Conseil d’administration : définition, rôle, fonctionnement et obligations en SA et SAS
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Lors de la création d’une entreprise ou au cours de son développement, les fondateurs doivent définir une organisation claire de la gouvernance, notamment autour d’un conseil d’administration.
Ce choix est déterminant : il fixe qui définit la stratégie, qui en assure le contrôle et comment les responsabilités sont réparties entre les organes sociaux.
Obligatoire dans certains cas, facultatif dans d’autres, il peut constituer un levier stratégique ou une couche de formalisme en plus.
Définition, cadre juridique, rôle, fonctionnement et critères de choix : tour d’horizon des points essentiels.


Le conseil d’administration est un organe stratégique collégial : plusieurs administrateurs prennent ensemble les décisions majeures de l’entreprise, sans gérer l’opérationnel.
Il intervient principalement pour :
- définir la stratégie ;
- superviser la direction ;
- encadrer les décisions structurantes (investissements, levée de fonds).
Il est obligatoire en SA (société anonyme), sauf si la société opte pour un directoire et un conseil de surveillance.
Il est facultatif en SAS (société par actions simplifiée) et son organisation dépend entièrement des statuts rédigés par les associés.
Dans la pratique, il apparaît surtout lorsque la société se développe, notamment lors de l’entrée d’investisseurs ou pour scinder la stratégie de la gestion opérationnelle.
Je vous explique maintenant comment il fonctionne concrètement.
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Qu’est-ce qu’un conseil d’administration ?
Le conseil d’administration peut être défini comme un organe « stratégie + contrôle » : il décide à plusieurs et il surveille la direction, sans gérer le quotidien. En SAS, son rôle dépend toutefois entièrement des statuts des associés.
Définition juridique du conseil d’administration
Un conseil d’administration est un organe collégial : plusieurs membres (les administrateurs) délibèrent et votent ensemble.
Son rôle, dans les sociétés où il existe, consiste principalement à :
- fixer les orientations stratégiques ;
- suivre leur mise en œuvre ;
- contrôler la direction ;
- agir dans l’intérêt social (l’intérêt propre de la société, pas celui d’un associé en particulier).
Dans une société anonyme (SA), ces missions sont cadrées par le Code de commerce.
Conseil d’administration, direction et “bureau” : qui fait quoi ?
L’erreur fréquente, c’est de croire que le conseil d’administration gère l’entreprise au quotidien. Non.
Le conseil d’administration ne gère pas :
- la gestion courante ;
- les contrats du quotidien ;
- le management des équipes.
À distinguer clairement :
- Le Directeur général (DG) : il pilote l’opérationnel (quand il existe dans l’organisation).
- Le Président du conseil (en SA) : il organise et préside le conseil, mais ne décide pas seul.
- Le Président de SAS : il est le représentant légal (il engage la société vis-à-vis des tiers).
Si justement vous vous demandez s’il est possible de nommer 2 présidents dans une SAS, je vous invite à consulter cet article sur la SAS à deux présidents.
La confusion « conseil d’administration vs bureau » (association loi 1901) ?
Dans une association loi 1901, la logique est différente : la loi laisse une grande liberté d’organisation, mais la pratique distingue souvent :
- l’assemblée générale ;
- le conseil d’administration ;
- le bureau, généralement défini par les statuts.
Le bureau est souvent un “noyau” plus restreint, composé en général :
- d’un président ;
- d’un trésorier ;
- d’un secrétaire.
Le bureau s’occupe plutôt de l’opérationnel, tandis que le conseil d’administration se concentre sur les orientations et les décisions.
En SA/SAS, on ne retrouve pas cette séparation “conseil / bureau” sous la même forme : l’opérationnel est confié au dirigeant (Président / DG), pas à un bureau.
Faut-il parler du conseil de surveillance ?
Oui, mais juste pour éviter la confusion : en SA, vous pouvez aussi avoir une gouvernance directoire + conseil de surveillance (le directoire dirige, le conseil de surveillance contrôle).
C’est un autre modèle que “SA à conseil d’administration”, et il vaut mieux le citer clairement quand on parle des options de gouvernance.
La question suivante devient logique : comment fonctionne-t-il concrètement selon la forme juridique choisie ?

Conseil d’administration en SA et en SAS : un cadre très différent
Si vous envisagez un conseil d’administration, retenez une idée simple : en SA, la composition, les pouvoirs et le fonctionnement du conseil d’administration sont strictement encadrés par le Code de commerce.
En SAS, les associés peuvent s’inspirer de ce modèle ou s’en écarter totalement.
En SA : un organe obligatoire et encadré
En SA (hors option directoire + conseil de surveillance), le conseil d’administration constitue le mode d’organisation classique. Son fonctionnement est encadré par le Code de commerce, ce qui offre un cadre juridique solide mais relativement peu flexible.
Vous pouvez aussi choisir l’organisation :
- PDG : Président + DG réunis (une même personne) ;
- dissociation : Président du conseil ≠ DG (contre-pouvoir plus net).
En SAS : la règle, c’est ce que vous écrivez dans les statuts (avec une limite)
En SAS, aucun conseil d’administration n’est obligatoire : vous pouvez en créer un ou non.
Vous avez trois options majeures :
- Rester simple : uniquement le Président (et éventuellement d’autres dirigeants).
- Créer un organe collégial (appelé “conseil d’administration” ou “comité stratégique”) avec des pouvoirs définis.
- Créer un organe consultatif : il donne des avis, mais ne décide pas.
Note importante : vous ne pouvez pas retirer au Président son pouvoir de représentation légale vis-à-vis des tiers.
Un conseil : en SAS, plus vous créez d’organes, plus vous devez être précis dans les statuts. Une gouvernance “trop floue” finit souvent en blocage ou en conflit entre associés (notamment à l’entrée d’investisseurs).


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Un accompagnement adapté permet d’éviter les blocages ultérieurs et d’anticiper l’entrée d’investisseurs ou les phases de croissance.
Voyons maintenant les avantages et les limites d’un conseil d’administration.
Pourquoi mettre en place un conseil d’administration ?
Un conseil d’administration peut être un levier ou devenir une structure lourde si votre entreprise n’en a pas réellement besoin.
En SA, sa mise en place n’est pas une option (sauf choix du modèle directoire + conseil de surveillance). En SAS, en revanche, il s’agit d’un véritable choix stratégique. Je vous donne les cas où il est pertinent, et les contreparties.
Structurer la gouvernance et partager les pouvoirs
Lorsque la gouvernance repose sur une seule personne, le risque ne se limite pas au plan juridique : l’isolement dans la prise de décision peut fragiliser les choix stratégiques.
Un conseil peut aider à :
- partager les décisions structurantes ;
- apporter un regard externe ;
- renforcer la crédibilité (banques, partenaires, investisseurs) ;
- encadrer les pouvoirs du dirigeant.
Cela signifie que les décisions majeures (investissement important, changement d’orientation, acquisition) sont débattues et votées collectivement.
Exemple :Une entreprise qui sollicite un financement bancaire de 1,5 million d’euros rassure davantage lorsqu’un conseil valide la stratégie plutôt qu’un dirigeant seul.
Le conseil devient alors un outil de stabilité et de discipline stratégique.
Anticiper la croissance ou l’entrée d’investisseurs
Dès que vous préparez :
- Une levée de fonds ;
- L’entrée d’investisseurs ;
- Une forte croissance,
la gouvernance devient un sujet central.
Dans les start-up, les investisseurs demandent souvent :
- Un siège au conseil d’administration ;
- Un droit de regard sur certaines décisions ;
- Des règles prévues dans un pacte d’associés (contrat organisant les relations entre associés).
Le conseil devient alors un lieu structuré de prise de décision. Il encadre les choix sensibles : augmentation de capital, rachat d’entreprise, nomination du dirigeant.
Sans cadre précis, les conflits sont plus probables.
Attention à la lourdeur décisionnelle et aux coûts
Plus la structure est complexe, plus la prise de décision peut ralentir et générer des coûts supplémentaires.
Il faut prévoir :
- un formalisme juridique (convocations, procès-verbaux, respect du quorum) ;
- un possible ralentissement des décisions ;
- une assurance responsabilité civile des administrateurs.
L’assurance responsabilité civile est fortement recommandée : elle protège les administrateurs en cas de mise en cause pour faute de gestion et sécurise leur patrimoine personnel.
Dans une petite société très opérationnelle, ce formalisme peut devenir contraignant.


En résumé, le conseil d’administration peut être un véritable levier si votre entreprise grandit, accueille des investisseurs ou souhaite structurer ses décisions stratégiques, encore faut-il comprendre précisément ce qu’il fait au quotidien.
Quel est le rôle du conseil d’administration ?
Le conseil d’administration participe aux décisions stratégiques et exerce un contrôle sur la direction, sans se substituer ni à la direction ni à l’assemblée générale.
Son rôle repose sur trois missions : définir la stratégie, superviser la direction et assumer certaines responsabilités juridiques.
Définir la stratégie et les grandes orientations
Le conseil fixe la trajectoire de l’entreprise. Il décide des choix structurants qui impactent durablement l’entreprise.
Il intervient notamment sur :
- les investissements majeurs ;
- les opérations de croissance externe (rachat d’une société concurrente) ;
- les orientations financières (endettement, levée de fonds, politique de dividendes).
Exemple :
La validation d’un investissement important (par exemple 1 million d’euros) peut relever du conseil d’administration. Toutefois, la répartition des pouvoirs dépend souvent des statuts, notamment en SAS.
Contrôler et superviser la direction
Le conseil exerce un pouvoir de contrôle sur la direction.
Il intervient notamment sur :
- la validation des comptes annuels ;
- les conventions réglementées (contrats conclus entre la société et un dirigeant ou un actionnaire, soumis à un contrôle spécifique) ;
- la nomination ou la révocation du Directeur Général en SA.
Ce contrôle permet de protéger l’intérêt social et d’éviter les dérives.
Responsabilités et risques juridiques des administrateurs
Être administrateur engage votre responsabilité de dirigeant non exécutif, même si vous ne participez pas à la gestion quotidienne de l’entreprise.
Les principaux risques sont :
- responsabilité civile pour faute de gestion ;
- action ut singuli (un actionnaire agit au nom de la société contre un administrateur) ;
- responsabilité pénale possible dans certains cas (abus de biens sociaux, présentation de comptes inexacts) ;
- obligation de loyauté ;
- gestion des conflits d’intérêts.
Les administrateurs doivent agir dans l’intérêt social, avec loyauté, indépendance et diligence.
Composition du conseil d’administration : nombre de membres, mandat et règles de fonctionnement
L’objectif ici est simple : savoir combien d’administrateurs, pour combien de temps, et avec quelles règles de validité (quorum, renouvellement).
Ce point est essentiel car il détermine l’équilibre des pouvoirs et la stabilité de la gouvernance.
En société anonyme (SA) : un cadre légal strict
La loi (articles L225-17 et suivants du Code de commerce, consultables sur Légifrance) impose des règles précises.
En SA, elle impose :
- entre 3 et 18 administrateurs ;
- des personnes physiques ou morales ; lorsqu’une personne morale est administrateur, elle doit désigner un représentant permanent ;
- des membres nommés par l’assemblée générale.
Concernant la durée des mandats :
- Maximum 6 ans ;
- Mandats renouvelables possibles pour assurer une continuité stratégique.
Le conseil ne peut valablement délibérer que si le quorum est atteint.
Le quorum correspond au nombre minimum d’administrateurs présents pour que la décision soit valable. En SA, le quorum légal correspond à la moitié des administrateurs au moins. Sans quorum, la décision peut être contestée.
En SA, le nombre de membres, la durée des mandats et les règles de quorum ne peuvent pas être librement modifiés : ils sont largement fixés par la loi.
En société par actions simplifiée (SAS) : la liberté des statuts
En SAS, la mise en place d’un conseil d’administration est un choix. Lorsqu’il est créé, son organisation repose sur les statuts.
Si vous créez un conseil, vous devez préciser dans les statuts :
- le nombre d’administrateurs (fixe ou avec un minimum/maximum) ;
- la durée des mandats ;
- les règles de quorum et de majorité ;
- les modalités de renouvellement partiel ;
- les conditions de nomination et de révocation.
Il n’existe aucun minimum légal comme en SA.
Exemple :Conseil de 5 administrateurs, mandat de 3 ans, quorum de 3 membres, majorité simple, renouvellement par tiers.
Attention : une clause mal rédigée peut entraîner un blocage (quorum inatteignable) ou une nomination contestable.
En SAS, la composition du conseil d’administration devient un véritable outil de gouvernance, à condition que les statuts soient rédigés avec précision.
Voici un tableau récapitulatif pour y voir clair :
Élément clé | SA |
|---|---|
SAS | Nombre d’administrateurs |
3 à 18 | Libre |
Durée des mandats | Max 6 ans |
Fixée par les statuts | Quorum |
Encadré par la loi | Défini par les statuts |
Renouvellement partiel | Autorisé |
Fixé par les statuts | Nomination des administrateurs |
Assemblée générale | Modalités prévues dans les statuts |
Vous savez maintenant pourquoi mettre en place un conseil d’administration et qui peut en faire partie. La prochaine question logique est alors : comment ces administrateurs sont-ils nommés et révoqués ?
Comment sont nommés les membres du conseil d’administration ?
La procédure de nomination dépend directement de la forme juridique de votre société. Mieux vaut donc comprendre les règles dès le départ pour éviter toute nomination contestable.
Nomination en SA : élection, cooptation, renouvellement
Dans une SA, la nomination des administrateurs suit une procédure formelle qui s’impose aux actionnaires.
Élection par l’assemblée générale ordinaire
Les administrateurs sont élus par l’assemblée générale ordinaire (AGO). Les premiers administrateurs peuvent toutefois être nommés dans les statuts lors de la création de la société.
L’AGO réunit les actionnaires et statue à la majorité simple des voix exprimées, sauf disposition statutaire particulière.
La nomination est décidée par vote de l’assemblée générale, après inscription à l’ordre du jour.
Pour être élu :
- Le candidat doit obtenir la majorité des voix exprimées.
- La décision est formalisée dans un procès-verbal.
Sans vote régulier, la nomination peut être contestée.
Révocation ad nutum
En SA, les administrateurs peuvent être révoqués ad nutum.
Cela signifie qu’ils peuvent être révoqués :
- à tout moment ;
- sans justification ;
- par décision de l’assemblée générale.
Attention : même si aucun motif n’est exigé, une révocation brutale ou vexatoire peut engager la responsabilité de la société.
Cooptation possible
En cas de vacance d’un poste (décès, démission), le conseil peut procéder à une cooptation.
La cooptation permet au conseil de nommer provisoirement un nouvel administrateur, sous réserve de validation par la prochaine assemblée générale.
Cela évite de bloquer le fonctionnement du conseil.
Durée de mandat et renouvellement
La nomination s’accompagne d’une durée de mandat, fixée dans la limite légale (maximum 6 ans).
À l’issue du mandat :
- l’administrateur peut être renouvelé ;
- ou remplacé par décision de l’assemblée générale.
Le renouvellement du conseil d’administration peut être total ou partiel.
Délégations de signature
La représentation légale de la société appartient au dirigeant (Président en SAS, Directeur général ou PDG en SA).
Des délégations de pouvoirs ou de signature peuvent être accordées, mais elles émanent du représentant légal et ne confèrent pas aux administrateurs un pouvoir général de représentation. En pratique, ces délégations sont généralement accordées à des cadres ou à des dirigeants opérationnels plutôt qu’aux administrateurs.
En SAS, le Président reste en toute hypothèse le représentant légal vis-à-vis des tiers.
Nomination en SAS : la liberté des statuts
En SAS, les modalités de nomination sont déterminées par les statuts.
Vous devez prévoir :
- la procédure de nomination (vote des associés, décision du président, comité spécifique…) ;
- les conditions de majorité ;
- la durée du mandat ;
- les modalités de révocation ou d’exclusion du conseil.
Révocation : libre ou encadrée ?
Deux options sont possibles :
- révocation libre (à tout moment, sans motif) ;
- révocation encadrée (préavis, motif légitime, indemnité éventuelle).
Si rien n’est précisé dans les statuts, cela peut créer des conflits entre associés.
Exemple : Un investisseur peut exiger que sa révocation nécessite une majorité renforcée (ex : 2/3 des voix).
La nomination des administrateurs est donc un outil stratégique. Une clause mal rédigée peut entraîner une contestation ou un blocage décisionnel.
Lors de la rédaction des statuts (SAS) ou des clauses de gouvernance (entrée d’investisseurs), c’est typiquement un point que nous sécurisons systématiquement lors de la rédaction des statuts chez Dougs, notamment en cas d’entrée d’investisseurs.
Une fois les administrateurs désignés, une question devient centrale : comment le conseil d’administration se réunit-il, délibère-t-il et formalise-t-il ses décisions ?
Fonctionnement concret du conseil d’administration
Nommer des administrateurs ne suffit pas. La gouvernance est réellement sécurisée par la manière dont le conseil se réunit, délibère et formalise ses décisions.
Son fonctionnement repose sur trois étapes :convocation, tenue de la réunion, rédaction du procès-verbal.
Étape 1 : Convocation et organisation des réunions
Une réunion du conseil d’administration commence toujours par une convocation régulière.
Qui convoque le conseil ?
En principe :
- En SA, c’est le Président du conseil d’administration qui convoque le conseil. Toutefois, le directeur général ou un tiers des administrateurs peuvent également demander la convocation.
- En SAS, cela dépend des statuts.
Si la convocation n’est pas faite par la personne habilitée, la réunion peut être contestée.
Délai de convocation
La loi ne fixe pas toujours un délai précis, mais les statuts peuvent prévoir :
- un délai minimal (ex. 8 ou 15 jours) ;
- les modalités d’envoi (courrier, e-mail, lettre recommandée).
Un délai trop court peut fragiliser la validité de la tenue du conseil d’administration.
Ordre du jour
Bien que cela ne soit pas imposé par les dispositions légales, la convocation précise un ordre du jour.
L’ordre du jour liste les sujets soumis au vote :
- approbation des comptes ;
- validation d’un investissement ;
- nomination d’un dirigeant.
Un administrateur ne peut pas valablement voter sur un sujet qui n’a pas été inscrit à l’ordre du jour (sauf unanimité).
Fréquence minimale des réunions (en SA)
En société anonyme, le conseil doit se réunir aussi souvent que l’intérêt de la société l’exige.
En pratique :
- plusieurs réunions par an ;
- au minimum pour arrêter les comptes annuels.
Étape 2 : Déroulement d’une réunion et prise de décision
Une fois la réunion ouverte, la tenue du conseil d’administration obéit à des règles précises.
Vérification du quorum
Avant d’examiner les points inscrits à l’ordre du jour, le président vérifie que le quorum requis est atteint.
Cette étape conditionne la validité des délibérations.Si le nombre minimal de membres du conseil d’administration n’est pas réuni, la séance ne peut pas valablement statuer.
En pratique :
- La réunion peut être reportée.
- Les décisions prises pourraient être contestées.
Le seuil applicable dépend du cadre juridique ou des statuts.
Majorité et vote
Les décisions sont prises par vote.
La majorité peut être :
- simple (plus de 50 %) ;
- renforcée (ex. 2/3 des voix).
Chaque administrateur dispose d’une voix, sauf disposition spécifique.
Réunion à distance
La visioconférence est généralement autorisée si :
- Les statuts le permettent.
- L’identification des membres est garantie.
Cela facilite la tenue du conseil d’administration, notamment dans les structures avec investisseurs internationaux.
Étape 3 : Procès-verbal et sécurité juridique
Une décision n’a de valeur que si elle est formalisée.
Chaque réunion doit donner lieu à la rédaction d’un procès-verbal (PV).
Contenu obligatoire du procès-verbal
Le procès-verbal doit mentionner :
- la date et le lieu de la réunion ;
- les membres du conseil d’administration présents ou représentés ;
- le quorum atteint ;
- les résolutions mises au vote ;
- le résultat des votes.
Il constitue le compte rendu officiel de la réunion.
Signature du procès-verbal
Le procès-verbal est généralement signé par :
- le Président du conseil ;
- et éventuellement un administrateur.
Sans signature, sa valeur probatoire peut être contestée.
Conservation et valeur probatoire
Les procès-verbaux doivent être conservés dans un registre.
Ils ont une valeur probatoire, c’est-à-dire qu’ils servent de preuve en cas de litige (actionnaire, administration, tribunal).
En cas de contrôle ou de conflit, c’est le procès-verbal qui démontre que la décision a été prise régulièrement.
FAQ – Conseil d’administration
Les administrateurs sont-ils rémunérés ?
Cela dépend de la forme juridique. En SA, ils peuvent percevoir des jetons de présence dont le montant global est fixé par l’assemblée générale. Le conseil d’administration répartit ensuite cette enveloppe entre ses membres.
En SAS, la rémunération est librement prévue dans les statuts.
Une rémunération mal encadrée peut être qualifiée de convention réglementée. Dans les petites structures, les administrateurs sont souvent bénévoles.
Un conseil d’administration est-il obligatoire pour créer une société ?
Non. Il est obligatoire en SA (sauf option directoire + conseil de surveillance).
En SAS, il est totalement facultatif. Vous pouvez fonctionner uniquement avec un Président. Certains créateurs pensent devoir en créer un dès le départ : ce n’est pas le cas.
Un administrateur peut-il être tenu personnellement des dettes de la société ?
En principe, non : la société reste responsable de ses dettes.
En revanche, un administrateur peut engager sa responsabilité civile ou pénale en cas de faute de gestion, abus ou manquement grave. Le mandat n’est pas honorifique : il implique de véritables obligations juridiques.
Peut-on être seul au conseil d’administration ?
Non. Un conseil d’administration est, par définition, un organe collégial : il doit comprendre plusieurs membres.
En SA, la loi impose au minimum 3 administrateurs.
Par définition, un conseil suppose plusieurs membres. Un organe composé d’une seule personne relèverait plutôt d’un dirigeant unique.

Un conseil d’administration sert à structurer la stratégie et à sécuriser les décisions : il ne remplace pas le dirigeant, il l’encadre.
Pour avancer sereinement, gardez trois réflexes :
- choisir le modèle de gouvernance adapté à votre structure (SA ou SAS) ;
- rédiger des règles claires (composition, mandats, quorum, vote) ;
- formaliser chaque décision (convocation, ordre du jour, procès-verbal).
À l’inverse, des statuts imprécis, des règles de majorité inadaptées ou des décisions mal formalisées peuvent fragiliser votre gouvernance.
Si vous souhaitez sécuriser votre organisation dès la création ou lors de l’entrée d’investisseurs, faites-vous accompagner : chez Dougs, nous vous aidons à mettre en place une gouvernance claire, conforme et adaptée à votre projet.

David est Head of Legal chez Dougs. En français, cela signifie qu’il pilote le département juridique du cabinet, endosse la casquette de référent technique et garantit l’évolution du service.
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