Facturation électronique : quelles sont les mentions obligatoires ?


Votre facture électronique est-elle vraiment conforme ?
Avec la réforme qui approche, beaucoup d’entreprises se concentrent surtout sur les formats comme Factur-X ou sur le choix d’une plateforme agréée. Pourtant, la conformité se joue aussi dans le contenu de la facture : les mentions obligatoires doivent être exactes, complètes et bien structurées.
Ce point est loin d’être secondaire. Une facture incomplète peut être rejetée, retarder un paiement ou entraîner des sanctions.
Dans cet article, je vous explique quelles mentions doivent apparaître sur une facture électronique, quelles sont les nouvelles obligations liées à la réforme et comment vérifier que votre logiciel de facturation est conforme.
Pour anticiper plus sereinement la réforme, vous pouvez aussi utiliser notre logiciel de facturation gratuit, déjà pensé pour intégrer les nouvelles exigences de la facturation électronique.
- Une facture électronique doit toujours contenir les informations obligatoires prévues par la réglementation, comme l’identité de l’entreprise, le numéro de facture, les montants de TVA ou les conditions de paiement.
- Avec la réforme, de nouvelles données viennent s’ajouter, comme le numéro SIREN du client, l’adresse de livraison ou encore la catégorie de l’opération facturée pour indiquer s’il s’agit d'une vente de biens ou d’une prestation de services.
- Pour éviter les erreurs, mieux vaut vérifier dès maintenant vos mentions obligatoires et la conformité de votre logiciel de facturation.
La facturation électronique ne change pas l’obligation d’émettre des factures conformes
Avant de vérifier les mentions obligatoires à ajouter sur vos factures, il faut comprendre un point essentiel : la réforme de la facturation électronique modifie la manière d’échanger les factures, mais elle ne remplace pas les règles de facturation existantes.
Autrement dit, une facture électronique doit toujours respecter les obligations prévues par la réglementation française. Le fait d’utiliser un format numérique ne suffit donc pas à garantir la conformité de vos factures.
Une réforme qui transforme les échanges entre entreprises
La réforme de la facture électronique a été lancée par l’ordonnance n°2021-1190 du 15 septembre 2021. Son objectif est de moderniser les échanges entre entreprises et de faciliter le suivi de la TVA par l’administration fiscale.
Concrètement, les entreprises assujetties à la TVA devront progressivement envoyer et recevoir leurs factures sous format électronique via des plateformes agréées par l’administration.
La réforme prévoit aussi un système de e-reporting. Cette fois, il ne s’agit pas d’envoyer une facture électronique à une autre entreprise, mais de transmettre certaines données à l’administration fiscale. Cela concerne notamment les ventes réalisées auprès de particuliers ou certaines opérations internationales (prestations de services ou ventes effectuées avec des entreprises situées à l’étranger).
Pour vous laisser le temps de vous adapter, la réforme de la facturation électronique ne s’appliquera pas au même moment selon la taille des structures.
- À partir de septembre 2026, toutes les entreprises devront être en mesure de recevoir des factures électroniques. À cette même date, les grandes entreprises (GE) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) devront également émettre leurs factures électroniques.
- Les TPE, PME et micro-entreprises disposeront d'un délai supplémentaire. Elles devront commencer à émettre leurs factures électroniques et respecter leurs obligations de e-reporting à compter de septembre 2027.Le e-reporting consiste à transmettre à l'administration fiscale certaines données sur les opérations qui ne font pas l'objet d'une facture électronique, comme les ventes réalisées auprès de particuliers (B2C) ou certaines opérations avec des entreprises étrangères.
Le plus important à retenir ici est donc le suivant : la réforme change la manière d’échanger les factures, mais elle ne supprime pas les obligations de conformité déjà existantes.
Une facture électronique reste avant tout une facture réglementée
Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises se concentrent surtout sur les aspects techniques de la réforme :
- les formats de facture électronique comme Factur-X, UBL ou CII ;
- la compatibilité avec une plateforme agréée ;
- le choix d’un logiciel conforme, etc.
Pourtant, une facture peut être transmise au bon format et rester juridiquement non conforme.
Par exemple, une facture envoyée via une plateforme agréée peut tout de même être rejetée si certaines mentions obligatoires sont absentes ou incorrectes.
C’est précisément pour cette raison que le paramétrage du logiciel de facturation devient essentiel. Votre outil doit non seulement être compatible avec la réforme de la facturation électronique, mais aussi intégrer automatiquement les mentions obligatoires requises.
En pratique, les entreprises devront donc gérer deux sujets en même temps :
- la conformité technique de la facture électronique ;
- la conformité réglementaire du contenu de la facture.
Au-delà des aspects techniques, un point reste essentiel : la réforme de la facturation électronique ne concerne pas uniquement les formats ou les plateformes agréées. Elle impose aussi de vérifier attentivement les informations présentes sur chaque facture. Alors, quelles mentions doivent réellement apparaître sur une facture électronique conforme ?
Les mentions obligatoires présentes sur toutes les factures électroniques
Pour savoir si votre facture électronique est conforme, il faut maintenant regarder son contenu ligne par ligne. Certaines informations doivent obligatoirement y figurer.
Ces mentions peuvent être regroupées en quatre grandes familles :
- l’identification des parties ;
- les informations propres à la facture ;
- le détail de ce qui est vendu ;
- et les conditions de paiement.
C’est ce que je vous propose de passer en revue maintenant.
1. Les informations d’identification de l’entreprise
Une facture électronique doit d’abord permettre d’identifier clairement les deux parties concernées : le vendeur et le client.
Plusieurs informations obligatoires doivent ainsi figurer sur la facture :
- la dénomination sociale de l’entreprise ;
- l’adresse du siège social ;
- le numéro SIREN ou le numéro SIRET ;
- le numéro RCS (registre du commerce et des sociétés) pour les sociétés commerciales ou RM (répertoire des métiers) pour les artisans ;
- le numéro de TVA intracommunautaire lorsque l’entreprise est assujettie à la TVA.
Ces informations permettent notamment à l’administration fiscale de vérifier l’identité des entreprises et la réalité des opérations facturées.
Dans certains cas, il faut également préciser des mentions spécifiques liées au régime de TVA. Par exemple, un assujetti non redevable de la TVA doit indiquer la mention correspondante sur sa facture.
En pratique, ces informations semblent simples, mais ce sont aussi les premières causes d’erreurs lorsqu’un logiciel est mal paramétré ou lorsque les données clients ne sont pas à jour.
2. Les informations obligatoires liées à la facture
Chaque facture électronique doit également contenir des informations permettant de l’identifier et de la suivre dans le temps.
Cela inclut notamment :
- un numéro de facture unique ;
- une numérotation chronologique continue ;
- la date d’émission de la facture ;
- la nature du document (facture, avoir, facture d’acompte) ;
- la référence à la facture d’origine en cas d’avoir ou de correction ;
- la mention de facture d’acompte lorsque c’est le cas.
Cette logique de traçabilité devient encore plus importante avec la facturation électronique. Les plateformes agréées et l’administration fiscale pourront ainsi suivre plus facilement les échanges et détecter d’éventuelles incohérences.
Par exemple, un saut dans la numérotation ou une facture modifiée sans référence claire peut rapidement attirer l’attention lors d’un contrôle.
3. Les mentions concernant les biens ou services vendus
La facture doit aussi décrire précisément ce qui a été vendu.
Vous devez notamment faire apparaître :
- la description des biens ou services ;
- la quantité ;
- le prix unitaire hors taxes ;
- le montant total hors taxes ;
- les réductions éventuelles ;
- le taux de TVA applicable ;
- le montant de TVA ;
- le total toutes taxes comprises.
Selon les situations, certaines informations complémentaires peuvent aussi être nécessaires :
- la catégorie de l’opération, par exemple une vente de marchandises ou une prestation de services ;
- les conditions d’exigibilité de la TVA, c’est-à-dire le moment où la TVA devient due ;
- l’option pour la TVA sur les débits, lorsqu’une entreprise choisit de déclarer la TVA dès l’émission de la facture et non au moment du paiement, etc.
L’objectif est simple : permettre au client, à l’administration fiscale et aux plateformes agréées de comprendre immédiatement la nature de l’opération facturée.
4. Les conditions de règlement et pénalités
Enfin, une facture électronique doit préciser les règles de paiement applicables entre les parties.
Vous devez notamment indiquer :
- la date de paiement ;
- les conditions de règlement ;
- les pénalités de retard ;
- l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement ;
- les conditions d’escompte en cas de paiement anticipé, ou la mention précisant qu’aucun escompte n’est accordé.


Pour faire simple, une facture électronique conforme ne se limite pas à un fichier envoyé via une plateforme agréée. Elle doit aussi contenir toutes les informations exigées par la réglementation fiscale et commerciale. Et avec la réforme de la facturation électronique, certaines nouvelles mentions vont désormais venir s’ajouter à cette base obligatoire.

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Les nouvelles mentions obligatoires liées à la réforme de la facturation électronique
Jusqu’ici, nous avons vu les mentions déjà obligatoires sur toutes les factures. Mais avec la réforme de la facturation électronique, certaines informations supplémentaires vont désormais devoir apparaître sur les factures ou être transmises dans les données structurées.
Certaines permettent de mieux identifier l’opération, tandis que d’autres facilitent la circulation des données entre les plateformes agréées et l’administration fiscale.
Pourquoi de nouvelles mentions apparaissent-elles ?
Les factures électroniques ne seront plus seulement lues par des humains. Elles devront aussi être comprises par des logiciels capables de contrôler, classer et transmettre certaines données automatiquement.
C’est pour cette raison que les informations doivent être plus structurées qu’avant. Les formats comme Factur-X, UBL ou CII permettent justement d’organiser ces données selon un cadre commun, notamment avec la norme européenne EN16931.
Les nouvelles données attendues sur les factures électroniques
Parmi les nouvelles données importantes à prévoir, on retrouve notamment :
- le numéro SIREN du client ;
- l’adresse de livraison des biens, lorsqu’elle est différente de l’adresse de facturation ;
- la catégorie de l’opération facturée afin d’indiquer s’il s’agit d’une vente de biens, d’une prestation de services ou d’un mélange des deux ;
- la mention liée à l’option pour la TVA sur les débits.


Toutes ces données ne sont pas forcément nouvelles dans l’absolu. Certaines étaient déjà demandées dans des situations spécifiques. La réforme vient surtout renforcer leur importance et imposer une structuration plus stricte des informations transmises.
Vous l’aurez compris, l'objectif de ces nouvelles mentions est avant tout de fiabiliser les échanges de données. La réforme de la facturation électronique ne se limite donc pas à un changement de format. Elle impose aussi une meilleure structuration des données de facturation afin de faciliter les contrôles, les échanges entre plateformes et la transmission des informations fiscales.
Quels risques en cas d’oubli ou de facture non conforme ?
Les nouvelles mentions attendues avec la réforme ne sont pas seulement des détails administratifs. Si une information manque ou si elle est mal renseignée, votre facture peut être bloquée, rejetée ou considérée comme non conforme.
L’idée n’est pas de vous faire peur. Il faut surtout comprendre qu’avec la facturation électronique, les erreurs seront plus visibles car les données seront lues et contrôlées plus facilement par les plateformes agréées.
1er risque : une facture rejetée par la plateforme agréée
Une facture envoyée n’est pas automatiquement acceptée.
Avec la réforme, vos factures devront passer par une plateforme agréée. Si certaines informations sont absentes, incohérentes ou mal structurées, la facture peut être rejetée avant même d’être traitée par votre client.
Ce rejet peut être :
- technique, par exemple si le format du fichier n’est pas accepté ;
- administratif, par exemple si une mention obligatoire manque ;
- lié aux données, par exemple si le numéro SIREN du client est incorrect.
Dans ce cas, vous devrez corriger votre facture avant de pouvoir la transmettre à nouveau, ce qui peut retarder son traitement et son paiement.
Utiliser un logiciel de facturation électronique à jour permet toutefois de limiter ce risque en vérifiant automatiquement de nombreuses informations avant l'envoi.
2e risque : des sanctions fiscales et administratives
Une facture incomplète peut aussi entraîner des sanctions. L’article 1737 du Code général des impôts prévoit notamment une amende de 15 € par omission ou inexactitude constatée sur une facture, dans la limite d’un quart du montant qui y est ou aurait dû y être mentionné.
En clair, si une facture comporte plusieurs erreurs, l’administration fiscale peut sanctionner chacune d’elles. Il peut s’agir par exemple :
- d’une mention obligatoire absente ;
- d’une information incorrecte ;
- d’une facture mal identifiée
