David Bernier
David Bernier
Head of Legal
Temps de lecture11 min.

Comment devenir auto-entrepreneur et faire du dropshipping ?

Dropshipping et auto-entrepreneur : tout ce qu'il faut savoir
Dropshipping et auto-entrepreneur : tout ce qu'il faut savoir

Se lancer en dropshipping sans maîtriser les règles peut vite coûter cher : activité mal déclarée, TVA mal gérée ou obligations envers les clients oubliées. Derrière l’image d’un « business simple », le cadre juridique et fiscal reste donc essentiel.

La micro-entreprise revient souvent comme la première option pour se lancer légalement. Mais est-ce vraiment adapté au dropshipping ?

Dans cet article, je vous montre clairement pourquoi ce statut peut être pratique pour débuter, quelles règles respecter et quelles étapes suivre pour lancer votre activité.

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EN BREF
  • Vous pouvez effectivement faire du dropshipping en France avec le statut d’auto-entrepreneur.
  • C’est légal et facile à mettre en place, car vous pouvez démarrer sans stock ni investissement important.
  • Mais attention : vous restez responsable face au client (des retours, des rétractations et des litiges) et vous devez respecter les règles fiscales (déclaration du chiffre d’affaires, seuils de TVA, etc.).
  • Ce statut est surtout idéal pour tester une activité avec peu de risques. En revanche, il peut devenir limité si votre chiffre d’affaires augmente ou si vos frais sont importants.

Si vous voulez savoir exactement comment démarrer sans erreur, la suite vous guide pas à pas.

SOMMAIRE
1
Dropshipping et auto-entrepreneur : est-ce légal et possible en France ?
2
Pourquoi choisir le statut auto-entrepreneur pour faire du dropshipping ?
3
Quelles sont les obligations légales et fiscales du dropshipper auto-entrepreneur ?
4
Comment devenir auto-entrepreneur en dropshipping ?

Vous pouvez faire du dropshipping légalement avec le statut d’auto-entrepreneur en France.

Pour bien comprendre ce que cela implique, je vais d’abord préciser ce qu’est le dropshipping et ce que permet ce statut.

Qu'est-ce que le dropshipping exactement ?

Le dropshipping est un modèle de vente en ligne où vous vendez des produits sans les stocker ni les expédier vous-même.

Vous faites l’intermédiaire entre le client, qui commande sur votre site, et le fournisseur, souvent un grossiste, qui stocke et expédie le produit.

Le fonctionnement est simple : le client commande sur votre boutique, vous transmettez la commande au fournisseur, puis celui-ci expédie directement le produit au client.

Mais attention : même si vous ne touchez jamais le produit, juridiquement, c’est vous le vendeur. Vous devez donc :

  • répondre en cas de produit défectueux ;
  • gérer le service après-vente ;
  • respecter le droit de rétractation du client, c’est-à-dire lui laisser 14 jours pour changer d’avis et retourner le produit, sauf exceptions prévues par la loi ;
  • informer correctement le client sur les prix, les délais ou encore les conditions de retour.

Auto-entrepreneur : un statut adapté pour débuter ?

Un auto-entrepreneur est un créateur d'entreprise individuelle (EI) qui bénéficie du régime de la micro-entreprise.

C’est un statut pensé pour démarrer facilement. Vous n’avez pas de comptabilité complexe à gérer, et vos obligations restent limitées :

  • vous déclarez votre chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre ;
  • vos cotisations sociales sont calculées uniquement sur ce que vous encaissez ;
  • vous tenez un livre des recettes (un registre des ventes) ;
  • vous ouvrez un compte bancaire dédié si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € par an pendant deux années consécutives.

Pour bénéficier du régime de la micro-entreprise, votre chiffre d’affaires annuel ne doit pas dépasser 203 100 € pendant deux années consécutives.

Pourquoi choisir le statut auto-entrepreneur pour faire du dropshipping ?

La vraie question maintenant, c’est : est-ce que le statut d’auto-entrepreneur est un bon choix pour démarrer ?

Si vous êtes en phase de test, que vous voulez limiter les risques et avancer progressivement, le statut d’auto-entrepreneur peut être particulièrement adapté. Mais il a aussi certaines limites importantes à connaître.

Les avantages pour démarrer rapidement

Si beaucoup de personnes choisissent la micro-entreprise pour faire du dropshipping, ce n’est pas par hasard.

Voici ses principaux avantages :

Un investissement de départ limité

Contrairement à une activité où vous créez vos propres produits, vous n’avez pas besoin d’acheter un stock à l’avance, de louer un local ou un entrepôt, ni d’anticiper les frais d’envoi et de stockage.

C’est votre fournisseur qui gère la logistique.

Résultat : vous réduisez fortement le risque financier au démarrage.

Si par exemple votre boutique ne fonctionne pas comme prévu, vous aurez engagé peu de frais fixes.Et si au contraire votre activité décolle, vous pourrez toujours faire évoluer votre structure (par exemple vers une société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) ou une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL)) une fois les plafonds de la micro-entreprise atteints.

Nous avons par ailleurs rédigé un article sur les statuts juridiques possibles en dropshipping si vous voulez en savoir plus.

Une structure simple et rapide à créer

Autre avantage : la micro-entreprise est plus facile à mettre en place qu’une société.

Vous n’avez pas de statuts à rédiger ni de capital social à déposer.

Les formalités de création sont également plus rapides et les obligations comptables restent allégées. Nous verrons les démarches à suivre un peu plus loin.

Vous gagnez ainsi du temps et évitez une partie des contraintes liées

La franchise de TVA au démarrage

Enfin, au début de votre activité, vous pouvez bénéficier de la franchise en base de TVA.

Cela signifie que vous ne facturez pas la TVA tant que vous restez sous le seuil applicable.

Ampoule

NB : Pour une activité de vente de marchandises (comme le dropshipping), le seuil est actuellement autour de 93 500 € de chiffre d’affaires annuel.

Les limites à connaître avant de se lancer

Même si le statut d'auto-entrepreneur est pratique, il n’est pas parfait. Avant de vous lancer, il est important de connaître ses limites.

Vous ne pouvez pas déduire vos frais

En micro-entreprise, vous payez vos cotisations sur votre chiffre d’affaires, mais vous ne pouvez pas déduire vos dépenses professionnelles.

Or, en dropshipping, les frais peuvent vite s’accumuler : publicité en ligne, abonnement à une plateforme e-commerce, applications, frais bancaires, etc.

Même avec beaucoup de dépenses, vos cotisations restent donc calculées sur le chiffre d’affaires, et non sur le bénéfice. Cela peut réduire vos marges.

La TVA peut devenir un sujet plus tôt que prévu

Même si vous ne facturez pas la TVA au départ, vous pouvez en payer sur certains achats, notamment des outils, des services ou des prestations de fournisseurs européens.

Dès que vous dépassez le seuil de franchise de TVA applicable, vous devez alors la facturer à vos clients, la déclarer et la reverser.

Une protection sociale plus limitée

En micro-entreprise, vous cotisez, mais votre protection sociale peut être plus limitée que dans d’autres statuts. Vous ne bénéficiez notamment pas de l’assurance chômage au titre de votre activité indépendante, et vos droits à la retraite dépendent directement de votre chiffre d’affaires.

Selon votre situation, vous pouvez donc envisager des protections complémentaires.

Un accès au financement parfois plus compliqué

Obtenir un prêt bancaire ou rassurer des partenaires peut aussi être plus difficile qu’en société. L’auto-entreprise ne dispose pas de capital social et ne produit pas de bilan comptable complet, ce qui peut donner moins d’éléments à une banque pour évaluer la solidité de l’activité.

Cela ne rend pas le financement impossible, mais vous devrez parfois apporter davantage de justificatifs pour rassurer vos interlocuteurs.

Infographie sur le dropshipping pour auto-entrepreneurs, présentant les avantages et limites du régime micro-entreprise
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Quelles sont les obligations légales et fiscales du dropshipper auto-entrepreneur ?

Le dropshipping peut sembler simple sur le papier. Mais vous exercez une activité commerciale, avec des règles précises à respecter.

Vous devez :

  • déclarer officiellement votre activité ;
  • déclarer et payer vos cotisations ;
  • respecter les règles de TVA ;
  • tenir une comptabilité minimale obligatoire ;
  • respecter le droit de la consommation.

Voyons cela point par point.

L’immatriculation (activité commerciale obligatoire)

Le dropshipping est juridiquement une activité d’achat et de vente de marchandises.

Vous devez donc :

  • déclarer votre activité via le guichet unique (INPI) ;
  • être immatriculé en tant que commerçant ;
  • obtenir un numéro SIRET ;
  • être inscrit au Registre du commerce et des sociétés (RCS).

En clair : vendre en ligne sans déclarer votre activité est illégal.

Déclarer votre chiffre d’affaires et payer vos cotisations

En auto-entreprise, vous déclarez votre chiffre d’affaires encaissé chaque mois ou chaque trimestre, selon l’option choisie. La déclaration se fait directement sur le site de l’URSSAF, qui calcule ensuite vos cotisations sociales sur ce montant.

Pour une activité de vente de marchandises, comme le dropshipping, le taux est d’environ 12,3 %.

Selon vos revenus, vous pouvez aussi choisir le versement libératoire. Il permet de payer l’impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations.

Sirene

Important : même si vous encaissez 0 €, vous devez effectuer votre déclaration. À défaut, vous risquez des pénalités.

TVA, douane et importation : attention aux pièges

En dropshipping, la TVA ne concerne pas seulement vos ventes. Si votre fournisseur expédie les produits depuis un pays situé hors de l’Union européenne, comme la Chine, la commande peut également être soumise à la TVA à l’importation et, selon les cas, à des droits de douane.

Ces règles peuvent avoir des conséquences concrètes pour vos clients, notamment si des frais supplémentaires sont réclamés lors de la livraison. Vous devez donc bien comprendre qui prend en charge la TVA et les éventuels droits à l’importation dans votre circuit de vente.

Pour approfondir ce point, consultez notre article consacré à la TVA en dropshipping.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, nous avons également rédigé un article sur la fiscalité du dropshipping.

Respecter le droit de la consommation

Votre boutique doit respecter les règles applicables aux consommateurs. Elle doit notamment afficher des mentions légales et des CGV accessibles, prévoir une politique de retour claire et proposer un service client capable de répondre en cas de problème.

Même si votre fournisseur expédie les produits, le client se tournera vers vous en cas de difficulté.

Obligations comptables allégées, mais indispensables

En auto-entrepreneur, vous n’avez pas de bilan à produire comme une société.Par contre, vous devez pouvoir prouver votre chiffre d’affaires et retracer vos ventes si on vous le demande.

Cela veut dire trois choses :

  • tenir un livre des recettes : une liste de toutes vos ventes, avec au minimum la date, le montant encaissé, le moyen de paiement (et idéalement une référence de commande) ;
  • conserver vos justificatifs : factures, relevés bancaires, confirmations de paiement (Stripe, PayPal…), preuves de remboursement en cas de retour ;
  • séparer un minimum l’activité pro et perso : au-delà de certains seuils, un compte dédié devient obligatoire, mais même avant, c’est fortement recommandé pour rester clair.

L’idée n’est pas de faire “de la compta compliquée”, c’est que si demain vous avez un contrôle (ou un litige), vous puissiez dire : “voici ce que j’ai encaissé, et voici d’où ça vient.”

En pratique, le dropshipping simplifie la logistique, mais il ne supprime pas les obligations.

Si vous voulez être tranquille, retenez surtout ceci : vous devez être déclaré, suivre vos encaissements, et avoir une boutique conforme. Le reste (TVA, import, justificatifs) se gère très bien, à condition de l’anticiper dès le début, et pas quand un contrôle ou un litige arrive.

Liste des 5 obligations pour les auto-entrepreneurs en dropshipping, avec icônes et pourcentages de cotisations
Liste des 5 obligations pour les auto-entrepreneurs en dropshipping, avec icônes et pourcentages de cotisations

Comment devenir auto-entrepreneur en dropshipping ?

Voici les étapes pour lancer votre activité en toute conformité.

Étape 1 : Réaliser une étude de marché

Avant de créer quoi que ce soit, posez-vous une question : est-ce que quelqu’un veut vraiment acheter ce que vous allez vendre ?

Une étude de marché sert à vérifier que votre projet tient la route.

Commencez par analyser votre produit : à quel besoin répond-il ? Résout-il un vrai problème ? Le marché est-il déjà saturé ?

Cadeau

Astuce : regardez si des produits similaires se vendent déjà à travers les avis, les meilleures ventes ou les boutiques concurrentes. Une absence totale de demande visible doit vous inciter à approfondir vos recherches.

Intéressez-vous ensuite à votre cible. Identifiez vos futurs clients, leurs habitudes d’achat et le budget qu’ils sont prêts à consacrer à votre produit. Si vous visez des étudiants, vous n’aurez pas forcément la même gamme de prix ni les mêmes canaux que pour de jeunes parents.

Analysez également vos concurrents : leurs produits, leurs prix et leur positionnement. La question à vous poser est simple : pourquoi un client vous choisirait-il plutôt qu’un autre ? Cela peut passer par une meilleure présentation, une niche plus précise, des informations plus claires sur la livraison ou un service client plus sérieux.

Enfin, déterminez comment vous allez attirer vos premiers clients : référencement naturel, réseaux sociaux, publicité payante, etc.

Avant de lancer votre boutique, vérifiez donc au minimum trois points :

  • il existe une demande ;
  • vous pouvez vous différencier ;
  • votre marge est suffisante, notamment si vous investissez dans la publicité.

Étape 2 : Créer votre auto-entreprise

Une fois votre idée validée, vous pouvez déclarer officiellement votre activité de vente en ligne.

Rendez-vous sur le Guichet unique des formalités des entreprises pour remplir votre déclaration et indiquer une activité de vente de marchandises.

La procédure est gratuite pour les auto-entrepreneurs. Après validation, vous recevrez notamment vos numéros SIREN et SIRET ainsi que votre immatriculation au RCS.

Étape 3 : Trouver des fournisseurs fiables

Le fournisseur joue un rôle central en dropshipping. Vous pouvez travailler avec un fabricant, un grossiste ou une plateforme spécialisée.

Ne vous arrêtez toutefois pas au prix. Vérifiez :

  • les délais de livraison ;
  • la qualité des produits ;
  • la politique de retour ;
  • la gestion des colis perdus ou endommagés ;
  • la réactivité du service client.

Rappelez-vous : c’est vous qui serez responsable face au client. Faites donc au moins une commande test et vérifiez les conditions de retour avant de mettre un produit en ligne.

Étape 4 : Créer votre boutique en ligne

Votre site est votre vitrine. Vous pouvez faire appel à un professionnel, comme un développeur ou une agence, ou utiliser une plateforme e-commerce telle que Shopify ou WooCommerce pour le créer vous-même.

Dans tous les cas, votre boutique doit être claire et rassurante. Elle doit proposer des fiches produits précises, afficher les mentions légales et les CGV et permettre un paiement sécurisé.

Pensez également au référencement naturel, aux avis clients et à l’expérience utilisateur. Vos visiteurs doivent pouvoir trouver facilement les produits et naviguer rapidement entre les différentes pages.

Étape 5 : Attirer vos premiers clients

Une boutique en ligne sans trafic ne vend rien. Pour attirer vos premiers clients, vous pouvez combiner plusieurs leviers : réseaux sociaux et publicité payante, notamment sur Meta ou Google.

L’idéal est de tester progressivement ces différents canaux et de mesurer ceux qui génèrent réellement des visites et des ventes.

EN RÉSUMÉ

Le dropshipping est compatible avec le statut d’auto-entrepreneur, à condition de respecter un cadre précis.

  • Ce statut permet de démarrer simplement, sans stock ni capital, avec des démarches allégées.
  • En revanche, il implique des responsabilités claires : déclarer votre chiffre d’affaires, surveiller les seuils de TVA, tenir vos documents obligatoires et assurer le suivi client (retours, litiges, conformité).
  • C’est une solution pertinente pour tester une activité, mais qui montre ses limites si votre chiffre d’affaires augmente ou si vos frais deviennent importants.

Pour avancer sereinement et éviter les erreurs, l’accompagnement d’un expert-comptable spécialisé en e-commerce, comme Dougs, peut faire toute la différence. N'hésitez pas à nous solliciter pour sécuriser votre projet dès le départ !

FAQ sur l'auto-entrepreneur en dropshipping

Peut-on faire du dropshipping légalement en auto-entrepreneur ?

Oui, c’est parfaitement légal en France. Le dropshipping est une activité de vente de marchandises que vous pouvez exercer en auto-entrepreneur, à condition de déclarer votre activité, de respecter vos obligations fiscales et de vous conformer au droit de la consommation. Même si le fournisseur expédie le produit, vous restez le vendeur responsable vis-à-vis du client.

Quel est le plafond de chiffre d’affaires en dropshipping auto-entrepreneur ?

Le dropshipping étant une activité de vente de marchandises, le plafond applicable pour rester en micro-entreprise est de 203 100 € de chiffre d’affaires annuel (plafond à ne pas dépasser deux années consécutives). Au-delà, vous devrez changer de régime ou créer une société.

Faut-il facturer la TVA en dropshipping ?

Pas forcément au début. En tant qu’auto-entrepreneur, vous pouvez bénéficier de la franchise en base de TVA. Tant que votre chiffre d’affaires reste sous le seuil applicable, vous ne facturez pas la TVA. Si vous le dépassez, vous devrez la facturer, la déclarer et la reverser. Même sans facturer la TVA, vous pouvez toutefois en payer sur certains achats, services ou importations.

Quels sont les risques du dropshipping en micro-entreprise ?

Les principaux risques sont surtout opérationnels et financiers : marges faibles, frais non déductibles, litiges avec les clients, problèmes liés à l’importation ou encore dépendance vis-à-vis du fournisseur. D’où l’intérêt de tester progressivement votre activité avant de la développer davantage.

David Bernier
David Bernier
Head of Legal

David est Head of Legal chez Dougs. En français, cela signifie qu’il pilote le département juridique du cabinet, endosse la casquette de référent technique et garantit l’évolution du service.

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