L’acronyme TNS pour “travailleur non salarié” peut générer quelques angoisses aux entrepreneurs, pour deux raisons. En premier lieu, l’affiliation à l’ex-RSI est souvent une idée peu séduisante pour les dirigeants de société. En effet, il a souvent été fait état de dysfonctionnements de cette caisse par le passé. Ensuite, “non salarié” n’est peut-être pas rassurant pour l’avenir de vos finances personnelles.

Ce statut présente pourtant des avantages indéniables, à condition de bien le comprendre et de correctement l’exploiter.

Découvrez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le statut TNS sans jamais oser le demander ! 

Qu’est-ce qu’un TNS ?

Deux principaux statuts sociaux s’opposent chez les travailleurs indépendants. Il s’agit du travailleur non salarié et de l’assimilé-salarié.

Définition : qui sont les travailleurs non salariés ?

Les TNS sont des travailleurs indépendants exerçant leur activité sous forme d’entreprise individuelle ou en tant que gérant majoritaire de société.

Le dirigeant TNS est dit “non salarié” car il n’est pas lié à l’entreprise qu’il dirige par un contrat de travail.

Principales différences entre statut TNS et statut d’assimilé-salarié

Les principales différences entre ces deux statuts sociaux relèvent du taux de cotisations sociales, des garanties obtenues en contrepartie des cotisations sociales versées et des caisses dont vous relevez.

Le gérant TNS est affilié à la sécurité sociale des indépendants, tandis que les assimilés-salariés dépendent du régime général, comme les salariés. De même, la nature et les taux de cotisations du travailleur non salarié diffèrent de celles de l’assimilé-salarié.

Les modalités de versement des rétributions, de déclaration et de paiement des cotisations seront aussi très différentes. Si l’assimilé-salarié doit systématiquement établir un bulletin de paie lorsqu’il se rémunère, il n’en est rien du TNS. 

Pour ce qui est du paiement des charges sociales, l’assimilé-salarié doit les verser à l’Urssaf et aux autres organismes, en courant du mois suivant la mise à disposition du salaire. Elles sont établies d’après la rémunération brute réelle.

Sans action spécifique de sa part, les cotisations du TNS sont calculées annuellement, par référence à des revenus de N-2 ou N-1, jusqu’à régularisation. Elles sont payées en général de manière trimestrielle. Il est possible de mettre en place un prélèvement mensuel afin de lisser l’impact des cotisations sur la trésorerie.

Influence de la forme juridique sur le statut de gérant TNS

Certaines formes juridiques vous empêchent d’accéder au statut social de TNS. C’est notamment le cas de la SAS, car les associés relèvent du régime des assimilés-salariés dans le cadre de leur mandat social. D’autres vous imposent ce statut de TNS, comme l’entreprise individuelle.

La forme juridique sous laquelle vous exercez votre activité influe sur votre statut social. La part de capital social que vous détenez peut également impacter ce statut.

Ce tableau vous aidera à déterminer si vous êtes ou non TNS au titre de votre mandat social, selon les principales formes juridiques :

Le dirigeant est-il TNS ?
Mandataire social associé
SARL – Gérant majoritaire
SARL – Gérant minoritaire ou égalitaire❌ (Assimilé salarié)
EURL – Gérant 
SA❌ (Assimilé salarié)
SAS – Président associé qu’il soit majoritaire, égalitaire ou minoritaire❌ (Assimilé salarié)
SASU – Président associé qu’il soit majoritaire, égalitaire ou minoritaire❌ (Assimilé salarié)
Mandataire social non associé
SAS – Président❌ (Salarié avec chômage avec l’accord de Pôle Emploi)
SARL – Gérant❌ (Salarié avec chômage avec l’accord de Pôle Emploi)
EURL – Gérant❌ (Salarié avec chômage avec l’accord de Pôle Emploi)
Autres formes
Entreprise individuelle
Entreprise individuelle à responsabilité limitée
Micro-entreprise✅ (Régime social spécifique)
Société en nom collectif (SNC)

Avantages et inconvénients au statut de TNS

Découvrons ensuite quels sont les avantages et les inconvénients du statut de travailleur non salarié.

Avantages statut dirigeant TNS

L’avantage le plus évident dont bénéficient les TNS est le faible taux de cotisations sociales. En effet, elles sont comprises entre 40 et 50% de la rémunération perçue. Avec un statut d’assimilé-salarié, ce taux serait à multiplier par deux environ, pour obtenir un même net. En outre, le bénéfice de l’ACRE, si vous y êtes éligible, vient diminuer encore vos cotisations sociales.

Travailleurs non salariés
EI / EURL / SARL (gérant majoritaire)
Assimilés salariés
SAS / SASU / SARL
(gérant minoritaire ou égalitaire)
Revenu net30 000 €30 000 €
Cotisations socialesEnviron 40 à 50 % = 12 000 à 15 000 €Environ 62 % du salaire brut ou 80 % du salaire net = 24 000 €
Coût total pour l’entreprise net + charges socialesEnviron 42 000 à 45 000 €Environ 54 000 €
Source : www.urssaf.fr

Le statut social de TNS peut vous permettre de préserver votre trésorerie en début d’activité. En effet, les premiers appels de cotisations que vous recevrez (les cotisations provisionnelles) sont d’abord établis sur des bases forfaitaires de début d’activité. Ces bases, généralement très faibles, sont ensuite recalculées d’après votre rémunération réelle. Cela génère alors un nouveau calcul de cotisations et un versement complémentaire. Soyez prudent dans ce cas : il faut prévoir la trésorerie nécessaire au paiement des régularisations à venir…

Un exemple sera plus parlant

Vous débutez votre activité début 2022.
Pendant toute l’année civile 2022, les cotisations sociales appelées par l’organisme chargé du recouvrement (l’Urssaf) sont calculées d’après le forfait début d’activité. Elles sont donc très faibles.

En 2023, lorsque vous effectuez votre déclaration d’impôt sur le revenu (ce principe ne concerne pas les professions libérales médicales), vos rétributions réelles sont communiquées à l’Urssaf. Ceci va générer un appel de régularisation. Vous devez alors verser les sommes réellement dues, calculées sur vos rémunérations ou votre bénéfice réels. Et cette régularisation n’intervient alors qu’à partir de l’été 2023.

Vous avez donc pu utiliser cette trésorerie pendant toute l’année pour développer votre activité. 

Autre avantage, et non des moindres : vous pouvez compléter votre protection sociale avec des contrats complémentaires facultatifs. Les primes versées sont alors déductibles du résultat fiscal de l’entreprise. Les anciens contrats Madelin poursuivent leur existence, mais il n’est plus possible d’en ouvrir de nouveau. Pour ce qui est de la retraite complémentaire, le plan d’épargne retraite individuel (PERIn) le remplace.

Dernier avantage, la possibilité (sous conditions) de bénéficier d’une assurance chômage pour le TNS (Allocation des Travailleurs Indépendants – ATI), sans souscription à un contrat spécifique. Evidemment, les conditions sont nombreuses et assez restrictives. Vous devez notamment avoir exercé votre activité durant au moins deux années consécutives au sein de la même entreprise, la cessation de l’activité doit résulter d’une liquidation judiciaire, les autres ressources de votre foyer fiscal doivent être très faibles. 

Voyons quels sont les aspects moins positifs du statut de travailleur non salarié.

Inconvénients entrepreneurs sous statut TNS

Tout d’abord, souvenez vous que lorsque vous êtes TNS, vous devez vous acquitter de cotisations chaque année, même si vous n’avez pas pu vous rémunérer ou que votre entreprise n’a pas réalisé de bénéfice. En effet, des cotisations forfaitaires minimales sont dues dans tous les cas à l’Urssaf TNS. Ce qui peut être douloureux lorsque l’on ne dispose pas d’une trésorerie suffisante pour se payer… En outre, ces cotisations minimales ne vous permettent de cumuler que 3 trimestres de retraite sur l’année concernée.

Les cotisations sont certes inférieures, mais revers de la médaille : la protection sociale à laquelle elles vous donnent droit est aussi moins favorable que celle des assimilés-salariés. Il est donc vivement conseillé de souscrire des contrats complémentaires afin d’améliorer votre couverture sociale. Ces coûts sont à prendre en considération lorsque vous choisissez votre statut social.

Certes, sous conditions, vous pouvez bénéficier d’une couverture chômage en étant TNS. Toutefois, le montant et la durée de votre indemnisation sont assez limités. Vous pouvez prétendre à 800 euros par mois au maximum, pour une durée ne pouvant excéder 6 mois.

Enfin, parlons dividendes. Les TNS doivent tenir compte du fait qu’une partie importante des dividendes que leur société leur verse est soumise, non pas à la flat tax, mais aux charges sociales. Exactement comme si vous aviez reçu une rémunération. Les arbitrages entre salaires et dividendes deviennent dès lors moins aisés. Une simulation sur votre compte fiscal personnel est vivement conseillée afin de mesurer l’impact de chaque option sur votre impôt sur le revenu.

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Checklist

Quelles cotisations sociales et quelle couverture pour les TNS ?

Selon la nature de votre activité, vos cotisations sociales ne seront pas versées aux mêmes caisses. Ainsi, la CARMF gère la retraite des médecins généralistes tandis que la CARPIMKO concerne par exemple les infirmiers. Les artisans et commerçants versent en principe l’ensemble de leurs cotisations sociales à l’Urssaf TNS.

Comme nous vous l’indiquions précédemment, à salaire net égal, les cotisations versées par les assimilés-salariés sont en moyenne deux fois plus élevées que celles des TNS. Retrouvez ici un notre simulateur pour bien maîtriser vos coûts sociaux.

La couverture sociale des TNS n’est pas complète. En effet, vous ne serez pas protégé spécifiquement concernant les accidents du travail ni les maladies professionnelles. En outre, les délais de carence sont plus importants. La souscription de contrats complémentaires vous permettra de pallier ceci au moins partiellement.

Pourquoi choisir le statut de TNS ? 

Fonder votre choix entre le statut social du TNS et celui de l’assimilé-salarié relève surtout de vos objectifs personnels.

Si votre priorité est de limiter les charges sociales, le statut de TNS semble mieux vous convenir.

En revanche, si vous souhaitez vous assurer un régime social plus protecteur au détriment des aspects purement économiques, mieux vaut être assimilé salarié.

Vous savez maintenant à quoi correspond le statut de travailleur non salarié et ce qu’il implique. Peut-être correspond-il parfaitement à vos besoins ? Dans le cas contraire, découvrez en plus sur les assimilés-salariés. Vous serez bien informé pour fonder votre choix.

Évidemment, lors de la création de votre entreprise, votre situation doit être envisagée dans sa globalité. Pas uniquement à travers le prisme de votre statut social. Vous aurez alors à déterminer la forme juridique la mieux adaptée aux nécessités de votre activité et à vos objectifs.

Les experts de Dougs sont à votre disposition pour vous conseiller !

Émilie Fatkic

Superviseur comptable

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Entre deux sessions de conseil client, supervision de bilans comptables, management et formation de ses équipes, elle s’adonne à sa passion : la rédaction de contenus. Elle met sa plume et son expertise au service de sujets de fond sur la création d’entreprise et la comptabilité.

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