Ouvrir une brasserie artisanale : démarches, licences et fiscalité
Vous souhaitez ouvrir une brasserie artisanale, mais vous ne savez pas par où commencer ?
Entre le choix du statut juridique, les démarches administratives, les licences de débit de boissons ou encore les normes sanitaires, il est parfois difficile de comprendre les étapes réellement obligatoires. Vous devez aussi anticiper le financement, le matériel de brassage, le local ou les formalités d’immatriculation pour éviter les erreurs coûteuses dès le lancement.
Dans cet article, vous allez découvrir toutes les étapes pour ouvrir une brasserie, construire votre business plan et lancer votre activité dans de bonnes conditions.
En tant qu’expert-comptable spécialisé en création d’entreprise, nous connaissons bien les enjeux liés aux projets de brasserie artisanale et nous vous partageons tous nos conseils pratiques pour sécuriser votre lancement.


- Ouvrir une brasserie artisanale nécessite une étude de marché, un business plan et des démarches administratives précises.
- Les statuts les plus utilisés sont la SARL, la SAS, l’EURL et la SASU selon votre projet.
- Vous devez obtenir plusieurs autorisations, notamment une licence 3 et un permis d’exploitation pour vendre de l’alcool.
- Le choix du local et du matériel de brassage dépend directement de votre capacité de production.
- Le budget moyen varie généralement entre 30 000 € et 150 000 € selon la taille du projet.
- Plusieurs financements existent : prêt bancaire, aides publiques, crowdfunding ou crédit-bail.
- Les brasseries artisanales doivent respecter des règles fiscales spécifiques, notamment les droits d’accise sur la bière.
- Une formation en brassage reste recommandée pour maîtriser la production, l’hygiène et la gestion de votre activité.
Pourquoi ouvrir une brasserie attire de nouveaux entrepreneurs ?
Le marché de la bière artisanale continue de progresser en France. Les consommateurs recherchent davantage des produits locaux, authentiques et fabriqués à petite échelle. Cette tendance favorise le développement des brasseries artisanales.
Une brasserie peut aussi générer des marges intéressantes sur les bières produites en interne. Le coût de fabrication d’un litre de bière artisanale se situe généralement entre 0,80 € et 1,50 €. En comparaison, un verre vendu sur place peut atteindre 5 € à 8 €.
Vous pouvez également diversifier votre chiffre d’affaires grâce à plusieurs canaux :
- vente sur place ;
- distribution en commerces ;
- vente en ligne ;
- événements privés ;
- ateliers de brassage.
Cette diversité aide à sécuriser plusieurs sources de revenus. Elle aide aussi votre activité à ne pas dépendre d’un seul mode de vente.
Les étapes de création d’une brasserie
Ouvrir une brasserie demande de suivre plusieurs étapes dans un ordre précis. Je vous guide de la préparation du projet jusqu’à l’ouverture de votre établissement, en passant par l’étude de marché, le business plan et les démarches administratives.


Étape 1 : Réaliser une étude de marché et construire votre business plan
L’étude de marché permet de vérifier si votre projet peut fonctionner localement. Vous devez analyser la concurrence, les habitudes de consommation et les circuits de distribution accessibles autour de votre future brasserie.
Cette analyse permet également de définir votre concept de brasserie :
- microbrasserie ;
- brewpub ;
- brasserie avec restauration ;
- production destinée aux revendeurs.
Le business plan permet d’évaluer la rentabilité de votre projet. Il doit notamment présenter :
- vos investissements initiaux ;
- votre prévisionnel financier ;
- votre seuil de rentabilité ;
- votre plan de marketing et de distribution.
Ce document reste indispensable pour convaincre une banque ou des investisseurs de financer votre activité.
Étape 2 : Choisir une structure juridique et effectuer les formalités administratives
Le choix de la structure juridique dépend principalement du nombre d’associés et de votre projet de développement. Les formes les plus utilisées pour ouvrir une brasserie sont :
- la SARL (société à responsabilité limitée) ;
- la SAS (société par actions simplifiée) ;
- l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) ;
- la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle).
Les statuts de l’entreprise définissent ensuite les règles de fonctionnement de votre société. Ils précisent notamment :
- l’objet social ;
- la répartition des pouvoirs ;
- le montant du capital social.
Après la rédaction des statuts, vous devez accomplir plusieurs démarches administratives :
- déposer le capital social sur un compte bancaire ;
- publier une annonce légale ;
- immatriculer la société sur le guichet unique de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle).
Si votre brasserie emploie moins de 11 salariés, vous devez également vous déclarer auprès de la chambre des métiers et de l’artisanat.
Étape 3 : Sélectionner un local et le matériel adaptés à votre production
Le choix du local influence directement l’organisation de votre production. Votre établissement doit disposer d’un espace suffisant pour :
- le brassage ;
- la fermentation ;
- le stockage ;
- la vente sur place si vous accueillez du public.
Vous devez également vérifier certains points techniques :
- accès à l’eau ;
- électricité adaptée ;
- évacuation des effluents ;
- conformité aux normes ERP (établissement recevant du public).
Le matériel de brassage représente aussi une part importante des investissements initiaux. Selon votre capacité de production, vous devrez prévoir :
- des cuves ;
- des fermenteurs ;
- un système de refroidissement ;
- du matériel de conditionnement.
L’achat de matériel d’occasion peut parfois réduire le coût de départ du projet.
Étape 4 : Obtenir les licences obligatoires et respecter la réglementation applicable
L’ouverture d’une brasserie nécessite plusieurs autorisations administratives. Si vous vendez de la bière sur place, vous devez obtenir les licences nécessaires avant l’ouverture.
La licence 3 permet notamment de vendre de la bière, du vin et du cidre.
Avant son obtention, vous devez suivre une formation donnant accès au permis d’exploitation. Ce document reste valable pendant 10 ans. Vous devez ensuite effectuer une déclaration en mairie au moins 15 jours avant l’ouverture de votre établissement.
Certaines déclarations restent obligatoires auprès des douanes avant le début de la production. Vous devez enfin respecter plusieurs règles liées :
- à l’hygiène alimentaire ;
- aux assurances obligatoires ;
- aux normes sanitaires ;
- à la fiscalité applicable à la bière.
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Quels investissements prévoir pour ouvrir une brasserie ?
Après avoir étudié les étapes de création d’une brasserie, vous devez anticiper les besoins en financement de votre projet. Je vous aide à comprendre les investissements initiaux à prévoir, comme le matériel, les locaux ou le fonds de roulement, ainsi que les aides et solutions de financement disponibles.
Le budget nécessaire pour lancer votre activité
Le budget varie selon le type de projet et votre capacité de production. En moyenne, il faut prévoir entre 30 000 € et 150 000 € pour ouvrir une brasserie artisanale.
Les principales dépenses concernent généralement :
- le loyer du local ;
- les travaux d’aménagement ;
- le matériel professionnel ;
- le stock de marchandise de départ ;
- les licences ;
- les assurances ;
- les frais bancaires ;
- les honoraires de l’expert-comptable.
Vous devez également prévoir un fonds de roulement suffisant. Cette réserve financière aide à couvrir les dépenses des premiers mois d’activité, comme :
- les charges de personnel ;
- les achats de matières premières ;
- les factures courantes.
Le business plan reste essentiel pour convaincre une banque ou des investisseurs.
Les aides et solutions de financement disponibles
Le financement d’une brasserie repose souvent sur plusieurs solutions complémentaires. Un apport personnel reste généralement demandé par les banques avant l’obtention d’un prêt professionnel.
Vous pouvez ensuite mobiliser différents dispositifs :
- emprunt bancaire ;
- crédit-bail pour le matériel professionnel ;
- aides régionales ;
- prêts d’honneur ;
- aides à la création d’entreprise.
Certaines aides publiques peuvent aussi alléger le démarrage de votre activité :
- l’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’entreprise) ;
- l’ARCE (aide à la reprise ou à la création d’entreprise) ;
- le NACRE (nouvel accompagnement pour la création ou la reprise d’entreprise) selon votre région.
Le crowdfunding, aussi appelé financement participatif, peut également compléter votre financement. Cette solution permet de financer une partie du projet tout en développant la visibilité de votre future brasserie.
Comprendre la fiscalité d’une brasserie artisanale
À ce stade, vous connaissez les budgets à prévoir pour ouvrir votre brasserie. Je vous explique maintenant les principales règles fiscales liées à la bière, le fonctionnement des droits d’accise et les avantages fiscaux accordés aux petites brasseries artisanales.
Le fonctionnement des droits d’accise sur la bière
Les brasseries françaises doivent payer des droits d’accise, aussi appelés taxes indirectes sur les boissons alcoolisées. Ces taxes sont collectées par la direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI).
Le montant dépend principalement du volume produit et du degré d’alcool de votre bière. Pour les bières de plus de 2,8 % d’alcool, le taux normal atteint environ 7,92 € par degré et par hectolitre en 2026.
Certaines boissons peuvent aussi être soumises à des taxes complémentaires :
- la cotisation sécurité sociale pour les bières dépassant 18 % d’alcool ;
- la taxe « Prémix » pour certains mélanges alcoolisés et sucrés.
Les déclarations de droits d’accise doivent ensuite être transmises régulièrement à la DGDDI selon votre volume de production.
Les avantages fiscaux accordés aux petites brasseries
Les petites brasseries indépendantes bénéficient d’un régime fiscal avantageux. Si votre production reste inférieure à 200 000 hectolitres par an, vous pouvez profiter d’un taux réduit de 50 % sur les droits d’accise applicables aux bières de plus de 2,8 % d’alcool.
Ce dispositif réduit fortement la charge fiscale liée à la production artisanale. Pour conserver cet avantage, votre brasserie doit toutefois rester indépendante sur le plan juridique et économique.
Certaines brasseries peuvent aussi être concernées par la contribution au fonds de modernisation de la restauration (FMR). Cette contribution s’applique principalement aux établissements proposant une activité de restauration et représente 0,12 % du chiffre d’affaires annuel concerné.
Quelles formations et compétences pour devenir brasseur ?
Aucun diplôme n’est obligatoire pour ouvrir une brasserie en France. Une formation reste toutefois recommandée pour maîtriser les techniques de brassage et gérer votre activité plus facilement.
Plusieurs formations permettent d’apprendre les bases du métier :
- le bac professionnel Procédés de la chimie, de l’eau et des papiers-cartons (bac pro PIPAC) ;
- le titre Brasseur niveau 3 ;
- le diplôme d’université d’opérateur de bière ;
- les formations de l’IFBM (Institut français des boissons, de la brasserie et de la malterie).
Certaines formations sont également proposées par :
- l’université de La Rochelle ;
- l’ENILBIO de Poligny ;
- le lycée agricole de Douai.
Certaines formations de brasseur peuvent aussi être financées grâce au compte personnel de formation (CPF).
L’expérience pratique reste essentielle pour maîtriser :
- la fermentation ;
- la chimie du brassage ;
- l’hygiène ;
- les techniques de filtrage et distillation ;
- l’utilisation du matériel professionnel.
Enfin, le permis d’exploitation reste obligatoire si vous vendez de l’alcool sur place. Cette formation permet de mieux comprendre la réglementation applicable aux débits de boissons.


Ouvrir une brasserie demande de préparer un projet structuré, rentable et conforme à la réglementation du secteur brassicole.
Vous devez notamment réaliser une étude de marché, construire un business plan solide, choisir le bon statut juridique et prévoir un financement adapté à votre projet. Le choix du local, du matériel et des licences obligatoires influence aussi le développement de votre brasserie.
Plusieurs points de vigilance restent essentiels avant le lancement, notamment les aspects réglementaires liés à l’ouverture d’une brasserie, la fiscalité spécifique à la bière, les assurances, les normes sanitaires et certaines obligations environnementales.
Chez Dougs, nous accompagnons les entrepreneurs dans leurs démarches comptables, fiscales et administratives. Nous vous aidons à structurer votre création d’entreprise pour lancer votre brasserie dans de bonnes conditions.
FAQ sur l’ouverture d’une brasserie
Comment créer vos recettes de bière artisanale ?
La création et le test de recettes de bière demandent de maîtriser plusieurs aspects techniques de la production artisanale. Vous devez choisir les bons ingrédients, contrôler la fermentation et respecter les normes d’hygiène pendant toute la fabrication.
Le brassage repose principalement sur le malt, le houblon, la levure et l’eau. Vous devez également surveiller la température, la densité, le degré d’alcool et le conditionnement pour garantir la qualité de votre bière.
Certains brasseurs débutent par le homebrewing avec un kit de brassage avant d’investir dans du matériel professionnel. Cette pratique permet de mieux comprendre les bases du brassage artisanal.
Quelles erreurs éviter lors de l’ouverture d’une brasserie ?
Ouvrir une brasserie demande un plan d’action structuré et une bonne gestion des coûts d’installation. Beaucoup d’entrepreneurs sous-estiment le budget nécessaire pour le matériel de brassage, les licences, les assurances ou la trésorerie de départ.
Vous devez aussi établir un prévisionnel précis d’une brasserie afin d’évaluer votre seuil de rentabilité. Cette étape permet d’anticiper les charges et de limiter les difficultés financières.
Certaines obligations sont également souvent oubliées, comme les affichages obligatoires, l’assurance responsabilité civile professionnelle ou certaines règles de législation fiscale et sociale.
Comment choisir le bon local pour votre brasserie ?
Le choix du local adapté pour une brasserie et la sélection du matériel nécessaire pour la production de bière dépendent directement de la taille et des ambitions de votre projet. Vous devez prévoir un espace suffisant pour le brassage, le stockage et, si besoin, une taproom pour accueillir les clients.
Votre établissement doit aussi respecter plusieurs contraintes techniques, comme l’accès à l’eau et à l’électricité, les normes ERP et l’accessibilité PMR (personnes à mobilité réduite).
Selon votre capacité de production, vous devrez également utiliser du matériel adapté, comme des cuves de brassage, des fermenteurs, une chambre froide ou une embouteilleuse.

Maha est directrice des opérations. Chez Dougs, elle pilote le pôle formation des comptables et assure la coordination des opérations entre les différents services, garantissant une fluidité et une efficacité optimale.
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