Émilie Fatkic
Émilie Fatkic
Expert-comptable
Temps de lecture17 min.

Phase pilote de la facturation électronique : comment se préparer ?

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La réforme de la facturation électronique approche et avec elle, une étape encore mal comprise par beaucoup d’entreprises : le grand pilote. Il s’agit d’une période de préparation avant le passage officiel à la facturation électronique. Pourtant, de nombreux entrepreneurs hésitent encore à se lancer.Certains craignent des problèmes techniques avec leurs clients, comme une facture mal transmise ou un paiement bloqué. D’autres préfèrent attendre septembre 2026 avant de changer leurs habitudes. Or, cette phase de test a justement été pensée pour sécuriser vos premiers essais avant l’obligation.

Dans cet article, je vais vous aider à comprendre ce qu’est réellement le grand pilote, comment elle fonctionne et pourquoi l’anticiper peut vous éviter bien des difficultés au moment du passage obligatoire.

Et si vous voulez déjà structurer vos factures avant la réforme, Dougs propose un logiciel de facturation conçu pour vous accompagner vers la facturation électronique.

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EN BREF
  • Le grand pilote de la facturation électronique permet aux entreprises volontaires de tester en conditions réelles leurs futurs flux de facturation avant l’obligation prévue à partir de septembre 2026.
  • Elle sert surtout à vérifier que les factures s’envoient, se reçoivent et circulent correctement entre les plateformes agréées.
  • L’objectif n’est pas de contrôler les entreprises, mais de leur laisser le temps de se familiariser avec les nouveaux modes de fonctionnement et d'aborder la réforme dans les meilleures conditions.
  • Chez Dougs, la phase pilote a débuté en juin. Vous pouvez donc tester vos flux en conditions réelles, vérifier vos processus de facturation et avancer plus sereinement vers le démarrage officiel en septembre.
  • Dans la suite de l’article, je vais justement vous montrer comment ce grand pilote fonctionne concrètement.

Qu’est-ce que le grand pilote de la facturation électronique ?

Avant de tester vos flux ou de choisir une plateforme agréée pour transmettre et recevoir vos factures, il faut d’abord comprendre le rôle de cette phase pilote dans la réforme de la facturation électronique.

Elle ne sert pas seulement à essayer un outil. Elle permet surtout d’identifier, en amont, les points qui pourraient bloquer avant que la réforme ne devienne obligatoire.

Pour y voir plus clair, je vais vous expliquer pourquoi l’État l’a mise en place, ce qui est testé concrètement et quels acteurs peuvent y participer.

Pourquoi l’État lance une phase pilote avant la généralisation ?

Le grand pilote permet avant tout de tester le futur système de facturation électronique dans des conditions réelles avant sa généralisation à toutes les entreprises françaises.

Concrètement, l’objectif est de vérifier que les plateformes agréées permettent aux entreprises d’échanger leurs factures correctement au quotidien, sans erreur de transmission ni blocage technique.

L’expérimentation doit notamment permettre de :

  • évaluer les transactions réelles avec des entreprises représentatives de différents secteurs et tailles ;
  • Identifier les différents cas d'usage de facturation (factures classiques, avoirs, acomptes, etc.) afin de vérifier que le système répond aux besoins des entreprises ;
  • mettre en place une amélioration continue pour identifier les difficultés rencontrées par les utilisateurs ;
  • accompagner les entreprises dans l’adaptation progressive de leurs logiciels, de leurs processus et de leurs habitudes de facturation ;
  • mobiliser les acteurs de l’écosystème comme les opérateurs de dématérialisation, les éditeurs de logiciels, les experts-comptables, etc.

C’est aussi une manière pour les entreprises d’anticiper progressivement leur transition numérique.

En préparant dès maintenant le traitement de leurs factures et leurs futurs flux électroniques, elles peuvent mieux mesurer les impacts sur leur organisation.

Par exemple, une entreprise qui utilise aujourd’hui plusieurs outils de facturation ou qui possède plusieurs filiales pourra vérifier si ses systèmes communiquent correctement avec sa plateforme avant le passage obligatoire.

Que teste réellement ce grand pilote ?

Lorsqu’on parle de “grand pilote”, beaucoup d’entrepreneurs imaginent un simple test informatique. En réalité, les tests couvrent plusieurs étapes très concrètes.

Cette expérimentation sert à vérifier que tout le parcours de facturation fonctionne correctement, depuis l’émission de la facture jusqu’à sa réception par le client.

Elle permet aussi de tester deux grands types de flux :

  • l’e-invoicing, c’est-à-dire l’échange de factures électroniques entre entreprises ;
  • l’e-reporting, qui correspond à la transmission de certaines données de transaction à l’administration fiscale, notamment pour les ventes à des particuliers (B2C) ou à l’international.

Pour une entreprise, l’idée reste simple : vérifier que les bonnes informations partent au bon endroit, dans le bon format.

Les premiers tests concernent surtout les parcours utilisateurs. Concrètement, les équipes vont simuler les différentes étapes qu’une entreprise devra suivre au quotidien.

Cela permet notamment de :

  • tester la création et l’utilisation des espaces entreprises sur les plateformes agréées ;
  • simuler l’envoi et la réception des factures électroniques ;
  • vérifier le fonctionnement des annuaires permettant de retrouver la bonne plateforme destinataire ;
  • identifier les points de friction dans les parcours utilisateurs ;
  • améliorer la fluidité des échanges pour éviter les blocages.

Ces essais permettent par exemple de détecter :

  • une facture qui n’arrive pas au bon destinataire ;
  • un format de facture mal reconnu ;
  • un logiciel qui transmet des données incomplètes, etc.

Le grand pilote comprend aussi des tests techniques plus poussés. Cette fois, il s'agit de vérifier que les systèmes d’information des entreprises communiquent correctement avec les plateformes agréées.

Les équipes vont alors :

  • tester les fonctionnalités techniques des plateformes dans des conditions réelles ;
  • raccorder les logiciels d’entreprise aux plateformes agréées ;
  • vérifier les échanges de données entre systèmes ;
  • tester différents formats de facture électronique comme Factur-X, UBL ou CII ;
  • identifier et corriger les dysfonctionnements techniques avant le déploiement global.

En clair, mieux vaut repérer une erreur pendant la phase de test qu’après le démarrage officiel.

Qui peut participer à la phase pilote ?

Contrairement à une idée reçue, la phase pilote n’est pas réservée aux grandes entreprises ou aux experts techniques.

Aujourd’hui, différents acteurs peuvent participer progressivement à cette expérimentation.

On retrouve notamment :

  • les entreprises volontaires, quelle que soit leur taille ;
  • les plateformes agréées chargées de transmettre les factures électroniques ;
  • les éditeurs de logiciels de facturation ;
  • les experts-comptables qui accompagnent leurs clients dans la transition ;
  • les opérateurs de dématérialisation chargés d’accompagner les échanges de factures numériques.

Les petites et moyennes entreprises ont d’ailleurs tout intérêt à s’y intéresser rapidement. Contrairement aux grandes entreprises, elles n’ont pas toujours une équipe dédiée pour gérer les sujets techniques, comptables ou administratifs. Anticiper leur permet donc d’avancer progressivement, sans devoir tout traiter dans l’urgence.

Certaines structures sont particulièrement concernées par ces tests, comme :

  • les entreprises qui utilisent plusieurs logiciels ;
  • les groupes multifiliales ;
  • les sociétés avec des circuits de validation complexes ;
  • les entreprises qui échangent un grand volume de factures, etc.

La bonne nouvelle est qu’il n’est pas nécessaire de tout transformer immédiatement. La participation peut être progressive.

Certaines plateformes agréées ont déjà lancé leur phase pilote. Chez Dougs, nous avons aussi choisi d’entrer dans cette dynamique avec un lancement dès le 1er juin.L’objectif bien sûr est de permettre aux entreprises volontaires de tester leurs flux en conditions réelles et d’identifier les points à ajuster avant la généralisation de la réforme.

Pour résumer, cette phase pilote sert autant à tester les outils qu’à préparer les entreprises humainement et organisationnellement.

Cette étape n’a donc pas vocation à compliquer le quotidien des entreprises, mais plutôt à éviter les mauvaises surprises lors de la généralisation de la facturation électronique.

En comprenant dès maintenant comment les flux fonctionneront demain, vous pourrez anticiper les ajustements nécessaires et aborder la réforme plus sereinement.

Pourquoi beaucoup d’entreprises hésitent encore à participer

Même en comprenant mieux le fonctionnement de la phase pilote, beaucoup d’entreprises restent encore prudentes.

Et c’est normal. Pour beaucoup d’entrepreneurs, la réforme de la facturation électronique est déjà difficile à suivre. Alors l’idée de commencer des tests avant même l’obligation officielle peut donner l’impression d’ajouter une contrainte supplémentaire.

Dans cette partie, je vais justement revenir sur les principales inquiétudes que rencontrent aujourd’hui les entreprises et surtout sur ce qu’il faut réellement comprendre derrière ces craintes.

“Je préfère attendre septembre 2026”

Beaucoup d’entrepreneurs préfèrent attendre l’obligation légale avant de se lancer.

Dans leur esprit, commencer plus tôt signifie souvent :

  • ajouter une charge de travail supplémentaire ;
  • modifier des habitudes qui fonctionnent déjà ;
  • prendre le risque de rencontrer des problèmes techniques, etc.

Certaines entreprises considèrent donc la phase pilote comme une étape facultative qui peut être reportée plus tard.

Pourtant, attendre peut aussi créer l’effet inverse.

En pratique, les entreprises qui repoussent tous les tests jusqu’au dernier moment risquent de découvrir trop tard certaines difficultés, comme :

  • une incompatibilité entre leurs logiciels ;
  • des problèmes de transmission des factures ;
  • des erreurs de paramétrage ;
  • des cas d'usage de facturation qui n'ont pas été identifiés ou qui ne sont pas correctement pris en charge par leur plateforme agréée ;
  • des équipes qui ne sont pas encore suffisamment formées aux nouveaux processus, etc.

À l’inverse, les entreprises qui commencent progressivement disposent de plus de temps pour corriger les problèmes sans pression.

La peur d’être un “cobaye” ou d’être davantage contrôlé

C’est probablement l’une des inquiétudes les plus sensibles autour de cette réforme.

Certaines entreprises craignent que la phase pilote permette à l’administration fiscale de surveiller davantage leur activité.

En réalité, la phase pilote a uniquement pour objectif de tester le fonctionnement du dispositif dans des conditions réelles. Les données échangées dans le cadre des tests ne sont pas conservées par l'administration à des fins de contrôle fiscal.

Les essais répondent avant tout à des objectifs techniques. Ils permettent notamment de :

  • sécuriser les échanges entre les différents acteurs ;
  • vérifier le bon fonctionnement des flux de facturation ;
  • éviter les erreurs de transmission ;
  • garantir l’interopérabilité entre les plateformes agréées, c’est-à-dire leur capacité à communiquer entre elles même si l’entreprise et son client n’utilisent pas le même outil.

Autre point rassurant : pendant la phase pilote, l’administration s’inscrit dans une logique d’accompagnement et de correction des erreurs. L’objectif est de permettre aux entreprises volontaires de tester leurs flux sans craindre d’être pénalisées pour une anomalie liée aux essais.

“Et si mes clients ne sont pas prêts ?”

C’est une question très fréquente chez les TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises).

Beaucoup d’entrepreneurs se demandent comment envoyer une facture électronique si leurs clients n’ont pas encore choisi de plateforme agréée ou ne participent pas à la phase pilote.

En réalité, le système a justement été pensé pour gérer cette transition progressive.

Concrètement, les échanges passent par des plateformes agréées capables de communiquer entre elles.

Pour simplifier :

  • vous déposez votre facture sur votre plateforme agréée ;
  • la plateforme identifie celle de votre client grâce à l’annuaire de la facturation électronique ;
  • la facture est ensuite transmise automatiquement au bon destinataire.

Pour commencer à recevoir des factures électroniques, une entreprise doit simplement communiquer son adresse de facturation électronique à ses fournisseurs. Si sa plateforme participe également à l'émission des factures pendant la phase pilote, elle devra aussi récupérer l'adresse de facturation électronique de ses clients afin de pouvoir leur transmettre ses factures.

À terme, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. L'annuaire de la facturation électronique permettra justement d'identifier la plateforme du destinataire et de sécuriser l'acheminement des factures.

La crainte d’un problème technique qui impacte la relation client

Pour beaucoup de petites entreprises, la peur principale reste très concrète : envoyer une facture erronée ou bloquer un paiement client à cause d’un problème technique.

Et cette inquiétude est légitime. Une erreur de facturation peut rapidement créer des tensions commerciales ou des retards de paiement.

C’est précisément pour éviter ce type de situation que la phase pilote existe.

Les tests permettent notamment de :

  • vérifier les flux à l’émission et à la réception ;
  • contrôler le bon fonctionnement des plateformes agréées ;
  • superviser les échanges entre systèmes ;
  • identifier rapidement les anomalies ;
  • mettre en place des actions correctives avant la mise en production globale.

Le vrai risque est donc souvent moins de tester trop tôt que de ne rien tester avant l’échéance officielle.

Cette logique de transition progressive commence par ailleurs déjà à se voir dans le suivi de la phase pilote. Parmi les entreprises ayant une adresse dans l’annuaire, 57% déclarent entrer dans le pilote. 

Les premiers échanges de factures recensés impliquent déjà 11 plateformes agréées différentes, 31 entreprises émettrices et 60 entreprises réceptrices.

Pour résumer, les hésitations des entreprises sont souvent liées à un manque de visibilité sur le fonctionnement réel de la réforme. Pourtant, la phase pilote a justement été conçue pour rendre la transition plus progressive et plus sécurisée.

En testant leurs flux en amont, les entreprises peuvent mieux comprendre leurs futurs processus et éviter de découvrir les difficultés au dernier moment.

Comment se déroule concrètement la phase pilote ?

Maintenant que vous comprenez mieux pourquoi certaines entreprises hésitent encore à participer, une autre question revient souvent : concrètement, comment se passent les tests ?

Car tant que l’on ne visualise pas vraiment le fonctionnement de la phase pilote, la réforme peut sembler abstraite ou très technique.

Je vais donc vous montrer comment un test de facturation électronique se déroule concrètement et quels outils sont utilisés pendant cette phase.

Les grandes étapes de la phase pilote

Concrètement, tout commence par le choix d’une plateforme agréée. Cette plateforme jouera le rôle d’intermédiaire pour transmettre et recevoir vos factures électroniques.

Une fois la plateforme choisie, plusieurs étapes s’enchaînent progressivement.

Étape 1 : le raccordement des outils

Votre logiciel de facturation ou votre système comptable est connecté à la plateforme agréée.

Cette étape permet de vérifier que les outils communiquent correctement entre eux.

Par exemple, une entreprise qui utilise déjà un logiciel de gestion commerciale devra s’assurer que les données des factures remontent correctement vers sa PA.

Étape 2 : le paramétrage des flux

Ensuite, les équipes configurent les différents paramètres :

  • adresse de la facturation électronique ;
  • circuits de validation ;
  • règles de transmission ;
  • formats de facture utilisés, etc.

Étape 3 : le contrôle et la réception des données

Les équipes analysent par la suite les échanges :

  • réception correcte des factures ;
  • cohérence des informations ;
  • absence d’erreurs techniques ;
  • bonne circulation des données entre les logiciels de facturation et les plateformes agréées.

Cette étape permet surtout d’identifier rapidement les éventuels blocages.

Quels outils et formats sont utilisés pendant la phase pilote ?

La phase pilote repose sur les mêmes principes que ceux qui s'appliqueront une fois la réforme généralisée. Les entreprises échangent leurs factures via une plateforme agréée et les émettent dans un format structuré, indispensable pour que les plateformes puissent les lire, les contrôler et les transmettre automatiquement.

Plusieurs formats sont notamment testés pendant cette phase, parmi lesquels :

Derrière ces noms un peu techniques, l’idée reste simple : créer des factures qui peuvent être lues automatiquement par les systèmes informatiques tout en restant compréhensibles pour les utilisateurs.

Par exemple, Factur-X combine à la fois :

  • un PDF lisible par un humain ;
  • des données structurées exploitables automatiquement par les logiciels.

La phase pilote permet également de tester les échanges entre les différents logiciels grâce à des interfaces appelées API (Application Programming Interface). Une API permet à deux applications de communiquer automatiquement entre elles, sans intervention manuelle.

Concrètement, cela permet notamment de :

  • transmettre automatiquement les factures entre les différents outils ;
  • faire remonter correctement les statuts et le cycle de vie des factures ;
  • synchroniser les informations avec les logiciels de gestion ou de comptabilité, notamment les données bancaires lorsque cela est prévu ;
  • limiter les ressaisies et les erreurs de transmission.

L'objectif est de vérifier que l'ensemble de ces échanges fonctionne correctement avant la généralisation de la réforme, afin que les entreprises puissent transmettre, recevoir et suivre leurs factures électroniques de manière fluide.

Pour résumer, les entreprises ne doivent pas transformer toute leur organisation du jour au lendemain. Elles testent d’abord leurs outils, leurs flux et leurs échanges pour identifier les ajustements nécessaires.

Cette approche permet justement de sécuriser la transition avant que la facturation électronique devienne obligatoire pour toutes les entreprises.

Quels sont les bénéfices pour les entreprises qui anticipent dès maintenant ?

À ce stade, vous voyez probablement mieux comment fonctionne concrètement la phase pilote. Mais une question reste importante : quel intérêt réel avez-vous à commencer avant l’obligation officielle ?

Car au-delà des aspects techniques, l’objectif principal est surtout d’éviter une transition subie dans l’urgence. Les entreprises qui anticipent progressivement disposent souvent de plus de visibilité et de plus de temps pour s’adapter sereinement.

1er avantage : réduire les risques opérationnels avant l’obligation

Le premier avantage de la phase pilote est assez simple : détecter les problèmes avant qu’ils n’impactent votre activité.

En testant vos flux en amont, vous pouvez corriger progressivement :

  • des erreurs de paramétrage ;
  • des problèmes de transmission ;
  • des incompatibilités entre logiciels ;
  • des données manquantes ;
  • des cas d'usage spécifiques de facturation qui n'ont pas été identifiés ou qui ne sont pas correctement pris en charge par votre plateforme agréée ou vos outils, etc.

Cette anticipation permet aussi de sécuriser les processus internes avant la généralisation de la réforme de la facturation électronique.

Cela réduit également le stress lié au passage obligatoire. Au lieu de découvrir tous les changements au dernier moment, les équipes avancent progressivement.

2e avantage : préparer ses équipes et ses outils progressivement

Dans beaucoup d’entreprises, le changement apporté par la réforme de la facturation électronique impacte aussi les habitudes de travail, l’organisation interne et les échanges entre services.

C’est pour cette raison que la phase pilote permet également de préparer les équipes progressivement.

Concrètement, les entreprises peuvent :

  • accompagner les collaborateurs dans la prise en main des nouveaux outils ;
  • adapter certains processus internes, comme la gestion des notes de frais ;
  • former les équipes comptables et administratives ;
  • identifier les besoins d’accompagnement supplémentaires.

Cette montée en compétence progressive est souvent plus simple à gérer qu’un changement brutal imposé au dernier moment.

3e avantage : gagner en fluidité sur le long terme

Même si la réforme de la facturation électronique demande des ajustements au départ, elle peut aussi simplifier certains échanges sur le long terme.

Le but n’est pas de promettre une transformation “magique” mais plutôt d’améliorer progressivement la circulation des informations.

Avec des flux mieux structurés, les entreprises peuvent notamment :

  • réduire certaines ressaisies manuelles ;
  • mieux suivre les échanges de factures ;
  • améliorer la traçabilité des documents ;
  • limiter certaines erreurs administratives ;
  • favoriser un traitement plus rapide des factures, ce qui peut contribuer à accélérer les encaissements et améliorer la gestion de la trésorerie ;
  • faciliter les échanges entre logiciels et plateformes agréées.

Pour résumer, les entreprises qui anticipent la phase pilote gagnent surtout du temps et de la visibilité avant la généralisation de la réforme.

En testant progressivement leurs outils et leurs processus, elles peuvent corriger les problèmes plus tôt, préparer leurs équipes plus sereinement et limiter les difficultés au moment du passage obligatoire.

Calendrier : quelles sont les prochaines étapes de la réforme de la facturation électronique ?

Maintenant que vous voyez mieux l’intérêt d’anticiper la phase pilote, il reste une question essentielle : à quel moment la réforme de la facturation électronique deviendra-t-elle réellement obligatoire pour votre entreprise ?

Car même si la transition se fera progressivement, les échéances approchent rapidement. Mieux vaut donc comprendre dès maintenant le calendrier prévu pour éviter d’être pris de court au dernier moment.

La généralisation de la facturation électronique ne se fera pas en une seule fois.

Le gouvernement a prévu un déploiement progressif afin de laisser le temps aux entreprises et aux plateformes agréées de s’adapter.

Deux grandes dates sont aujourd’hui à retenir.

1er septembre 2026 : première phase d’obligation

À partir de cette date, les grandes entreprises et les ETI devront émettre leurs factures au format électronique.

Dans le même temps, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, devront être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée.

Autrement dit, même une petite entreprise devra pouvoir accepter ce nouveau format dès cette première étape.

1er septembre 2027 : extension aux PME et micro-entreprises

La deuxième phase concernera ensuite les PME et les micro-entreprises.

Ces structures devront à leur tour émettre leurs factures électroniques à partir du 1er septembre 2027. Elles seront également soumises aux obligations de e-reporting.

Cette mise en place progressive doit permettre aux entreprises d’avancer étape par étape sans devoir transformer tous leurs outils immédiatement.

Pour en savoir plus, n'hésitez pas à consulter notre article sur le calendrier de la facturation électronique.

En bref, le calendrier de la facturation électronique avance par étapes, mais toutes les entreprises sont concernées dès 2026 au moins pour la réception des factures électroniques.

La phase pilote permet justement de tester cette réception en conditions réelles et de vérifier que les échanges fonctionnent correctement.

EN RÉSUMÉ
  • La phase pilote est surtout un moyen de reprendre la main sur la réforme de la facturation électronique, sans attendre le dernier moment.
  • En testant vos flux avant l’échéance, vous pouvez repérer ce qui bloque, ajuster vos outils et habituer votre entreprise aux nouveaux réflexes de facturation.
  • C’est aussi l’occasion de vérifier vos échanges avec vos clients et fournisseurs avant que tout devienne obligatoire.
  • Avec Dougs, expert-comptable en ligne, vous pouvez participer à la phase pilote et tester vos flux de facturation en conditions réelles. Vous bénéficiez également d'un logiciel de facturation électronique connecté à sa plateforme agréée pour vous accompagner dans votre transition vers la facturation électronique.

FAQ sur la phase pilote de la facturation électronique

La phase pilote de la facturation électronique est-elle obligatoire ?

Non, la phase pilote repose aujourd’hui sur le volontariat.

En revanche, la facturation électronique deviendra bien obligatoire progressivement à partir de septembre 2026 selon la taille des entreprises. Participer à la phase pilote permet surtout d’anticiper les futurs changements avant l’échéance officielle.

Quels sont les risques techniques pendant la phase pilote ?

Les principaux risques concernent surtout :

  • les erreurs de paramétrage ;
  • les incompatibilités entre logiciels ;
  • certains problèmes de transmission de données.

L'intérêt de la phase pilote est justement d'identifier ces points suffisamment tôt afin d'ajuster vos outils, vos processus de facturation et vos flux d'échange avant la généralisation de la réforme.

Quelle différence entre une PA et le Portail public de facturation ?

Une plateforme agréée est un intermédiaire privé chargé d’émettre, transmettre et recevoir les factures électroniques des entreprises.

Le Portail public de facturation (PPF), quant à lui, ne transmet pas les factures entre entreprises. Il joue notamment le rôle d'annuaire central, en permettant d'identifier la plateforme agréée du destinataire afin d'acheminer correctement les factures. Il assure également les échanges de données avec l'administration fiscale dans le cadre de la réforme.

Quand la facturation électronique deviendra-t-elle obligatoire ?

Le calendrier actuel prévoit :

  • le 1er septembre 2026 pour l’obligation d’émission des grandes entreprises et ETI ainsi que l’obligation de réception pour toutes les entreprises ;
  • le 1er septembre 2027 pour l’obligation d’émission des factures électroniques pour les PME et micro-entreprises, ainsi que de e-reporting pour les opérations concernées.
Émilie Fatkic
Émilie Fatkic
Expert-comptable

Entre deux sessions de conseil client, supervision de bilans comptables, management et formation de ses équipes, elle s’adonne à sa passion : la rédaction de contenus. Elle met sa plume et son expertise au service de sujets de fond sur la création d’entreprise et la comptabilité.

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