Calcul de la CVAE : comprendre la cotisation des entreprises en 2026


Une erreur dans le calcul de la CVAE peut vous conduire à payer un montant incorrect ou à devoir régulariser votre déclaration. Entre valeur ajoutée taxable, seuils de chiffre d’affaires et taux applicables en 2026, mieux vaut savoir précisément quels éléments retenir.
Je suis Nahima Zobri, fiscaliste chez Dougs. Dans cet article, je vous explique comment déterminer si vous êtes concerné par la CVAE, calculer son montant et respecter vos obligations déclaratives.
À la fin de votre lecture, vous saurez calculer votre CVAE, appliquer le taux correspondant à votre situation et préparer vos déclarations fiscales. Pour votre clôture et vos télédéclarations, découvrez aussi notre service de bilan comptable en ligne.
La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) concerne les entreprises qui dépassent certains seuils de chiffre d’affaires.
- Dès 152 500 € de chiffre d’affaires HT, des obligations déclaratives s’appliquent.
- Au-delà de 500 000 €, l’entreprise peut être redevable de la CVAE.
- Le calcul de la CVAE repose sur la valeur ajoutée taxable et le taux correspondant au chiffre d’affaires, en tenant compte du plafonnement de la CET et de la taxe additionnelle.
- Au-delà de 1 500 € de CVAE due l’année précédente, des acomptes sont à prévoir.
Sa suppression est prévue à l’horizon 2030.
CVAE : définition simple et rôle dans la CET (CFE + CVAE)
Avant de parler de calcul, commençons par comprendre ce qu’est la CVAE et à quoi elle sert.
Si vous êtes comme beaucoup de dirigeants, vous en avez déjà entendu parler sans forcément savoir ce qu’elle mesure réellement.
CVAE : une définition claire pour comprendre ce que vous payez
La CVAE fait partie de la CET (Contribution Économique Territoriale).
Son principe est simple : elle taxe la valeur ajoutée créée par votre entreprise sur une année, pas votre bénéfice.
Pour comprendre la CVAE, retenez trois principes :
- La valeur ajoutée : c’est la richesse créée par votre activité (à partir du chiffre d’affaires, moins certaines charges) ;
- La période de référence : elle concerne votre exercice comptable (le plus souvent 12 mois). Cet article sur l'exercice comptable vous aidera à mieux comprendre cette notion ;
- Un impôt local : la CVAE est affectée aux collectivités, et non directement à l’État.
Pour vous donner une image simple : Vous ne payez pas la CVAE parce que vous gagnez de l’argent, mais parce que vous créez de la valeur.
Voici un exemple à l'appui :
Vous réalisez 1 000 000 € de chiffre d’affaires et votre valeur ajoutée s’élève à 400 000 €. C’est cette valeur ajoutée qui sert de base au calcul de la CVAE, pas votre bénéfice.
CVAE, CFE et CET : bien comprendre la logique d’ensemble
La CVAE forme, avec la CFE, ce qu’on appelle la Contribution Économique Territoriale (CET). La CET regroupe deux taxes distinctes :
- La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) ; Elle dépend de vos locaux professionnels (leur valeur locative).
- La CVAE (Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises) ; Elle dépend de la valeur ajoutée que vous produisez.
Pour des informations officielles et à jour sur la Contribution Économique Territoriale (CET), reportez-vous aux informations disponibles sur le site du gouvernement.
Êtes-vous concerné par la CVAE ? Les seuils à connaître avant de calculer
Avant même de sortir une formule, posez-vous la question : êtes-vous réellement concerné par la CVAE, et à quel niveau ?
Les seuils d’assujettissement : déclarer n’est pas payer
Deux seuils déterminent vos obligations en matière de CVAE :
- À partir de 152 500 € de chiffre d’affaires HT : vous êtes dans le champ de la CVAE. Vous avez une obligation de déposer la déclaration de valeur ajoutée, même si vous ne payez pas de CVAE ;
- Au-delà de 500 000 € de chiffre d’affaires HT : vous êtes redevable de la CVAE (donc calcul + paiement).
Remarque :
La déclaration doit être effectuée par voie dématérialisée ; le dépôt du formulaire au format papier est sanctionné.
Pour mieux comprendre, voici un exemple :
Vous réalisez 300 000 € de chiffre d’affaires. Dans ce cas, vous devez déposer la déclaration pour la CVAE, mais vous ne payez aucune CVAE.


Quelles entreprises sont concernées par la CVAE ?
La CVAE ne dépend ni de votre forme juridique, ni de votre régime fiscal. Autrement dit, être en SARL, en SAS ou en entreprise individuelle ne change rien à ce stade.
Vous êtes concerné par la CVAE si :
- vous exercez une activité professionnelle non salariée en France ;
- votre activité est imposable à la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) ;
- vous réalisez plus de 152 500 € de chiffre d’affaires hors taxes.
Je vous mets à disposition une présentation complète de la CFE dans cet article.
En ce qui concerne l’assujettissement à la CVAE, il suit la même logique que celle de la CFE. Si votre activité est imposable à la CFE, vous êtes en principe dans le champ de la CVAE.
Dans les faits, cela concerne :
- les SARL, SAS, SASU et EURL ;
- les entreprises individuelles ;
- les professions libérales ;
- certaines associations, dès lors qu’elles exercent une activité économique.
Remarque : certaines exonérations existent, parfois liées à la localisation ou à des décisions locales : mieux vaut vérifier si vous êtes dans un dispositif particulier.
Comment calculer la CVAE : la méthode étape par étape
Le calcul de la CVAE suit deux étapes : déterminer la valeur ajoutée taxable, puis appliquer le taux correspondant au chiffre d’affaires.
Étape 1 – Déterminer la valeur ajoutée taxable
La CVAE ne se calcule pas sur votre chiffre d’affaires, mais sur la valeur ajoutée fiscale. La valeur ajoutée est la richesse réellement créée par votre entreprise sur l’exercice.
Elle se calcule à partir de votre comptabilité, via la liasse fiscale, c’est-à-dire l’ensemble des documents comptables et fiscaux transmis à l’administration avec la déclaration de résultat.
Pour la CVAE, les informations nécessaires figurent dans les tableaux "E", consacrés à la détermination de la valeur ajoutée et des effectifs. Selon le régime fiscal de l’entreprise, il peut s’agir par exemple du formulaire 2059-E, utilisé pour déclarer la valeur ajoutée produite au cours de l’exercice.
Schématiquement, la valeur ajoutée correspond à :
Valeur ajoutée = Chiffre d’affaires − achats consommés − charges externes
Elle comprend notamment le chiffre d’affaires ainsi que la production stockée ou immobilisée. Certaines charges sont exclues selon les règles fiscales applicables.
Voici un exemple simplifié :
Chiffre d’affaires : 1 000 000 €Charges déductibles retenues pour la CVAE : 600 000 €Valeur ajoutée taxable : 400 000 €
Le plafonnement de la valeur ajoutée
La valeur ajoutée retenue pour la CVAE est plafonnée selon l’article 1586 sexies du CGI :
- 80 % lorsque le chiffre d’affaires est inférieur ou égal à 7,6 millions d’euros ;
- 85 % au-delà de ce seuil.
Ce mécanisme évite qu’une valeur ajoutée trop élevée par rapport au chiffre d’affaires ne gonfle artificiellement la base taxable.
Étape 2 – Appliquer le taux, intégrer la taxe additionnelle et vérifier le plafonnement CET
Une fois la valeur ajoutée déterminée, vous pouvez passer au calcul de la cotisation elle-même.
En clair :
- Le taux de CVAE dépend de votre chiffre d’affaires (barème progressif) ;
- Ce taux varie selon l’année.
Les taux applicables à la CVAE sont précisés sur le site officiel de l’administration.
À cela s’ajoutent deux mécanismes importants à connaître :
- le plafonnement de la CET :
la CET (CFE + CVAE) peut être plafonnée en pourcentage de la valeur ajoutée ;
- la taxe additionnelle à la CVAE :
Elle est destinée au financement des ressources des chambres de commerce et d’industrie (CCI) et s’ajoute au montant de CVAE calculé.
Les informations détaillées sur le plafonnement de la CET sont également disponibles sur le site du gouvernement.
Tableau récapitulatif des éléments du calcul de la CVAE
Élément | À quoi ça sert | À surveiller |
|---|---|---|
Valeur ajoutée taxable | Base du calcul | Tableaux E de la liasse (ex. 2059-E) |
Chiffre d’affaires HT | Sert à déterminer le taux | Effets de seuil (152 500 / 500 000) |
Taux / barème CVAE | Calcule la cotisation | Dépend de l’année + du CA |
Plafonnement CET/VA | Limite CFE+CVAE | Utile si la charge est élevée |
Taxe additionnelle | S’ajoute au final | À intégrer dans le montant total |
Exemple simplifié de calcul de la CVAE (méthode pas à pas)
Pour bien comprendre comment tout s’enchaîne, rien ne vaut un exemple complet, du chiffre d’affaires jusqu’au montant final à payer.
Cet exemple a pour objectif d’illustrer la méthode de calcul de la CVAE. Les taux et montants utilisés correspondent à une année donnée et peuvent évoluer.
Pour un calcul exact, les taux varient selon l’année : vérifiez toujours ceux applicables.
Données de l’entreprise au départ
- Chiffre d’affaires : 1 000 000 €
- Valeur ajoutée : 400 000 €
Phase 1 : Vérification du plafonnement de la valeur ajoutée taxable
La valeur ajoutée est plafonnée à 80 % du chiffre d’affaires.Ici : 1 000 000 € × 80 % = 800 000 €La valeur ajoutée retenue est bien 400 000 €. Elle est inférieure au plafond et elle est donc entièrement prise en compte.
Phase 2 : Détermination du taux applicable
Le taux de la CVAE dépend du chiffre d’affaires, selon un barème progressif fixé par l’administration.
Il est calculé à l’aide d’une formule par tranche, publiée par l’administration (BOFiP).
Retrouvez le barème sur le site du BOFiP (Bulletin Officiel des Finances Publiques).
Phase 3 : Calcul de la CVAE brute
La CVAE brute est obtenue en appliquant le taux à la valeur ajoutée :
CVAE brute = Valeur ajoutée × taux applicable
Phase 4 : Ajout des composantes complémentaires
Au montant obtenu peuvent s’ajouter :
- la taxe additionnelle à la CVAE (financement des CCI) ;
- le cas échéant, une contribution complémentaire, selon l’année d’imposition.
Montant final
CVAE totale = CVAE brute + taxes additionnelles éventuelles
Remarque :
Cette méthode reste identique chaque année. Seuls les taux et les pourcentages évoluent selon la réforme en cours.


CVAE 2026 : ce qui change vraiment (réforme, calendrier et taux)
Pour éviter toute confusion, faisons le point clairement sur ce qui change en 2026, et sur ce que vous devez réellement vérifier pour votre entreprise.
Calendrier officiel : où en est la suppression de la CVAE ?
Depuis 2023, la CVAE est engagée dans une baisse progressive des taux.
Dans le cadre de la réforme, sa suppression est prévue à l’horizon 2030, sous réserve d’une nouvelle évolution du calendrier.
Pour les taux applicables, la doctrine administrative du BOFiP prévoit :
- en 2026 et 2027, un taux maximal maintenu à 0,28 % ;
- 0,19 % pour les impositions dues au titre de 2028 ;
- 0,09 % pour 2029 ;
- une suppression annoncée à l’horizon 2030.


En pratique :
- en dessous de 500 000 €, il n’y a pas de CVAE à payer ;
- le taux maximal ne s’applique qu’aux entreprises situées dans la tranche supérieure du barème de chiffre d’affaires ;
- le barème reste progressif et dépend du chiffre d’affaires de l’entreprise.
Contribution complémentaire à la CVAE : ce que ça change pour vous en 2026
Une contribution complémentaire à la CVAE a été introduite dans le cadre de la réforme, publiée sur le site BOFiP.
Créée uniquement pour l’année 2025, cette contribution exceptionnelle visait à compenser la baisse accélérée des recettes de CVAE résultant du calendrier initial de suppression de cet impôt.
- Elle ne remplace pas la CVAE, elle s’y ajoute temporairement ;
- Elle s’applique aux entreprises redevables de la CVAE ;
- Son montant était fixé à 47,4 % de la CVAE due au titre de 2025
Attention :
À ce jour, cette contribution n’est pas reconduite en 2026. La CVAE sera simplement liquidée selon le barème en vigueur, sans majoration exceptionnelle.
Source : BOFiP
En résumé, la CVAE 2026 n’est pas supprimée, mais elle est en phase d’atterrissage progressif.
Pour éviter toute erreur, il est indispensable de bien comprendre les règles de l’année concernée, avant de passer à la déclaration et au paiement.
Déclaration et paiement de la CVAE : quoi déposer et quand
Une fois la CVAE calculée, il reste une étape importante : la déclaration et le paiement.
Voici tout ce qu’il faut faire, au bon moment, et les pièges à éviter.
Déclaration 1330-CVAE-SD : qui doit la déposer et quelles informations fournir
Elle permet de transmettre à l’administration la valeur ajoutée produite par votre entreprise, même si vous ne payez pas de CVAE.
Qui est concerné ?
Vous devez déposer cette déclaration si votre entreprise réalise plus de 152 500 € de chiffre d’affaires hors taxes, que vous soyez ou non redevable de la CVAE.
Quand la déposer ?
La déclaration 1330-CVAE-SD doit être déposée :
- au plus tard le 2ᵉ jour ouvré suivant le 1ᵉʳ mai de l’année qui suit celle de l’imposition ;
- exclusivement par voie dématérialisée, selon les modalités applicables à votre entreprise
Par exemple, pour une déclaration CVAE 2026 portant sur les chiffres de 2025, la date limite tombe généralement dans les premiers jours de mai, le 2ᵉ jour ouvré suivant le 1ᵉʳ mai. Un délai supplémentaire peut être accordé aux entreprises qui télédéclarent.
Quelles informations doivent être déclarées ?
Cette déclaration permet à l’administration de déterminer la base de calcul de la CVAE. Vous devez renseigner :
- la valeur ajoutée (VA) produite par votre entreprise ;
- le chiffre d’affaires de référence ;
- les effectifs de vos salariés, ventilés par établissement ;
- la liste et la localisation de vos établissements, afin de répartir correctement la CVAE entre les collectivités territoriales.
Acompte CVAE (1329-AC-SD) et liquidation / régularisation (1329-DEF) : échéances et téléprocédures
Le paiement de la CVAE s’effectue en une ou deux étapes selon le montant dû au titre de l’année précédente.
Si votre CVAE N-1 est inférieure ou égale à 1 500 €, aucun acompte n’est exigé. Vous réglez la totalité au printemps de l’année suivante lors du dépôt du relevé de solde 1329-DEF.
Si votre CVAE N-1 dépasse 1 500 €, vous devez verser des acomptes provisionnels, puis régulariser le montant définitif.
Le formulaire 1329-AC-SD sert à payer les acomptes. Deux versements sont généralement prévus, avant le 15 juin et le 15 septembre.
Le formulaire 1329-DEF sert à déterminer le montant définitif de CVAE après prise en compte des acomptes. Vous devez le déposer au plus tard le 2ᵉ jour ouvré suivant le 1er mai de l’année suivante.
Il permet de :
- déterminer le montant définitif de CVAE ;
- intégrer les taux applicables, la taxe additionnelle et, le cas échéant, la contribution complémentaire ;
- déduire les acomptes déjà versés ;
Voici un tableau récapitulatif du mécanisme de paiement de la CVAE
Chiffre d’affaires HT | Obligation déclarative | Obligation de paiement | Étape / moment | Montant à payer | Formulaire | Rôle |
|---|---|---|---|---|---|---|
CA ≤ 152 500 € | Aucune | Aucune | — | — | — | Aucune obligation CVAE |
152 500 € < CA ≤ 500 000 € | Oui | Non | Déclaration annuelle (mai N+1) | 0 € | 1330-CVAE-SD | Déclarer la valeur ajoutée (obligation déclarative seule) |
CA > 500 000 € | Oui | Oui | Déclaration annuelle (mai N+1) | — | 1330-CVAE-SD | Déclarer la valeur ajoutée (base de calcul CVAE) |
CA > 500 000 € et CVAE N-1 ≤ 1 500 € | Oui | Paiement en 1 fois | Solde unique (mai N+1) | 100 % de la CVAE due | 1329-DEF | Liquider et payer la CVAE en une seule fois |
CA > 500 000 € et CVAE N-1 > 1 500 € | Oui | Paiement en 2 étapes | Acompte n°1 (avant le 15 juin N) | 50 % de la CVAE N-1 | 1329-AC-SD | Payer un acompte provisionnel |
CA > 500 000 € et CVAE N-1 >1 500 € | Oui | Paiement en 2 étapes | Acompte n°2 (avant le 15 septembre N) | 50 % de la CVAE N-1 | 1329-AC-SD | Payer un acompte provisionnel |
CA > 500 000 € et CVAE N-1 >1 500 € | Oui | Paiement en 2 étapes | Solde / régularisation (mai N+1) | CVAE définitive − acomptes versés | 1329-DEF | Liquider et régulariser (payer le solde ou constater un trop-versé) |
Toujours dans le même contexte, comment est traité un éventuel trop-versé de CVAE ?
Traitement fiscal en cas de trop-versé de CVAE
Un trop-versé signifie que vous avez payé plus de CVAE que le montant réellement dû, par exemple lorsque les acomptes versés étaient trop élevés. Deux situations peuvent se présenter.
Cas 1 : remboursement par l’administration fiscale
Si le trop-versé est constaté lors de la liquidation, l’administration peut rembourser la somme sur le compte bancaire de l’entreprise. Le remboursement intervient après traitement de la demande par l’administration.
Cas 2 : imputation sur d’autres impôts
Le trop-versé peut être imputé sur d’autres impôts professionnels à payer ou constituer une créance fiscale utilisable ultérieurement. Il vient alors réduire le montant d’un prochain paiement.
Quelles erreurs éviter dans le calcul de la CVAE ?
Une erreur dans le calcul de la valeur ajoutée, le traitement de certaines opérations ou la déclaration peut modifier le montant de CVAE dû et entraîner une régularisation. Voici les principaux points à vérifier.
Les erreurs liées à la valeur ajoutée taxable
La valeur ajoutée CVAE ne se confond ni avec le chiffre d’affaires ni avec le bénéfice. Plusieurs erreurs peuvent survenir lors de sa détermination :
Erreur 1 : inclure des produits qui ne relèvent pas de l’activité courante, comme :
- des produits financiers (intérêts bancaires, placements) ;
- des produits exceptionnels (vente ponctuelle d’un véhicule, indemnité exceptionnelle).
Erreur 2 : déduire des charges non imputables à la CVAEToutes les charges déductibles du résultat comptable ne peuvent pas être déduites pour déterminer la valeur ajoutée fiscale. C’est le cas, par exemple :
- des charges financières ;
- des charges exceptionnelles.
En effet, la valeur ajoutée CVAE ne se calcule pas comme un bénéfice. Tout ce qui réduit votre bénéfice ne réduit pas forcément votre CVAE.
Erreur 3 : mal traiter les loyers et redevancesLe traitement des loyers, redevances et locations varie selon la nature de l’opération. Une mauvaise qualification peut modifier la valeur ajoutée retenue pour la CVAE.
Par exemple, une attention particulière doit être portée :
- à la location de locaux ;
- au crédit-bail ;
- aux redevances versées pour l’utilisation d’un bien.
Erreur 4 : oublier les règles spécifiques aux entreprises multi-établissementsLorsqu’une entreprise possède plusieurs établissements (agences, magasins, sites), les données nécessaires à la CVAE doivent être correctement réparties entre les collectivités en fonction des établissements et des effectifs.
Les erreurs pouvant entraîner un redressement
D’autres erreurs peuvent exposer l’entreprise à un redressement fiscal :
Erreur 1 : la double inclusion de certains flux La double inclusion consiste à intégrer deux fois un même flux économique dans le calcul de la valeur ajoutée taxable, ce qui gonfle artificiellement la valeur ajoutée. Une double inclusion entraîne mécaniquement une surtaxation.
Erreur 2 : le mauvais traitement des conventions de location-gérance
Les conventions de location-gérance constituent un point de vigilance en matière de CVAE. En principe, le locataire-gérant, qui exploite l’activité, porte la valeur ajoutée correspondante, tandis que le loueur perçoit des redevances. Une mauvaise ventilation entre valeur ajoutée et redevances peut entraîner une double imposition et exposer l’entreprise à un redressement.
Les erreurs déclaratives et les contentieux liés à la CVAE
Même avec un calcul correct, des erreurs peuvent apparaître au moment de la déclaration ou après paiement :
- une erreur sur le chiffre d’affaires de référence, entraînant un effet de seuil ;
- une déclaration de valeur ajoutée incomplète ou mal ventilée ;
- l’oubli d’un établissement ou d’un effectif, qui fausse la répartition territoriale ;
- l’absence de régularisation ou de contestation après la détection d’une erreur.
À retenir : une déclaration incomplète ou mal ventilée peut entraîner un redressement, même si le calcul initial était juste.
Quels sont les cas particuliers à connaître pour la CVAE ?
Certaines situations nécessitent d’adapter le calcul, la déclaration ou la comptabilisation de la CVAE. C’est le cas des groupes de sociétés, des exercices d’une durée inhabituelle, des créations ou cessations d’activité et des entreprises qui possèdent plusieurs établissements.
Groupe de sociétés, exercice atypique, création ou cessation : que faut-il déclarer ?
Dans un groupe de sociétés, la valeur ajoutée doit être déterminée pour chaque entité. Des règles spécifiques peuvent s’appliquer aux groupes fiscalement intégrés, en particulier pour déterminer le chiffre d’affaires retenu pour le calcul du taux de CVAE.
Lorsque l’exercice comptable dure moins ou plus de 12 mois, la valeur ajoutée est calculée sur la période de référence applicable. Les règles de détermination du chiffre d’affaires et de la valeur ajoutée doivent alors être adaptées à la durée retenue.
En cas de création ou de cessation d’activité en cours d’année, des règles particulières s’appliquent à la période d’imposition et aux obligations déclaratives. En cas de cessation, les délais de déclaration diffèrent du calendrier annuel habituel.
Ces situations nécessitent donc de vérifier les règles applicables avant de calculer et de déclarer la CVAE.
Comment comptabiliser la CVAE ?
La CVAE constitue une charge fiscale enregistrée dans la comptabilité de l’entreprise.
Son traitement fait intervenir plusieurs comptes du Plan comptable général :
- le compte 63511 « Contribution économique territoriale » pour enregistrer la charge fiscale ;
- le compte 447 « Autres impôts, taxes et versements assimilés » pour constater la dette envers l’administration fiscale ;
- le compte 512 « Banques » lors du paiement de la CVAE.
Ces écritures permettent d’enregistrer successivement la charge, la dette fiscale puis son règlement.
Comment répartir la CVAE en cas de multi-établissements ?
Pour une entreprise qui possède plusieurs établissements, la CVAE est calculée au niveau de l’entreprise, puis les données servant à sa répartition territoriale sont ventilées entre les différents lieux d’implantation.
Cette répartition ne correspond pas simplement au chiffre d’affaires réalisé par chaque établissement. Elle tient compte des effectifs salariés et de leur localisation, selon les règles de répartition propres à la CVAE.
Pour calculer correctement votre CVAE, commencez par vérifier si votre entreprise est concernée, puis déterminez sa valeur ajoutée taxable et appliquez le taux correspondant à son chiffre d’affaires.
Avant la déclaration, contrôlez avec attention les produits et les charges retenus, le traitement des loyers et des redevances ainsi que la répartition des données si votre entreprise possède plusieurs établissements. Ces éléments peuvent modifier directement le montant de la CVAE.
Les règles et les taux évoluant au fil des réformes, vérifiez toujours ceux applicables à la période concernée. En cas de doute, les experts-comptables Dougs peuvent vous accompagner dans le calcul et les démarches déclaratives.
FAQ sur le calcul de la CVAE
Quelle est la différence entre la CFE et la CVAE ?
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est principalement calculée à partir de la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour l’activité. La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) dépend de la valeur ajoutée produite par l’entreprise. Ensemble, elles composent la contribution économique territoriale (CET).
Les achats de marchandises sont-ils pris en compte dans le calcul de la CVAE ?
Oui, les achats de marchandises font partie des éléments susceptibles d’intervenir dans la détermination de la valeur ajoutée. Leur traitement dépend toutefois des règles fiscales applicables au calcul de la CVAE et des données déclarées par l’entreprise.
La variation de stocks entre-t-elle dans le calcul de la valeur ajoutée ?
Oui. La variation de stocks peut intervenir dans la détermination de la valeur ajoutée. La production stockée fait partie des éléments à examiner pour calculer correctement la valeur ajoutée servant de base à la CVAE.
La production immobilisée est-elle prise en compte pour la CVAE ?
Oui, la production immobilisée peut entrer dans la détermination de la valeur ajoutée. Son traitement doit respecter les règles propres à la CVAE et ne doit pas être confondu avec celui d’une cession d’immobilisation.
Les dotations aux amortissements sont-elles déductibles de la valeur ajoutée CVAE ?
Les dotations aux amortissements ne sont pas, en principe, déduites de la valeur ajoutée selon les mêmes règles que les charges courantes. Le calcul fiscal de la valeur ajoutée ne correspond donc pas simplement au résultat comptable de l’entreprise.
Les services extérieurs sont-ils déductibles pour calculer la CVAE ?
Certains services extérieurs interviennent dans la détermination de la valeur ajoutée, mais leur traitement dépend de la nature de la dépense. Les loyers, le crédit-bail ou certaines redevances peuvent, par exemple, obéir à des règles particulières.

Nahima est fiscaliste chez Dougs. Véritable appui pour ses collègues et pour les clients, elle jongle entre veille, conseil et formation sur son sujet de prédilection (on vous le donne en mille) : la fiscalité !
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