Comment mettre en place le chômage technique ?


Une baisse de commandes vous force à envisager des licenciements ? C’est un problème qui préoccupe un bon nombre des clients que j’accompagne. Une solution peut vous éviter de faire ce choix difficile, c’est le chômage technique. Ce dispositif réduit temporairement le travail de vos salariés sans rompre leur contrat.
Le terme juridique est « activité partielle », il s’agit d’un dispositif qui permet de réduire ou suspendre temporairement le travail de vos salariés. Vous limitez ainsi vos coûts tout en maintenant les contrats de travail.
Je suis David Bernier, responsable juridique chez Dougs et dans cet article, vous allez comprendre ce qu’est le chômage technique ainsi que les conditions pour en bénéficier. Vous verrez aussi les étapes pour le mettre en place, les règles d’indemnisation et son traitement en comptabilité.
Vous souhaitez sécuriser la mise en place du chômage technique de votre activité ? Nos experts peuvent vous accompagner et vous conseiller à chaque étape. Découvrez notre service de conseil juridique en ligne, simple et sans paperasse.
- Le chômage technique, ou activité partielle, réduit ou suspend temporairement l’activité sans rompre les contrats de travail ;
- Seules les heures non travaillées, appelées heures chômées, sont indemnisées par l’employeur avec un soutien de l’État ;
- Vous pouvez y recourir uniquement dans des situations précises comme une baisse d’activité, un sinistre ou des difficultés économiques ;
- Ce dispositif vise à limiter les licenciements en période difficile tout en maintenant un revenu pour les salariés.
Je vous explique tout cela en détail dans les prochaines lignes.
Qu'est-ce que le chômage technique ?
Le chômage technique désigne une situation où vous devez réduire l'activité de votre entreprise. Ce dispositif, aussi appelé activité partielle, évite des licenciements en période difficile.
Définition et principes du chômage technique
Le chômage technique est un dispositif collectif qui diminue le volume de travail des salariés. Concrètement, vous réduisez ou arrêtez temporairement le temps de travail. Cette mesure collective touche tout ou partie de vos équipes. L'objectif est d'éviter les licenciements économiques. En contrepartie, un dispositif d'indemnisation compense la perte de revenus de vos salariés.
Chômage technique, chômage partiel, activité partielle : quelles différences ?
Ces trois termes désignent la même réalité, mais leur usage diffère.
Terme | Signification | Usage |
|---|---|---|
Activité partielle | Terme juridique officiel | Administration, textes de loi |
Chômage technique | Terme courant | Usage en entreprise |
Chômage partiel | Terme courant | Usage général |
Retenez surtout deux notions. Les heures chômées sont des heures non travaillées mais indemnisées. À l'inverse, seules les heures de travail effectif restent rémunérées comme du travail réel.
Encore faut-il vérifier si votre entreprise peut y recourir. Place aux conditions d'éligibilité.
Quelles sont les conditions et critères d'éligibilité ?
Vous ne pouvez pas recourir au chômage technique librement. Ce mécanisme est encadré par le Code du travail (art. L5122-1 à L5122-5 pour la partie législative et art. R5122-1 à R5122-26 pour la partie réglementaire) et nécessite de justifier une baisse ou un arrêt d'activité.
Les motifs de recours au chômage technique
La loi encadre strictement les motifs de recours au chômage technique. Quatre grandes situations ouvrent droit au dispositif :
- Circonstances exceptionnelles : sinistre, pandémie ou événement extérieur empêchant l'activité ;
- Difficultés économiques : baisse du chiffre d'affaires ou perte de commandes ;
- Problèmes d'approvisionnement ou d'énergie : pénurie de matières premières ou hausse brutale des coûts ;
- Réorganisation de l'entreprise : transformation ou modernisation imposant une réduction temporaire de l'activité.
Dans tous les cas, votre situation doit pouvoir être justifiée auprès de l'administration.
Entreprises et salariés concernés ou exclus
L'activité partielle vise les entreprises confrontées à une baisse d'activité temporaire. Vos salariés doivent être liés par un contrat de travail de droit français. Toutes les catégories professionnelles concernées peuvent en bénéficier : temps plein, temps partiel ou contrat temporaire. Les travailleurs saisonniers y ont aussi droit, selon leur situation.
Certains cas restent toutefois exclus, et vous devez vérifier l'éligibilité de chaque salarié avant votre demande.
Conditions d'application et durée du dispositif
Le chômage technique repose sur une réduction collective du temps de travail. Vous pouvez l'appliquer à toute l'entreprise, à un seul établissement ou à un service précis. La durée reste encadrée, limitée dans le temps et soumise à autorisation. Vous pouvez aussi devoir maintenir l'emploi des salariés ou respecter certaines obligations. Cette durée dépend de l'autorisation administrative et se renouvelle sous conditions.
Une fois l'éligibilité confirmée, il faut activer le dispositif. Voici les étapes concrètes à suivre.

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Étapes pour mettre en place le chômage technique
Pour mettre en place le chômage technique, vous devez respecter plusieurs étapes afin de sécuriser votre démarche.


Consulter le CSE et respecter les obligations préalables
Avant toute demande officielle, vous préparez le terrain en interne :
- Consultation du CSE : vous recueillez l'avis du Comité Social et Économique (CSE) si votre entreprise en dispose ;
- Information des salariés : vous informez clairement les personnes concernées par la baisse d'activité ;
- Vérification du cadre légal : vous vous assurez que votre situation correspond aux conditions d'éligibilité ;
- Anticipation via la GPEC : la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences vous aide à mesurer l'impact sur les emplois.
Déposer une demande d'autorisation administrative
Une validation est obligatoire avant de démarrer le dispositif :
- Dépôt auprès de la DDETS : vous adressez votre demande d'autorisation à la Direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS) de votre département ;
- Démarches en ligne : vous passez par la plateforme officielle activitepartielle.emploi.gouv.fr ;
- Respect des délais : vous déposez la demande dans un délai maximal de 30 jours après le début de l'activité partielle, puis vous attendez la validation sous 15 jours.
À noter : à défaut de réponse, une acceptation implicite peut s'appliquer, selon les dispositions en vigueur.
Mettre en œuvre l'activité partielle dans l'entreprise
Après validation, vous appliquez concrètement le dispositif. Vous réduisez ou suspendez l'activité selon l'autorisation reçue. Vous indemnisez ensuite vos salariés pour les heures chômées. Vous ajustez enfin le bulletin de paie avec les mentions spécifiques.
Assurer le suivi et le renouvellement du dispositif
Le dispositif en place, votre travail de suivi commence :
- Déclaration des heures chômées : vous transmettez les données à l'Agence de Service de Paiement (ASP) pour obtenir le remboursement ;
- Respect des engagements : vous tenez vos obligations, notamment en matière d'emploi ;
- Nouvelle demande si besoin : vous déposez une nouvelle demande d'activité partielle en cas de prolongation.
L'administration peut contrôler votre dossier à tout moment.
Après l'activation de ce dispositif, vous devez indemniser vos salariés. Voyons les règles applicables.
Quelle indemnisation pour les salariés en chômage technique ?
En cas d'activité partielle, vos salariés travaillent moins, voire plus du tout temporairement. Les heures non travaillées, appelées heures chômées, sont indemnisées avec le soutien de l'État.


Calcul de l'indemnité versée aux salariés
L'indemnité se calcule à partir du taux de rémunération brute. Vous versez 60 % du salaire brut, soit environ 72 % du net horaire. Un plancher légal, basé sur le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC), s'applique toujours. Les salariés au SMIC peuvent même toucher 100 % de leur rémunération nette. Sur le bulletin de paie, vous faites apparaître clairement les heures chômées et l'indemnité.
Votre convention collective peut aussi prévoir une indemnisation plus avantageuse pour vos salariés.
Allocation versée à l'employeur
Bonne nouvelle : vous ne supportez pas seul le coût de l'indemnisation.
- Remboursement partiel : l'État vous verse une allocation d'activité partielle pour couvrir une partie des indemnités ;
- Plancher et plafond : le montant remboursé est encadré, avec un plancher fixé à 8,57 € par heure chômée et un plafond de 19,94 € en 2026 (montants susceptibles de varier selon l'évolution du SMIC) ;
- Demande de remboursement : vous déclarez les heures chômées à l'ASP pour percevoir l'allocation.
Conséquences sur les droits des salariés
Rassurez vos salariés : le chômage technique préserve l'essentiel de leurs droits sociaux.
- Retraite : les périodes comptent pour la retraite de base et la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO ;
- Congés payés et ancienneté : ces périodes entrent dans l'acquisition des congés payés et le calcul de l'ancienneté, ce qui limite leur impact ;
- Participation et intéressement : les droits varient selon les accords passés avec les représentants des salariés ;
- Formation : vos salariés peuvent suivre une formation pendant les heures chômées.
L'enjeu ne se limite pas à l'indemnisation : l'activité partielle touche aussi le contrat de travail et la situation des salariés.
Quels impacts sur le contrat de travail et la carrière ?
Le chômage technique modifie temporairement la relation de travail sans la rompre. Il joue sur la rémunération, le temps de travail et parfois la suite de la carrière des employés.
Suspension du contrat de travail
Le contrat de travail est suspendu pour les seules heures chômées. Vos salariés peuvent continuer à travailler une partie du temps. Ils restent liés à votre entreprise, sans rupture ni licenciement. Le lien contractuel se maintient, avec une reprise normale à la fin du dispositif.
Effets sur la rémunération et le temps de travail
Le chômage technique entraîne une modification temporaire du travail. Vous réduisez ou suspendez les heures travaillées. Les heures chômées, elles, sont compensées par une indemnité. Le salaire diminue, mais l'indemnité en couvre une partie. Vos salariés peuvent percevoir moins qu'à l'habitude, sauf règle plus favorable ou complément employeur.
Conséquences à long terme
Sur la durée, les effets restent en général limités.
- Impact sur l'ancienneté : les périodes sont en principe prises en compte, avec peu d'effet ;
- Risque de licenciement : une baisse d'activité durable peut conduire à un licenciement économique ;
- Solutions alternatives : vous pouvez envisager d'autres options, comme la rupture conventionnelle.
Ces changements doivent maintenant se traduire correctement en paie et en comptabilité.
Comment comptabiliser le chômage technique ?
Le chômage technique a un traitement comptable spécifique à maîtriser. Il touche à la fois vos charges de personnel et les aides reçues.


Comptabilisation des indemnités versées
Côté comptabilité, les indemnités versées s'enregistrent comme des charges.
- Charges de personnel : vous rattachez les indemnités aux charges liées aux salariés ;
- Distinction salaire / indemnité : vous séparez nettement le salaire des indemnités d'activité partielle ;
- Classe 6 – charges de personnel, catégorie 641 (Rémunérations du personnel) : vous utilisez ce compte pour enregistrer les montants.
Vous pouvez créer un sous-compte pour suivre précisément ces indemnités.
Comptabilisation des aides de l'État
À l'inverse, l'allocation reçue de l'État se comptabilise à part. Vous l'enregistrez comme une subvention d'exploitation, liée à votre activité. Le compte 741 (Subventions d'exploitation), en classe 7, isole ce remboursement. Cette écriture réduit le coût réel du chômage technique pour votre entreprise.
Impacts sur la paie et les déclarations
En paie, quelques ajustements deviennent indispensables.
- Bulletin de paie adapté : vous indiquez les heures chômées et les indemnités versées ;
- Déclaration sociale nominative (DSN) : vous déclarez les montants via le site net-entreprise.fr ;
- Suivi des heures chômées : vous conservez un relevé précis pour justifier les remboursements.
Au-delà des chiffres, vous devez aussi respecter un cadre légal strict. Voyons vos obligations et les risques encourus.
Quelles sont les obligations légales et les risques ?
Rappelons que le chômage technique est strictement encadré par le Code du travail, aux articles L5122-1 à L5122-5 et R5122-1 à R5122-26. Une mauvaise utilisation du dispositif expose votre activité à des risques financiers et juridiques importants.
Les obligations de l'employeur
En tant qu'employeur, plusieurs obligations pèsent sur vous. Vous justifiez précisément le recours à l'activité partielle selon les motifs autorisés. Vous garantissez au moins l'indemnisation minimale, notamment pour les salariés au SMIC. Vous communiquez enfin des informations exactes à la Direction Régionale de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS). Chaque él ément doit pouvoir être justifié en cas de contrôle, notamment par la DDETS.
Les risques en cas de fraude ou non-respect
Une fausse déclaration des heures ou de votre situation constitue une fraude au chômage technique. Les sanctions, elles, peuvent être lourdes :
- Remboursement des aides : vous restituez tout ou partie des allocations perçues à tort ;
- Intérêts de retard : des majorations s'appliquent en cas de remboursement tardif ;
- Amendes administratives : l'administration peut infliger des sanctions financières supplémentaires ;
- Exclusion des aides publiques : vous pouvez être temporairement écarté de certains dispositifs ;
- Risques pénaux : une fraude avérée peut entraîner des poursuites, avec de fortes amendes et des peines d'emprisonnement dans les cas les plus graves.
Le chômage technique est un levier efficace pour faire face à une baisse d’activité sans recourir au licenciement. Vous ajustez temporairement votre organisation tout en protégeant vos salariés.
Mal maîtrisé, il peut toutefois générer des erreurs coûteuses et des risques de redressement.
- Respect du cadre légal : vérifier les conditions d’éligibilité et suivre la procédure administrative ;
- Gestion de la paie et de la comptabilité : assurer un traitement rigoureux pour sécuriser les remboursements.
Pour éviter les erreurs, vous pouvez vous faire accompagner par Dougs qui va vous fournir un expert-comptable ou un juriste selon vos besoins.
FAQ sur le chômage technique
Un employé peut-il refuser le chômage technique ?
Non, le salarié ne peut pas refuser le chômage technique. Il lui est imposé, car il relève du pouvoir de direction de l’employeur. Exception : vous pouvez refuser en cas de modification du contrat de travail.
Quelle différence entre activité partielle et licenciement économique ?
L’activité partielle suspend temporairement le contrat de travail avec indemnisation. Le licenciement économique met fin définitivement au contrat de travail.
Un salarié peut-il travailler pendant le chômage technique ?
Non, un salarié ne doit pas travailler pendant les heures chômées. Ces heures sont indemnisées précisément parce qu’elles ne sont pas travaillées. Cependant, certaines activités sont possibles, comme suivre une formation.

David est Head of Legal chez Dougs. En français, cela signifie qu’il pilote le département juridique du cabinet, endosse la casquette de référent technique et garantit l’évolution du service.
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