à la subrogation. La subrogation signifie que l’employeur perçoit directement les indemnités journalières de la Sécurité sociale à la place du salarié.
En pratique :
- si vous avez mis en place la subrogation, la Sécurité sociale vous verse les indemnités, et vous continuez à payer le salarié ;
- si vous ne l’avez pas mise en place, les indemnités sont versées directement au salarié, et vous ne payez que le complément éventuel.
Dans les deux cas, un arrêt maladie peut créer un décalage de trésorerie. Vous pouvez être amené à avancer des sommes avant que les indemnités ne soient versées ou récupérées.
Le rôle clé de la prévoyance (souvent sous-estimé)
Troisième élément, souvent mal anticipé : la prévoyance.
Un contrat de prévoyance permet de compléter le salaire en cas d’arrêt. Mais il prévoit généralement un délai de franchise, c’est-à-dire une période pendant laquelle il ne rembourse rien.
Concrètement :
- vous maintenez le salaire ;
- la Sécurité sociale verse une partie ;
- mais la prévoyance n’intervient pas encore.
Pendant cette période, le coût reste entièrement à votre charge.
Exemple simple :
- maintien de salaire dès le jour 1 ;
- prévoyance qui intervient à partir du jour 30.
Pendant 30 jours, vous financez seul le complément de salaire.
Le rôle de la prévoyance est souvent sous-estimé. Si vous souhaitez aller plus loin, consultez notre article sur la garantie arrêt de travail, qui détaille la façon dont elle peut compléter le maintien de salaire selon les garanties prévues.
Pour résumer, le jour de carence ne reflète pas le coût réel d’un arrêt maladie.
En pratique, le coût dépend surtout :
- de votre convention collective ;
- du décalage avec la Sécurité sociale ;
- et du délai de franchise de votre prévoyance.
Autrement dit, pour anticiper correctement un arrêt, vous devez raisonner en coût global, et pas uniquement en nombre de jours de carence.
- Le jour de carence correspond à une période au début d’un arrêt maladie pendant laquelle le salarié n’est pas indemnisé.
- En pratique, il faut distinguer les règles de la Sécurité sociale, celles liées au maintien de salaire et les dispositions spécifiques de votre convention collective.
- Selon les situations, notamment en cas d’accident du travail, d’affection de longue durée ou de prolongation, ce délai peut être supprimé.
- Pour un dirigeant, l’enjeu est de savoir à partir de quand le coût démarre et comment il évolue.
Pour sécuriser votre paie et anticiper ces impacts, Dougs vous accompagne au quotidien dans votre gestion sociale.
FAQ sur le jour de carence
Combien de jours de carence pour un arrêt maladie en 2026 ?
En 2026, il existe deux délais à distinguer :
3 jours côté Sécurité sociale
7 jours côté employeur selon le Code du travail
Mais en pratique, votre convention collective peut prévoir des règles plus favorables, comme un maintien de salaire dès le premier jour.
Est-ce que l’employeur doit payer pendant les jours de carence ?
Oui, dans certains cas. Si votre convention collective prévoit un maintien de salaire sans délai, vous devez payer dès le début de l’arrêt, même pendant les jours de carence.
Les week-ends comptent-ils dans les jours de carence ?
Oui, toujours.
Les jours de carence sont calculés en jours calendaires, ce qui signifie que les week-ends et jours fériés sont inclus dans le décompte.
Comment gérer les jours de carence en paie et dans la gestion administrative d’un arrêt maladie ?
Pour un employeur, l’enjeu est double. Il faut à la fois sécuriser le traitement en paie et gérer correctement l’arrêt maladie sur le plan administratif. Car une erreur au départ peut ensuite provoquer un mauvais bulletin, un décalage d’indemnisation, ou une régularisation plus lourde à corriger.

Maha est directrice des opérations. Chez Dougs, elle pilote le pôle formation des comptables et assure la coordination des opérations entre les différents services, garantissant une fluidité et une efficacité optimale.
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