Statut SAS : comment rédiger des statuts solides pour votre société ?
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Les statuts d’une SAS (Société par Actions Simplifiée) sont souvent la première difficulté quand on crée une société. Vous savez qu’ils sont indispensables, mais leur contenu paraît flou ou trop juridique. Je vous comprends : c’est un document essentiel, mais rarement expliqué simplement. Pourtant, bien rédigés, les statuts posent les bases solides de votre projet. Ils encadrent vos décisions, protègent vos associés et sécurisent votre entreprise. Avant même de rédiger vos statuts, il est utile de comprendre les démarches globales de création d’une SAS. Vous avez besoin d’un accompagnement ? Les experts Dougs vous accompagnent pour la création de votre SAS en ligne.
Dans cet article, je vous aide à comprendre leur rôle, leurs clauses, les mentions obligatoires et les démarches pour les finaliser en 2026.


- Les statuts d’une SAS fixent toutes les règles du jeu entre associés.
- Ils définissent :
- le capital social ;
- les pouvoirs du président ;
- les modalités de décision.
- Certaines mentions sont obligatoires : objet social, durée, siège, apports, etc.
- Vous pouvez y ajouter des clauses spécifiques (préemption, agrément, exclusion…).
- Une rédaction soignée évite les blocages futurs et garantit la conformité légale.
- Un dépôt au greffe finalise la création de votre société.
Je vous détaille cela simplement, étape par étape.
Comprendre les statuts SAS : définition et rôle juridique
Avant de rédiger quoi que ce soit, vous devez comprendre à quoi servent vraiment les statuts SAS. Beaucoup d’entrepreneurs signent ce document sans saisir son importance. Pourtant, c’est le cœur même de votre société : sans statuts, votre SAS n’existe pas.
Quels sont les statuts d’une SAS ?
Quand vous créez une Société par Actions Simplifiée (SAS), les statuts sont le document écrit qui fixe toutes les règles de fonctionnement. C’est un peu comme le contrat de vie de votre entreprise. Vous y précisez :
- qui participe au projet ?
- comment les décisions seront prises ?
- comment chacun interagit avec la société ?
Ce document, signé par tous les associés, formalise :
- le capital social et la nature des apports (argent, biens, droits…) ;
- le nombre d’actions émises et, selon l’organisation choisie, leur attribution aux associés ;
- le rôle du président et éventuellement d’autres dirigeants ;
- les pouvoirs accordés à chacun ;
- les conditions pour entrer ou sortir du capital ;
- la manière de partager les bénéfices.
C’est ce texte que vous déposez au greffe pour immatriculer votre société. Le greffe est le service administratif qui enregistre officiellement votre entreprise au registre du commerce. Sans cet enregistrement, votre société n’a pas d’existence légale.
Prenons un exemple concret. Vous montez une SAS avec deux amis. Vous investissez chacun 5 000 euros. Si l’un d’entre vous veut partir, ce sont les statuts qui diront comment ses actions seront revendues et à qui. Si rien n’est prévu, vous risquez de vous retrouver bloqués.
Les statuts donnent donc une base claire et commune. Ils évitent les malentendus et servent de référence en cas de désaccord.
Quelle est la fonction juridique des statuts SAS ?
Les statuts ont une double mission : ils créent votre société et organisent son fonctionnement interne.
D’abord, ils donnent naissance à votre SAS. Sans eux, impossible d’obtenir un numéro SIREN (le numéro SIREN est l’identifiant unique attribué à chaque entreprise par l’INSEE), ni d’exister juridiquement. C’est la première pierre de votre structure.
Ensuite, ils organisent la vie quotidienne de votre entreprise. Ils fixent comment les décisions sont prises, qui détient le pouvoir, et quelles sont les règles à respecter.
Par exemple :
- le président représente la société et agit en son nom ;
- les associés votent certaines décisions importantes (modification des statuts, entrée d’un nouvel investisseur…) ;
- la répartition des pouvoirs peut être adaptée selon vos besoins : vous pouvez créer un conseil de direction ou des directeurs généraux délégués.
On appelle cette souplesse la liberté statutaire. Elle permet d’ajuster les règles à votre situation, que vous soyez une petite structure familiale ou une start-up en croissance. Mais cette liberté implique une grande rigueur : tout ce qui n’est pas clairement écrit peut devenir source de conflit.
Les statuts servent donc à cadrer les relations entre associés et à sécuriser vos décisions. En plus de garantir la stabilité de votre société, ils évitent les zones d’ombre juridiques.
Après avoir compris ce que sont les statuts SAS et leur rôle fondateur, vous vous demandez sûrement comment les rédiger concrètement. C’est là que tout commence à se préciser. Pour qu’ils soient valides, vos statuts doivent contenir plusieurs mentions obligatoires fixées par la loi. Sans elles, votre société ne pourra pas être enregistrée. Je vous explique lesquelles sont nécessaires et à quoi elles servent.
Les mentions obligatoires des statuts SAS en 2026
Je vous liste les mentions obligatoires. Elles garantissent une base claire et conforme. Elles servent à :
- Identifier votre société ;
- Encadrer son activité ;
- Sécuriser les relations entre associés.
Leur absence peut entraîner un rejet de votre dossier par le greffe du tribunal de commerce (c’est l’organisme chargé d’enregistrer officiellement la création d’une société).
Les informations légales à inclure
Chaque SAS doit comporter des informations précises pour être reconnue par l’administration. Ces éléments décrivent à la fois votre identité juridique et le fonctionnement global de votre société.
Voici les principales mentions à inclure dans vos statuts :
Mention obligatoire | Description simple |
|---|---|
Dénomination sociale | Le nom officiel de votre société. Il doit être unique et disponible. |
Forme juridique | Indique qu’il s’agit d’une Société par Actions Simplifiée (SAS). |
Objet social | Décrit l’activité exercée. Mieux vaut le rédiger largement pour anticiper les évolutions. |
Siège social | Adresse administrative et fiscale de la société. |
Durée | Durée de vie de la société, généralement fixée à 99 ans. |
Capital social | Montant des apports (fixe ou variable). En capital variable, vous fixez un plancher et un plafond, sans modifier les statuts à chaque changement. Pour bien évaluer ces apports et anticiper leur impact comptable, je vous invite à consulter ce guide sur la comptabilité en SAS. |
Apports | Précise la nature des apports : en numéraire (argent) ou en nature (biens, matériel, brevet…). Un commissaire aux apports peut être exigé pour les apports importants. |
Répartition des actions | Nombre d’actions détenues par chaque associé. |
Date de clôture de l’exercice social | Période comptable utilisée pour établir les comptes (ex. du 1er janvier au 31 décembre). |
Identité du président | Nom et pouvoirs du représentant légal de la société. |
Pour bien évaluer vos apports et anticiper leur impact comptable, je vous invite à consulter ce guide sur la comptabilité en SAS.
Toutes ces mentions constituent la structure de base de votre société. Elles fixent le cadre, mais ne suffisent pas à tout encadrer. Pour aller plus loin, il faut ajouter des clauses obligatoires de fonctionnement, qui précisent comment vous prendrez les décisions ou comment seront gérés les mouvements d’actions.
Les clauses indispensables pour la conformité juridique
Après avoir listé les mentions de base, allons plus loin : vos statuts doivent aussi préciser les règles de fonctionnement de votre SAS. Ces clauses garantissent la cohérence de votre organisation et protègent les intérêts de chacun.
Elles ne sont pas là pour “remplir” le document. Elles servent à anticiper les situations réelles de la vie de votre société :
- un départ d’associé ;
- une levée de fonds ;
- une décision stratégique importante.
Voici les grandes familles de clauses à intégrer :

- Gouvernance : nomination et révocation du président, définition de ses pouvoirs, et possibilité de désigner d’autres dirigeants (directeur général, conseil de direction).
- Capital et titres : encadrement des cessions d’actions, stabilité de l’actionnariat, et règles de modification du capital social.
- Décisions collectives : modalités de vote, quorum, majorités nécessaires, et possibilité de consultation écrite ou de réunions à distance.
- Répartition du résultat : principes de distribution des bénéfices et constitution éventuelle de réserves statutaires pour renforcer la trésorerie.
Ces clauses forment la base du fonctionnement interne de votre SAS. Elles clarifient les rôles, la manière de décider, et la façon dont les résultats sont partagés. Bien rédigées, elles évitent les conflits et assurent la stabilité juridique de votre société.
Une fois les mentions obligatoires bien en place, je vous montre comment aller plus loin. Les statuts SAS offrent une vraie liberté : vous pouvez les adapter à votre projet en ajoutant des clauses “sur mesure” qui reflètent :
- votre organisation,
- vos valeurs,
- vos objectifs.
Clauses spécifiques et personnalisables dans les statuts SAS
Les statuts SAS se distinguent des autres formes juridiques par leur liberté. Vous décidez des règles, tant qu’elles respectent le Code de commerce. Cette souplesse est précieuse, mais elle demande de bien anticiper les besoins futurs de votre société.
Je vous présente les clauses les plus stratégiques, celles qui vous aident à piloter votre entreprise dans la durée.
Les clauses stratégiques : sécuriser la gouvernance et les associés
Ces clauses servent à protéger la société et à éviter les blocages entre associés. Elles fixent les conditions d’entrée, de sortie ou d’exclusion d’un membre.
Voici les principales à connaître :
- La clause d’agrément. Elle impose l’accord des associés avant qu’un actionnaire ne cède ses actions à un tiers. Cette clause évite qu’un inconnu entre au capital sans votre consentement.
- La clause de préemption. Elle donne la priorité aux associés existants pour racheter des actions mises en vente. Vous restez ainsi maîtres de la composition du capital.
- La clause d’exclusion. Elle permet d’écarter un associé dans des situations précises, par exemple s’il ne respecte pas ses engagements.
- La clause de non-concurrence. Elle interdit à un associé ou à un dirigeant de créer une entreprise concurrente pendant une durée déterminée.
- La clause de confidentialité. Elle empêche la divulgation d’informations sensibles sur la société.
Un exemple concret ? Imaginez trois associés qui créent une entreprise de conseil. Deux d’entre eux veulent accueillir un investisseur externe, mais le troisième s’y oppose. Grâce à la clause d’agrément, la décision se prend collectivement. Aucun associé ne peut imposer son choix seul.
Ces clauses créent un cadre de confiance. Chacun sait quelles sont les règles du jeu et ce qu’il risque s’il ne les respecte pas. Pour aller plus loin dans la protection entre associés, pensez aussi à rédiger un pacte d’associés en SAS.
Les clauses d’adaptation : gérer la flexibilité au quotidien
Certaines clauses ne servent pas à se protéger, mais à adapter la société à son évolution. Elles concernent :
- la répartition des bénéfices ;
- les droits de vote ;
- les décisions collectives.
Voici quelques exemples concrets :
- Les droits de vote différenciés. Vous pouvez créer plusieurs catégories d’actions : certaines avec droit de vote double, d’autres sans droit de vote. Cela permet de récompenser les associés les plus impliqués ou d’attirer des investisseurs sans leur donner le contrôle.
- La répartition des bénéfices. Vous pouvez prévoir des règles particulières, par exemple via des catégories d’actions donnant droit à un dividende prioritaire ou majoré. En revanche, vous ne pouvez pas priver totalement un associé de tout droit aux bénéfices : ce serait une clause léonine.
- La clause d’information. Elle garantit que chaque associé dispose régulièrement de documents financiers et juridiques. Cela renforce la transparence.
- La clause de consultation écrite. Elle autorise les décisions à distance, sans réunion, pour accélérer la prise de décision.
Prenons un cas pratique. Vous avez une SAS avec quatre associés. Deux gèrent l’opérationnel, deux financent le projet. Vous créez deux classes d’actions :
- les actions A (avec droit de vote double pour les dirigeants) ;
- les actions B (avec priorité sur les dividendes pour les investisseurs).
Ce système équilibre les intérêts et limite les tensions entre associés.
Ces clauses d’adaptation sont souvent utiles, surtout si votre SAS doit évoluer (arrivée d’associés, levée de fonds, croissance). Elles apportent de la souplesse sans devoir réécrire les statuts à chaque changement.
Bien choisies, ces clauses personnalisées font la différence entre une SAS stable et une société fragile. Elles vous permettent d’évoluer sans perdre le contrôle ni la cohérence juridique.
Vous avez découvert ce que doivent contenir vos statuts. Vous vous demandez sans doute si la SAS est vraiment la bonne forme juridique pour votre projet. C’est une question essentielle, car chaque statut a ses avantages et ses contraintes. Je vous fais le bilan : les points forts et les limites de la SAS, pour que vous puissiez faire un choix éclairé.
Avantages et inconvénients du statut juridique SAS
La SAS attire de plus en plus de créateurs. Elle combine flexibilité, sécurité et modernité. Mais comme toute structure, elle a aussi ses inconvénients. L’objectif ici est de vous donner une vision réaliste, pas un discours de vente.
Les avantages de la SAS
Le premier atout de la SAS, c’est sa liberté. Vous pouvez organiser la société selon vos besoins, sans cadre rigide. Cette souplesse en fait une forme très appréciée des entrepreneurs, surtout pour les projets qui évoluent vite.
Voici les principaux avantages.
- Une liberté statutaire quasi totaleVous rédigez vos propres règles : modalités de décision, pouvoirs du président, distribution des bénéfices. Rien n’est imposé par la loi, sauf quelques points essentiels (président obligatoire, immatriculation, capital minimum).Exemple : vous pouvez prévoir que certaines décisions collectives se prennent à 70 % des voix, plutôt qu’à l’unanimité, si la loi ne l’impose pas et si vos statuts le prévoient.
- Une responsabilité limitée aux apportsChaque associé ne risque que la somme qu’il a investie. Si votre société rencontre des difficultés, votre patrimoine personnel est protégé.
- Un régime social protecteur pour le dirigeantLe président de SAS est affilié au régime général de la Sécurité sociale. Il bénéficie d’une couverture similaire à celle d’un salarié (assurance maladie, retraite, congés maternité ou paternité).Ce statut s’appelle celui des “assimilés salariés”. Il coûte un peu plus cher en cotisations, mais la protection est meilleure.
- Une image moderne et crédibleLa SAS inspire confiance auprès des investisseurs et des partenaires. C’est la forme juridique la plus utilisée pour les start-ups ou les levées de fonds.
- Une facilité pour accueillir de nouveaux associésVous pouvez émettre de nouvelles actions, créer des catégories différentes et faire entrer un investisseur sans devoir tout modifier.
Exemple concret : Un entrepreneur souhaite lever 200 000 euros pour développer son application. En SAS, il peut facilement créer de nouvelles actions pour accueillir un investisseur, sans devoir changer complètement la structure de l’entreprise.
Les inconvénients de la SAS
La SAS a beau être souple, elle demande de la rigueur. Ses points faibles tiennent surtout à sa complexité et à son coût.
Voici les principaux inconvénients à connaître.
- Une rédaction des statuts complexe
La liberté statutaire, c’est bien, mais elle implique de tout penser dès le départ. Il faut définir les pouvoirs, les votes, les clauses de sortie… Un oubli ou une ambiguïté peut créer des blocages.C’est pourquoi beaucoup de créateurs se font accompagner par un professionnel du droit ou un expert-comptable.
- Des charges sociales plus élevées pour le président
Le président étant assimilé salarié, les cotisations sociales sont plus importantes que pour un gérant de SARL (Société à Responsabilité Limitée). En contrepartie, la couverture est meilleure. Pour aller plus loin, découvrez comment est gérée la fiscalité d’une SAS.
- Des frais de création à prévoir
Comme pour la plupart des sociétés (SARL, EURL…), vous devez prévoir des frais : publication de l’annonce légale, immatriculation, etc. Le total se chiffre souvent en centaines d’euros. Anticipez-les dès le budget de départ.
- Une forme parfois trop lourde pour les petits projets
Pour une activité artisanale, libérale ou familiale, la SAS peut s’avérer disproportionnée. Une micro-entreprise ou une SARL de famille sera souvent plus simple et moins coûteuse à gérer.
- Pas de statut de conjoint collaborateur
Si vous travaillez avec votre conjoint, il ne peut pas bénéficier du statut protecteur réservé aux SARL. Il devra être salarié ou associé.
En résumé, la SAS offre :
- une grande liberté ;
- une protection solide ;
- une image crédible.
En revanche, elle demande du temps, de la réflexion et un peu plus de budget pour être bien structurée.
Si vous avez un projet évolutif, avec des associés ou des ambitions de croissance, la SAS reste un excellent choix. Dans le cas contraire, une forme plus simple peut suffire.
Pour mieux comparer les points forts et les limites de la SAS, voici un tableau synthétique qui reprend les éléments essentiels de manière claire et lisible.
| Avantages | Liberté statutaire | Organisation souple : gouvernance, pouvoirs, décisions, répartition des bénéfices. |
|---|---|---|
| Avantages | Responsabilité limitée | En principe, les associés ne risquent que leurs apports. Le dirigeant peut toutefois voir sa responsabilité engagée en cas de faute de gestion. |
| Avantages | Protection sociale du président | Statut assimilé salarié avec une couverture sociale complète. |
| Avantages | Image moderne et crédible | Forme appréciée des partenaires, start-ups et investisseurs. |
| Avantages | Accueil des associés facilité | Ajout simple de nouvelles actions ou catégories d’actions. |
| Limites | Statuts complexes | Rédaction exigeante ; accompagnement pro souvent utile. |
| Limites | Charges sociales plus élevées | Cotisations du président supérieures à celles d’un gérant de SARL. |
| Limites | Coûts de création | Publication légale + immatriculation = frais à prévoir. |
| Limites | Structure lourde | Peu adaptée aux petits projets ou activités très simples. |
| Limites | Pas de statut pour le conjoint | Le conjoint doit être salarié ou associé. |
Je vous ai présenté les points forts et les limites de la SAS. Je vous explique maintenant comment elle fonctionne au quotidien : qui décide, comment les rôles s’articulent et comment éviter les déséquilibres.
Fonctionnement et organisation interne d’une SAS
La Société par Actions Simplifiée (SAS) séduit par la liberté qu’elle vous offre. Mais cette liberté doit être organisée. Rédiger des statuts ne suffit pas : vous devez aussi savoir comment appliquer les règles au quotidien. La loi fixe un cadre minimal, et tout le reste dépend de vos choix.
Le rôle du président et des organes de direction
Le président est la seule fonction obligatoire dans une SAS. C’est lui qui représente la société et prend les décisions courantes. En clair, c’est la “voix” de la SAS auprès des clients, des fournisseurs et de l’administration.
Le président signe les contrats, ouvre les comptes bancaires, et engage la société juridiquement. Il peut être une personne physique (vous, par exemple) ou une personne morale (une autre société).
Vous pouvez aussi désigner d’autres dirigeants si votre activité le justifie :
- un directeur général (DG), qui assiste le président et peut agir en son nom ;
- un directeur général délégué, si vous souhaitez répartir les tâches ;
- un comité de direction, pour encadrer les grandes orientations.
Cette organisation permet de clarifier les responsabilités et d’éviter les chevauchements de rôle.
Exemple concret. Dans une SAS à trois associés, le président gère les clients et la stratégie. Le directeur général s’occupe du management. Le directeur général délégué supervise la finance. Chacun a un champ d’action défini, et tout le monde sait qui décide quoi.
Le président reste néanmoins responsable devant les associés. Si ses décisions dépassent le cadre prévu par les statuts, il peut être révoqué ou mis en cause. D’où l’intérêt de rédiger des clauses précises sur ses pouvoirs.
Le processus de décision collective et la répartition des pouvoirs
Dans une SAS, les décisions importantes se prennent collectivement. Mais la loi ne vous impose pas de modèle rigide. Vous êtes libre de fixer les règles dans vos statuts.
Les décisions collectives concernent souvent :
- la modification des statuts (changement d’objet social, transfert de siège, etc.) ;
- l’augmentation ou la réduction du capital ;
- la nomination ou la révocation du président ;
- la distribution des bénéfices.
Vous pouvez décider que ces décisions se prennent en assemblée générale, par consultation écrite (un vote des associés sans réunion, réalisé par circulation d’un document), ou même par visioconférence. L’important est de le préciser dans vos statuts pour que les votes soient valables.
Deux notions sont essentielles ici :
- Le quorum. C’est le nombre minimal d’actions représentées pour que le vote soit valable.
- La majorité. C’est la proportion de voix requise pour adopter une décision (simple, renforcée ou à l’unanimité).
Cette liberté d’organisation permet de s’adapter à chaque structure. Par exemple, une petite SAS familiale peut décider que toutes les décisions se prennent à l’unanimité, alors qu’une start-up avec plusieurs investisseurs préférera une majorité à 70 %.
Cette flexibilité renforce la cohésion. Chacun connaît les règles, ce qui évite les tensions.
En résumé, le fonctionnement interne d’une SAS repose sur la clarté des rôles et la transparence des décisions. Le président assure la gestion quotidienne, tandis que les associés gardent le contrôle sur les grandes orientations.
Vous avez découvert comment fonctionne une SAS au quotidien. Je vous propose qu’on entre dans le concret : la rédaction et l’enregistrement des statuts, l’étape où tout devient officiel.
Étapes pour rédiger et enregistrer les statuts SAS

Créer une SAS, ce n’est pas seulement remplir un formulaire. C’est une série d’étapes logiques qui mènent à la naissance juridique de votre entreprise. En suivant ces étapes dans le bon ordre, vous évitez les oublis et les retards d’immatriculation.
La préparation du projet : associer, évaluer, structurer
Avant même d’écrire le premier mot des statuts, vous devez poser les bases de votre projet. C’est ici que vous définissez les grands choix stratégiques de votre société.
Voici les points clés que je vous conseille de préparer avant de rédiger vos statuts :
- Choisissez vos associés. Chacun doit savoir quel rôle il joue et quel montant il apporte au capital. Prenez le temps d’en parler ensemble pour éviter toute ambiguïté par la suite.
- Déterminez votre capital social. Vous décidez du montant, de la part de chacun et de la nature des apports (argent ou bien). Le capital social, c’est en quelque sorte le “carburant” de départ de votre société.
- Définissez votre objet social. Il décrit l’activité principale que vous allez exercer. Je vous recommande de le rédiger assez large pour ne pas devoir modifier vos statuts à chaque évolution.
- Choisissez votre siège social. C’est l’adresse administrative et fiscale de la société. Vous pouvez utiliser un local professionnel, votre domicile ou passer par une société de domiciliation.
- Nommez le président. C’est la seule fonction obligatoire dans une SAS. Vous pouvez vous désigner vous-même ou confier ce rôle à une autre personne de confiance.
Exemple concret : vous créez une SAS avec un ami. Vous apportez chacun 5 000 euros. Vous décidez que l’objet social sera “le conseil en communication et marketing digital”. Votre siège social sera à Lyon, et vous vous nommez président. Ces informations figureront dans vos statuts.
Préparer cette phase avec soin, c’est gagner du temps lors du dépôt du dossier.
La rédaction, signature et dépôt des statuts au greffe
Une fois les décisions prises, vous pouvez passer à la rédaction. Vous pouvez rédiger les statuts vous-même, à partir d’un modèle, ou vous faire accompagner par un expert-comptable ou un avocat. L’important, c’est que chaque clause soit adaptée à votre situation.
Voici comment se déroule cette étape :
- Rédiger les statuts.Vous reprenez toutes les mentions obligatoires et les clauses spécifiques. Vous vérifiez que les règles de gouvernance, de capital et de décision sont claires.Il existe des modèles gratuits en ligne, mais ils ne couvrent pas toujours les besoins réels de votre entreprise.
- Signer les statuts.Tous les associés doivent signer les statuts, en autant d’exemplaires qu’il y a d’associés, plus un pour le greffe. Cette signature marque officiellement la création de votre société.
- Publier un avis dans un journal d’annonces légales.Cette publication informe le public de la création de votre SAS. L’avis doit mentionner les principales caractéristiques de la société (nom, capital, siège, président, durée, objet social). Le journal d’annonces légales est un journal habilité où l’on publie les informations obligatoires sur la création ou la modification d’une société.
- Déposer le dossier d’immatriculation.Vous déposez le dossier complet sur le site du guichet unique des entreprises (remplaçant du CFE – Centre de Formalités des Entreprises). Le dossier comprend :
- un exemplaire signé des statuts,
- le formulaire de création (formulaire M0),
- l’attestation de publication dans un journal d’annonces légales,
- une copie de la pièce d’identité du président,
- la déclaration de non-condamnation,
- le justificatif du siège social.
- Obtenir le Kbis.
L’extrait Kbis est la carte d’identité officielle de votre société. Il confirme son existence légale et regroupe toutes ses informations clés : numéro SIREN, adresse du siège social, identité du président et activité exercée.Une fois votre dossier validé, le greffe vous délivre cet extrait. À partir de ce moment, votre SAS est juridiquement créée.
Petite précision utile : vous pouvez opter pour un capital social variable. Cela signifie que vous fixez une limite minimale et maximale dans les statuts. Vous évitez ainsi de devoir modifier les statuts à chaque entrée d’investisseur.
En pratique, de nombreux créateurs choisissent d’être accompagnés à cette étape. Cela permet d’éviter les erreurs de formulation et de gagner du temps sur les démarches.
Créer une SAS demande de la préparation, mais le processus est clair une fois qu’on le décompose. Vous savez maintenant comment passer de l’idée à la société enregistrée.
Vous avez franchi toutes les étapes : vous savez ce que les statuts doivent contenir, comment les rédiger et les enregistrer. Il vous reste à passer à l’action. Pour cela, les modèles de statuts peuvent vous faire gagner un temps précieux, à condition de les choisir correctement.
Modèles et exemples de statuts SAS : utiles pour comprendre, risqués pour signer
Un modèle de statuts peut aider à visualiser la structure d’une SAS. Mais c’est rarement une bonne idée de le signer tel quel. Chaque projet a ses particularités : associés, répartition du pouvoir, règles de vote, entrée d’investisseurs, clauses de sortie… Un modèle générique ne peut pas anticiper tout ça.
Considérez donc les exemples comme un support de lecture, pas comme une solution prête à l’emploi. Pour des statuts solides, mieux vaut partir d’une trame adaptée à votre situation, puis faire relire les clauses sensibles (gouvernance, cession d’actions, exclusion, actions de préférence).
Modèle de statuts SAS : utile pour se repérer, pas pour signer
Vous pouvez trouver facilement des modèles de statuts de SAS en ligne, souvent au format Word. Ils donnent une idée de la structure d’un document (dénomination, objet, siège, direction, décisions collectives…).
Mais attention : en SAS, la liberté statutaire fait que les “modèles standards” sont rarement adaptés. Un modèle générique ne tient pas compte de votre organisation, de vos associés, ni des clauses sensibles (cession d’actions, entrée d’investisseurs, pouvoirs du président, sorties). C’est précisément là que se jouent les risques :
- blocage entre associés,
- clauses inefficaces,
- voire dossier d’immatriculation à corriger.
Si votre objectif est d’avoir des statuts solides, la bonne approche est de partir d’une base cadrée, puis de faire sécuriser les points clés avant signature. Chez Dougs, on accompagne les créateurs d’entreprise sur la rédaction et la sécurisation des statuts, avec une prestation adaptée à votre situation.
Le modèle Dougs : un accompagnement sécurisé et complet
Pour aller plus loin, vous pouvez vous faire accompagner par Dougs pour rédiger vos statuts de SAS. L’idée est simple : partir d’une base solide, puis l’adapter à votre situation (associés, gouvernance, clauses de cession, entrée d’investisseurs, etc.).
L’avantage ? Vous ne restez pas seul face à un document juridique. Nos équipes sécurisent les mentions obligatoires, attirent votre attention sur les clauses sensibles, puis vous aident à finaliser un texte cohérent et conforme.
Concrètement, vous gagnez du temps. Vous évitez les oublis qui bloquent une immatriculation. Vous réduisez aussi les risques de tensions entre associés plus tard, parce que les règles du jeu sont claires dès le départ.
Vous avez maintenant la structure et les points clés à vérifier. Avant de signer, voici les erreurs les plus fréquentes à éviter.
Conseils pratiques et erreurs à éviter
Rédiger les statuts d’une SAS, c’est un peu comme tracer la carte de votre entreprise avant de prendre la route. Mieux vaut vérifier le chemin avant de démarrer. Voici ce que je vous conseille de faire, et surtout de ne pas faire.
Être clair dès le départ sur la répartition du pouvoir
Beaucoup d’associés se mettent d’accord verbalement au début, mais ne traduisent pas cet accord dans les statuts. Résultat : les incompréhensions apparaissent au premier désaccord.
Prenez le temps de discuter franchement avec vos associés sur les points essentiels :
- qui prend les décisions importantes ?
- quelles décisions nécessitent un vote collectif ?
- que se passe-t-il si quelqu’un veut quitter la société ?
Une fois tout cela clarifié, inscrivez-le noir sur blanc dans les statuts. Ce que vous écrivez aujourd’hui vous protège demain.
Ne pas négliger les clauses de sortie ou de transmission
C’est une erreur très fréquente : au départ, tout le monde s’entend bien, donc personne ne pense à la sortie. Pourtant, c’est souvent là que les problèmes commencent.
Je vous conseille d’intégrer dès le départ :
- une clause d’agrément, pour contrôler les nouveaux entrants ;
- une clause de préemption, pour donner la priorité aux associés existants ;
- une clause d’exclusion, pour encadrer les situations de blocage.
Ces clauses évitent qu’un investisseur ou un inconnu n’entre au capital sans votre accord. Elles sont simples à insérer et évitent bien des conflits.
Vérifier chaque détail avant la signature
Avant de signer vos statuts, relisez-les plusieurs fois. Un chiffre mal noté, un mot manquant ou une clause contradictoire peuvent tout bloquer au moment de l’enregistrement.
Voici comment je vous conseille de procéder :
- Relisez le document à tête reposée.
- Faites-le lire à une personne extérieure, pour avoir un regard neuf.
- Vérifiez les points clés : capital, répartition des actions, durée, pouvoirs du président.
Si vous avez un doute, demandez l’avis d’un expert-comptable ou d’un juriste. Cela prend quelques heures, mais ça peut vous éviter de devoir refaire toutes les formalités plus tard.
Anticiper les évolutions de votre société
Votre SAS va évoluer : embauches, nouveaux clients, changement d’activité, levée de fonds… Les statuts doivent pouvoir suivre ces changements sans tout refaire à chaque fois.
Je vous suggère d’opter pour un capital social variable. Cela permet d’augmenter le capital ou de le réduire, sans passer par une modification complète des statuts.Et si vous pensez accueillir des investisseurs, prévoyez dès le départ des catégories d’actions (avec ou sans droit de vote, par exemple).
Ces ajustements simples rendent votre société plus souple, sans perte de contrôle.
Se faire accompagner au bon moment
C’est une bonne chose d’être autonome, mais certaines étapes méritent un accompagnement.
Un expert-comptable ou un juriste spécialisé peut vous aider à :
- sécuriser la rédaction des clauses,
- adapter le modèle à votre situation,
- gérer la partie administrative (publication, dépôt au greffe).
Chez Dougs, nous accompagnons de nombreux créateurs de SAS dans cette phase. Vous conservez la maîtrise de votre projet, mais avec l’assurance que tout est juridiquement solide.
Rédiger des statuts SAS n’est pas compliqué si vous savez où vous allez. Le secret, c’est d’être rigoureux, de bien vous entourer et de tout formaliser. Une fois ces points réglés, votre création d’entreprise devient beaucoup plus fluide.
Je vous propose un récapitulatif clair et opérationnel pour passer à l’action dès maintenant.
FAQ sur statuts SAS
Les statuts SAS sont-ils obligatoires pour créer la société ?
Peut-on rédiger soi-même les statuts d’une SAS ?
Quelle différence entre une SAS et une SASU ?
Peut-on modifier les statuts après création ?
Que risque-t-on si les statuts sont mal rédigés ?
Combien de temps prend la création d’une SAS ?
Les statuts SAS sont le socle de votre société. Ils définissent les règles de décision, les droits de chaque associé et la protection juridique de votre entreprise.Pour avancer concrètement :
- Définissez votre projet et vos associés.
- Rédigez les statuts avec toutes les mentions obligatoires.
- Vérifiez vos clauses clés (agrément, préemption, répartition du pouvoir).
- Signez, publiez l’avis légal et déposez votre dossier.
Restez vigilant sur la clarté des clauses et la conformité juridique. Si vous souhaitez être accompagné par un expert-comptable spécialisé dans la création de SAS, Dougs peut vous guider du modèle aux formalités.

David est Head of Legal chez Dougs. En français, cela signifie qu’il pilote le département juridique du cabinet, endosse la casquette de référent technique et garantit l’évolution du service.
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