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Entrepreneuriat féminin : portrait de Mélanie de Double A

Chez Dougs comme partout, les statistiques parlent ! Beaucoup moins de femmes que d’hommes se lancent dans l’aventure entrepreneuriale. Nos données se rapprochent finalement de la moyenne nationale. Sans surprise, bien qu’un peu pensif à la manière d’accompagner encore plus les femmes qui souhaitent entreprendre, nous avons décidé de mettre à l'honneur nos créatrices d'entreprise : celles que l’on accompagne au quotidien.

Cette interview s’inscrit dans une série d'articles sur le sujet de l'entrepreneuriat féminin. Dans le dernier, nous nous sommes intéressés aux chiffres, aux données nationales, aux réseaux qui peuvent éventuellement aider les femmes.

Aujourd'hui, je reçois Mélanie, cofondatrice de Double A, une entreprise parisienne spécialisée dans la confection de sous-vêtements féminins.

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Bonjour Mélanie, pouvez-vous nous résumer votre parcours en quelques mots ?

J’ai 23 ans, et j’ai commencé par faire une licence dans une école de commerce. C’est durant cette période que j'ai rencontré mon associée Alexina, qui elle a fait une licence écogestion à la Sorbonne. Nous nous sommes en fait retrouvées toutes les deux en master. Après une année de césure et différents stages, je me suis spécialisée en “Marketing Produit” alors que mon associée Alexina s'est spécialisée en “Entrepreneuriat”. Elle a toujours eu envie de se lancer dans un projet de création d’entreprise. C'est quelque chose qui l'animait depuis des années.

Comment est né le projet ? Qu’est ce qui vous a donné envie de créer cette entreprise et de vous lancer dans l’entrepreneuriat ?

Le point de départ, c’est une idée d’Alexina. Un constat de base : les femmes qui ont une petite poitrine – A ou AA – ne trouvent pas de lingerie adaptée. C’est comme ça qu'est né le projet. J'étais très intéressée par l’énergie qui se dégageait de son projet. C’est pour cette raison qu’au lieu de faire un stage de fin d'études, nous nous sommes lancée ensemble et avons créé notre entreprise.

Qu'est-ce qui vous a donné envie à toutes les deux de vous lancer dans l'entrepreneuriat ?

On s’est aussi lancé en se disant que qu’on était jeunes et “Okay, on n'a pas grand chose à perdre !”. On n'avait pas la sécurité de l'emploi vu qu’on était étudiantes.

On cherchait du challenge, on avait envie de se dépasser.

On se disait aussi qu’on avait plein de choses à apprendre à notre âge. Et puis, je pense aussi que c’est notre binôme qui nous a donné envie. Peut-être que toutes seules, chacune de notre côté, on ne se serait pas forcément lancées. Mais le fait qu'on ait été motivées toutes les deux à faire quelque chose qui pouvait aider des femmes, les aider à s’accepter… Parce que c'est vrai que le fait de ne pas être représentée par les marques de lingerie, ça peut être à l'origine de beaucoup de complexes alors que ça correspond à beaucoup de femmes ! C'est vraiment ça qui a poussé notre binôme, on avait envie de créer un produit qui réponde à cette problématique et qui parle aux femmes. Et puis, notre duo, c’était le mélange parfait !

Et la création effective de votre entreprise, c’est depuis cette année ?

C'est ça, exactement. Pendant un an, on a vraiment travaillé sur le développement produit, la construction d’une communauté principalement sur Instagram, Facebook et TikTok. On s’est lancées en mars. La société est officiellement créée depuis février. On est maintenant dans le lancement concret : on a commencé avec une campagne de crowdfunding en parallèle de la production. Ça nous a laissé le temps pour tout ce qui tourne autour du packaging, et maintenant de démarrer les premiers envois de commandes.

Entreprendre à plusieurs, toutes les deux, ça a donc vraiment été un élément décisif ?

Oui, complètement. Alexina avait vraiment ce côté entrepreneurial qu’elle nourrissait depuis des années, en faisant des stages en start-up ; moi, beaucoup moins. Ça m'intéressait mais je pensais me lancer dans un projet plus tard, du moins, pas tout de suite ! Je n’étais pas passionnée d’entrepreneuriat à titre personnel. Mais c'est vrai que le fait d'être à deux et de voir quelqu'un d’aussi passionné, ça m'a aussi donné envie de m’intéresser à ce secteur et de me lancer avec elle.

Entreprendre seul, c’est quelque chose… À deux, c’est mieux !

Le fait d'être deux femmes qui entreprennent, c’était voulu ou un simple hasard ?

Franchement, ça a été tout naturel. On était jeunes, et donc on s'est lancées. On venait d'avoir 23 ans toutes les deux, ce qui est relativement tôt pour se lancer dans une création d’entreprise. En tout cas, on ne s'est jamais dit : “Il faut qu’on entreprenne en groupe de femmes”. Vraiment, jamais, c’était une évidence entre deux personnes, tout simplement !

Qu'est-ce que vous avez ressenti au moment du lancement ? Est-ce que vous avez réussi à trouver de l'aide pour réaliser toutes ces démarches ?

Au tout début, on avait encore la chance d’agir dans le cadre de notre formation. Pendant 6 mois, on a pu être encadrées et accompagnées. Et au niveau financier, pareil. Notre école nous a beaucoup soutenues. On a eu le droit à une bourse car on avait gagné un concours qu’elle organisait pour récompenser les projets entrepreneuriaux des étudiants en interne. D'un point de vue extérieur, ça a été beaucoup plus difficile. Quand on est jeune, qu’on n'a encore jamais lancé un projet, aller voir les banques, c'est difficile ! C'est pas forcément rassurant pour eux. Et au niveau des autres concours, c’est aussi difficile à prévoir parce que ça dépend du secteur que l’on choisit. Je ne sais pas si ça a un lien avec le fait d’être deux femmes ou pas… On a choisi le marché du textile et pas celui de la tech : un produit vendu en ligne. 

Et ce manque d’aide a été un frein au démarrage de votre activité ?

Pas vraiment car on s’est directement dit “Okay, c'est pas grave”. On devait juste lancer notre projet et revenir ensuite avec une preuve concrète de création. C’était à nous de tout trouver pour le lancement. Par la suite, on devait présenter des chiffres clés et montrer une preuve du concept. Le manque d’aide ne nous a pas freinées, peut-être aussi parce qu'on était deux et que si une était démotivée, l’autre prenait le relais, et vice versa. Donc au final, ça ne nous a jamais freinées parce qu'on savait que notre projet pouvait marcher.

En gros, vous vous reboostiez mutuellement dans les moments qui pouvaient être un peu plus compliqués ?

Exactement ! On demandait des conseils à d’autres entrepreneurs qui, eux, avaient leurs entreprises depuis plusieurs d'années, que ce soient des femmes ou des hommes. Ça nous rassurait parce qu’eux aussi étaient passés par des refus des banques, de financements, d’aides. C'est bien de ne pas toujours se comparer, et seulement prendre note de l'expérience des autres. On relativise !

Okay, c'est normal, pas de souci. Tout le monde passe par là ; il faut juste rester accroché à son idée.

Avez-vous été aidées par des réseaux spécifiques qui accompagnent les femmes entrepreneures ?

Non, pas par des réseaux spécifiquement consacrés aux femmes entrepreneures. Plus précisément, en dehors de notre école, on a été accompagnées par la BGE ADIL, un établissement qui nous a vraiment aidées sur toute la partie business plan, prévisionnel, financier. Mais cette aide, on ne l’a pas eu parce qu'on était des femmes. On n'a pas choisi d'établissements particuliers pour les entrepreneures femmes.

Aujourd'hui, le ratio d'entrepreneurs en France, c’est 30 % de femmes pour 70% d'hommes. De par votre expérience, est-ce que vous avez un avis sur le sujet ?

Je pense que même en tant que femme, parfois on reste dans les cases qu'on nous a un toujours un peu attribuées. On pense qu’on n'est pas forcément capables parce qu’on a toujours été vues par la société comme “inférieures”. Je sais que c'est un peu fort comme terme mais voilà, on se rend compte qu'on ne va pas oser faire certaines choses. Et quand on parle avec d’autres entrepreneurs hommes, ils nous disent “Mais osez dire ça à des investisseurs ou à des banques !”. Nous les femmes, on ne va pas oser parce qu’on a le sentiment d’avoir moins de pouvoirs de parole : c'est quelque chose qu'il nous faut apprendre à désapprendre. Et après… je ne sais pas s’il y a d’autres raisons particulières, ou si c’est plus de la peur. En tant que femme entrepreneure, on a l’impression que c’est plus difficile de négocier. Par exemple, on nous demande souvent si c’est difficile en tant que femmes de négocier avec nos ateliers de production, au Portugal. Et en fait, on se rend compte en étant sûres de nous… que pas du tout !

Le fait d’être une femme ça ne change rien ! Nos partenaires nous accompagnent tout autant car ils savent que pour leur réussite, il faut que ça fonctionne des deux côtés.

Le problème, ce sont les a priori que s’imposent les femmes elles-mêmes : il n'y a pas forcément plus de barrières que ça. Nous sommes égales aux hommes, on peut demander la même chose qu’eux, faire comme eux. Il faut s’en convaincre car c’est la vérité ! Il ne faut rien s’interdire, ne pas se rajouter des contraintes inutiles. C’est l’histoire et la société qui nous imposent cette image. Nous devons arrêter d’y croire !

Si vous deviez faire ressortir LA préoccupation principale au moment de vous lancer, ce serait laquelle ?

Littéralement… l'argent ! On était très jeunes, on avait fait des stages de fin d’études et des petits jobs quand on avait du temps. Mais c'est vrai qu'à part ça, on n'avait pas grand chose comme argent de côté. Donc oui, c’était notre véritable préoccupation. Il nous fallait de l'argent pour l'investir dans le projet. À titre personnel, on se demandait toutes les deux comment on allait vivre pendant la réalisation de ce projet. Pour ne rien vous cacher, ça l’est encore aujourd'hui : l’argent est l’une des problématiques principales. On sait que ça peut encore nous bloquer pour certains projets, certaines idées. Mais on sait aussi que lorsqu’on en veut vraiment, on en trouve toujours. Les bourses, par exemple, qu’on a eues grâce à notre école. On a su taper aux bonnes portes au bon moment. Dans tous les cas, on s’était dit qu’on prendrait chacune un job durant tout le développement du projet. Le matin, on bossait, ce qui nous permettait d’avoir un toit sur la tête et d'investir. Aujourd’hui, la situation n’a pas changé ! Mais avec persévérance, on sait que ça paiera avec le temps. C’est la problématique de toutes les “jeunes entrepreneures” : pas d'argent de côté et ne souhaitant pas être aidées par sa famille.

Dernière question. En parlant d’aides et d’accompagnement… En quoi Dougs vous facilite la vie au quotidien ?

Dougs nous permet de faciliter la gestion de notre comptabilité pour un coût très raisonnable. Les conseillers sont très facilement joignables, ce qui nous aide beaucoup. C’est très appréciable lorsque l'on a des doutes et des questions techniques sur notre activité.

Le mot de la fin : Et si vous aviez un conseil ou un retour d'expérience à donner à des femmes qui veulent entreprendre, ce serait quoi ?

Il faut voir comme une force et ne pas se laisser déstabiliser par les autres. Parce que c’est une vérité générale : on peut régulièrement nous ramener à notre condition de femme ou de jeune.

Mais si on croit vraiment en son projet, qu'on soit femme ou homme, il n'y a aucune différence !

Il faut se donner les mêmes chances de réussite que les autres. Ce n’est pas parce qu'on est une femme entrepreneure qu’on ne va pas avoir les mêmes droits et les mêmes choses qu'un homme. En gros, le secret qui n’en est pas un, c’est d’oser faire. Quand on ose, des portes qui paraissaient fermées s’ouvrent !

Tess Navarro

Head of Brand Content & Academy

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Tess est Head of Brand Content & Academy. Chez Dougs, elle dirige avec finesse et décontraction l’ensemble du service du même nom. Grosso modo, tout ce que vous lisez et entendez sur notre site, notre blog ou notre plateforme de formation, est le fruit du travail de son équipe. Articles de blog, formations en ligne, webinars, mais également e-mails et SMS, rien n’échappe à son œil affuté. C’est une pro de la communication et de la gestion de projets en tout genre.

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