

Vous mettez en place le télétravail dans votre entreprise ou gérez déjà des salariés qui travaillent depuis chez eux ? Alors les questions fiscales liées à cette organisation s'appliquent directement à vous. Le télétravail n'impose pas, à lui seul, le versement automatique d'une indemnité forfaitaire. En revanche, les frais professionnels engagés dans l'intérêt de l'entreprise ne doivent pas rester à la charge du salarié.
Du côté de vos salariés, la situation est tout aussi réglementée. Certains passent à côté d'une déduction possible. Ils valident leur déclaration de revenus trop vite, sans comparer l'abattement automatique de 10 % et les frais réels ou sans vérifier si l'indemnité de télétravail que vous leur avez versée est correctement traitée. Si votre situation est complexe ou si vous voulez sécuriser vos calculs, vous pouvez vous faire accompagner par un expert-comptable en ligne.
Dans cet article, je vous explique ce que vous pouvez verser à vos salariés en exonération, à quelles conditions ils peuvent déduire leurs frais, quels plafonds s'appliquent en 2026 et comment remplir correctement la déclaration d'impôt sur le revenu.
- Pour la déclaration 2026 des revenus de 2025, côté employeur, vous pouvez verser une indemnité de télétravail exonérée de cotisations sociales et d'impôt dans la limite de 2,70 € par jour, 59,40 € par mois et 626,40 € par an, lorsque l'allocation couvre bien des frais de télétravail à domicile.
- Deux régimes s'offrent à votre salarié : le forfait appliqué par défaut sur ses salaires ou la déduction des frais réels, qui permet de déduire ses dépenses effectives.
- Pour les frais réels, le salarié doit pouvoir justifier la réalité du télétravail, le lien professionnel des dépenses et le calcul du prorata retenu.
- Quatre catégories de frais sont admises : charges d'habitation, énergie, communication et matériel, toutes calculées au prorata de l'usage professionnel.
- La déclaration des frais réels se fait dans les cases 1AK à 1DK sur impots.gouv.fr.
Quel que soit le profil de votre salarié, avec ou sans indemnité, la suite vous aide à comprendre les règles qui s'appliquent.
Quelles sont les conditions d'éligibilité à la déduction des frais de télétravail ?
Tout salarié en télétravail peut se poser la question, mais la réponse dépend de deux décisions distinctes : le régime fiscal qu'il choisit et les conditions propres à sa situation. Les frais de télétravail font partie des charges déductibles de l'impôt sur le revenu, à condition de savoir à quel régime il appartient.
Le régime par défaut : l'abattement automatique de 10 %


Par défaut, l'administration fiscale applique l'abattement automatique de 10% sur les traitements et salaires du salarié, aussi appelé abattement forfaitaire de 10 %. Concrètement, elle soustrait 10 % du revenu imposable avant de calculer l'impôt. Rien à faire, rien à justifier.
Cet abattement couvre l'ensemble des frais professionnels, y compris ceux liés au télétravail. C'est le régime choisi par la majorité des salariés. Son inconvénient : il ne permet pas de déduire davantage, même si les dépenses réelles dépassent ce forfait.
Lorsque le salarié conserve la déduction forfaitaire de 10 %, une allocation spécifiquement destinée à couvrir ses frais de télétravail peut être exonérée d'impôt sur le revenu dans les limites admises par l'administration. Elle n'a alors pas à être déclarée comme un salaire imposable. En revanche, le salarié ne peut pas déduire une seconde fois les mêmes frais de télétravail. Si ses frais de télétravail réellement engagés dépassent l'allocation, il peut parfois être plus favorable d'opter pour les frais réels. Dans ce cas, l'allocation devient imposable et le salarié doit comparer l'ensemble de ses frais professionnels de l'année, pas seulement ses frais de télétravail.
Les conditions pour opter pour les frais réels
Pour dépasser l'abattement automatique et déduire les frais de télétravail pour leur montant exact, le salarié doit surtout pouvoir justifier le caractère professionnel de la dépense, son montant et la part retenue. Voici les points à vérifier avant de déclarer.
Disposer d'un espace identifiable à domicile
Le salarié doit pouvoir établir la réalité de l'utilisation professionnelle de son logement. Une pièce exclusivement réservée à l'activité professionnelle facilite la justification : les frais attachés à cette pièce peuvent alors être retenus selon les règles applicables. Lorsque l'espace sert aussi à un usage privé, comme un coin de salon ou une table de cuisine, les dépenses doivent être limitées à une quote-part raisonnable, déterminée selon les circonstances, la surface et le temps d'utilisation professionnels.
Démontrer la nécessité de l'usage professionnel du domicile
Le fait que votre entreprise mette aussi un poste de travail à disposition dans ses locaux ne bloque pas automatiquement la déduction. Le salarié doit toutefois démontrer que le télétravail est réellement pratiqué dans le cadre de son activité, et que les dépenses déclarées sont nécessaires, proportionnées et directement liées à cette activité.
Télétravailler effectivement
La déduction des frais réels se calcule au prorata du temps de télétravail réel sur l'année. Un salarié présent trois jours par semaine en entreprise et deux jours chez lui ne peut déduire que la fraction correspondant à ces deux jours.
Si la réalité du télétravail, le lien professionnel de la dépense ou le calcul de la quote-part ne sont pas justifiés, la déduction des frais réels de télétravail peut être remise en cause lors d'un contrôle fiscal.
Frais de télétravail déductibles : quels postes retenir ?
Quatre catégories de dépenses sont admises en déduction, toutes calculées au prorata de la part réellement consacrée à l'activité professionnelle. Le Bulletin officiel des finances publiques (BOFIP) encadre précisément ces règles. Voici les points essentiels à connaître pour chaque poste.
Les frais d'habitation : loyer, taxe foncière et charges
C'est le poste le plus significatif. Plusieurs postes entrent en compte : le loyer (ou la valeur locative si le salarié est propriétaire), la taxe foncière, les charges de copropriété et l'assurance habitation. Dans chaque cas, seule la fraction correspondant à la surface professionnelle est déductible.
Le calcul repose sur le prorata de la superficie du logement affectée à l'usage professionnel. Si le bureau occupe 10 m² dans un appartement de 70 m², on déduit 10/70e de chaque poste de charges. C'est ce qu'on appelle le prorata selon la surface utilisée.
Exemple : vous payez chaque mois 900 € de loyer, 35 € de taxe foncière et 20 € d'assurance habitation. Votre bureau occupe 10 m² dans un logement de 70 m². Vous pouvez donc retenir 10/70e de ces dépenses, soit environ 136,43 € de frais déductibles par mois.
La surface dédiée au télétravail doit correspondre à l'espace réellement utilisé pour travailler. Si la même pièce sert aussi de chambre d'amis ou de débarras, la déduction doit être limitée à une quote-part cohérente avec l'usage professionnel justifié.
L'énergie et les frais de communication
L'électricité, le chauffage et les frais de communication sont déductibles au prorata de l'usage professionnel. Pour l'abonnement internet, seule la fraction liée à l'activité salariée est admise : l'usage personnel en est exclu.
Si vous remboursez une partie de l'abonnement internet à votre salarié, ce remboursement modifie le calcul selon le régime choisi. Il faut éviter le double avantage fiscal : un remboursement exonéré de votre part ne peut pas être déduit une seconde fois en frais réels.
Le remboursement du diagnostic électrique du logement est également un poste éligible, à condition que ce diagnostic soit directement lié à la mise en conformité de l'espace de travail professionnel.
Le matériel informatique et le mobilier de bureau
Le matériel informatique et le mobilier de bureau achetés à titre personnel pour l'activité professionnelle sont déductibles pour leur montant réel, sur présentation de justificatifs. Cela peut concerner :
- un ordinateur ;
- une imprimante ;
- un écran ;
- un clavier ;
- une chaise ergonomique ;
- un bureau ;
- des étagères utilisées pour l'activité salariée.
Si vous versez une allocation télétravail à votre salarié pour couvrir ces achats, cette allocation vient en déduction des frais qu'il peut réclamer. Le principe est simple : on ne peut pas être remboursé deux fois pour le même poste.
Pour savoir quels repas professionnels sont admis en dehors du télétravail, notre article sur les frais de repas déductibles vous donne les règles précises.
À noter : les repas ordinaires pris à domicile pendant le télétravail ne constituent généralement pas des frais professionnels supplémentaires déductibles. Manger chez soi pendant la pause déjeuner reste, en principe, une dépense personnelle aux yeux du fisc.
Les intérêts d'emprunt pour travaux peuvent, dans certains cas, être partiellement déductibles. Cela ne s'applique que si les travaux ont été réalisés spécifiquement pour créer un bureau professionnel distinct dans le logement. En pratique, cette condition est difficile à satisfaire.
Ce que le BOFIP précise sur l'usage exclusivement professionnel
Le BOFIP précise que le salarié doit pouvoir justifier l'usage professionnel du local, le montant des dépenses imputables et leur répartition. Si la pièce est utilisée à la fois pour le travail et pour la vie personnelle, la déduction doit être limitée à une quote-part cohérente avec la situation.
Si cette quote-part est difficile à justifier, l'abattement forfaitaire de 10 % reste la solution par défaut. Si les frais réels de télétravail sont inférieurs à 10 % du revenu salarial, ce forfait est automatiquement plus favorable et les démarches sont bien plus simples.
C'est souvent la solution retenue par ceux dont les dépenses sont modestes ou dont le logement ne permet pas de justifier une surface professionnelle stable.
Exonération et plafonds applicables à l'indemnité de télétravail
En tant qu'employeur, si vous versez une prime de télétravail à vos salariés, elle est exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu dans certaines limites. Ces plafonds déterminent aussi ce que votre salarié peut ou non déduire en parallèle. Si vous lui versez également une prime de panier pour ses repas, les règles d'exonération applicables sont distinctes. Notre article sur le panier repas en détaille les conditions.
Les plafonds d'exonération 2026 : sans et avec accord collectif
Le montant de l'exonération dépend de l'existence ou non d'un accord collectif dans votre entreprise.
Situation | Par jour télétravaillé | Par mois | Par an |
|---|---|---|---|
Sans accord collectif | 2,70 € | 59,40 € | 626,40 € |
Avec accord collectif | 3,30 € | 72,60 € | Pas de plafond annuel |
Dans les limites forfaitaires admises, le salarié n'a généralement pas à produire le détail de chaque dépense pour bénéficier de l'exonération. L'employeur doit toutefois pouvoir établir que l'allocation est destinée à couvrir des frais de télétravail à domicile. Le salarié doit, de son côté, conserver les éléments permettant de justifier sa situation en cas de demande de l'administration. Au-delà des plafonds, des justificatifs peuvent être nécessaires.
Le remboursement exonéré de l'employeur peut prendre plusieurs formes : prime de télétravail versée sur les fiches de paie, remboursement forfaitaire ou prise en charge directe de dépenses. Tant que le total respecte les limites applicables, la prime forfaitaire n'apparaît pas dans le revenu imposable du salarié. Il n'a rien à déclarer de plus s'il conserve l'abattement de 10 %.
Attention aux anciens montants encore présents en ligne
Certains contenus mentionnent encore une allocation forfaitaire de 2,5 € par jour, un plafond mensuel de 55 € ou un plafond annuel de 712 €. Ces montants correspondent à d'anciens repères et ne s'appliquent pas à la déclaration 2026.
Vous pouvez aussi rencontrer la formule "forfait de 4,90 € par jour de travail" dans des contenus liés à d'autres frais professionnels. Ne la confondez pas avec l'exonération forfaitaire de 2,70 € par jour applicable à l'indemnité de télétravail hors accord collectif.
Avant de valider vos pratiques de remboursement, vérifiez toujours le barème applicable à l'année en cours et le régime choisi par votre salarié : abattement de 10 %, régime des frais réels ou remboursement exonéré de l'employeur.


Allocation télétravail, frais réels et exonération fiscale : quel impact sur la déclaration ?
La situation fiscale du salarié varie selon le régime qu'il a choisi.
S'il conserve l'abattement de 10 % : une allocation spécifiquement destinée à couvrir ses frais de télétravail peut être exonérée d'impôt sur le revenu dans les limites admises par l'administration. Elle n'a pas à être déclarée comme un salaire imposable. En contrepartie, il ne peut pas déduire une seconde fois les mêmes frais de télétravail.
S'il opte pour le régime des frais réels sans avoir reçu de prime : il déduit ses frais pour leur montant justifié et dans les conditions de droit commun. Le prorata usage pro/perso s'applique à chaque poste.
S'il choisit les frais réels et qu'il a reçu une prime : il ne peut pas cumuler, pour les mêmes dépenses, une allocation exonérée et une déduction des frais réels. Si les frais effectivement engagés sont supérieurs à l'allocation, il peut être plus favorable de déclarer l'allocation comme imposable et de déduire l'ensemble des frais réels justifiés. Cette comparaison doit être effectuée avec l'ensemble des frais professionnels du salarié, et non avec les seuls frais de télétravail.
Faites la simulation avant de choisir, surtout si votre salarié a reçu une allocation télétravail proche du plafond annuel de 626,40 €.
Déclaration des frais de télétravail aux impôts : les 3 cas à connaître
Avant de remplir la déclaration d'impôt sur le revenu, le salarié doit identifier sa situation parmi les trois cas ci-dessous. Les frais professionnels de télétravail ne se traitent pas de la même façon selon qu'il a reçu une indemnité ou non. S'il a également utilisé son véhicule pour des déplacements professionnels, les frais kilométriques peuvent s'ajouter à ses frais réels dans la même déclaration.
La déclaration des frais de télétravail aux impôts dépend de la situation : absence d'allocation, prime forfaitaire versée par l'employeur, ou frais réels supérieurs au remboursement reçu. Dans tous les cas, il faut distinguer l'exonération fiscale de l'indemnité et la déduction des frais professionnels de télétravail dans la déclaration d'impôt sur le revenu.
Cas 1 : vous n'avez versé aucune indemnité
Deux possibilités pour déclarer les frais professionnels de télétravail.
Le forfait fiscal
L'administration admet une déduction de 2,70 € par jour de télétravail. Pour 100 jours télétravaillés, cela représente 270 € de frais déductibles. Le salarié doit pouvoir justifier la réalité et le nombre de jours télétravaillés, par exemple avec une attestation de l'employeur, un accord de télétravail, un relevé de présence ou tout autre élément probant. Il doit aussi vérifier qu'aucune allocation ne couvre déjà ces mêmes frais.
La déduction des frais réels
Cette option est intéressante si les dépenses effectives dépassent le forfait de 2,70 € par jour. Elle impose la justification de la surface ou de l'espace affecté au télétravail, ainsi que tous les justificatifs de dépenses.
Le calcul repose sur le prorata selon la surface utilisée : on divise la superficie du bureau par la superficie totale du logement. L'allocation de télétravail est nulle dans ce cas : on part d'une base zéro et on déduit uniquement ce qui a été réellement engagé.
Cas 2 : vous avez versé une indemnité dans les plafonds
Lorsque l'allocation de télétravail satisfait aux conditions d'exonération, elle n'est pas comprise dans le revenu imposable du salarié et celui-ci n'a pas à la déclarer. L'allocation doit toutefois être correctement traitée par l'employeur dans la paie et les déclarations sociales et fiscales qui lui incombent.
Dans ce cas, il ne déclare rien de spécifique. La prime forfaitaire est considérée comme un remboursement exonéré, pas comme un complément de salaire. En contrepartie, il ne peut pas déduire ses frais de télétravail en plus.
Vérifiez sur les fiches de paie que les postes remboursés sont bien identifiés séparément du salaire. C'est notamment utile en cas de remboursement d'une partie de l'abonnement internet. Ce remboursement doit figurer clairement comme remboursement de frais, pas comme salaire. De même, le remboursement du diagnostic électrique du logement ou toute allocation versée pour du mobilier de bureau doivent être traçables sur les bulletins de paie.
Cas 3 : les frais réels dépassent l'indemnité reçue
La situation la plus complexe : le salarié a reçu une prime, mais ses dépenses effectives sont supérieures à ce qu'elle couvre.
Il ne peut pas déduire seulement la différence entre ses frais réels et l'indemnité reçue. Si cette option est plus favorable, il doit réintégrer l'allocation dans ses traitements et salaires, puis déduire l'ensemble des frais réels justifiés.
Exemple : 400 € de prime reçue, 900 € de frais réels justifiés. On réintègre les 400 € dans les revenus imposables et on déduit 900 € de frais réels. Le gain fiscal dépend ensuite de la situation globale du salarié, car le choix des frais réels concerne l'ensemble de ses frais professionnels de l'année.
Le calcul s'effectue selon la surface utilisée au prorata et le temps de télétravail effectif sur l'année. La justification de la surface ou de l'espace affecté au télétravail est souvent le premier point que l'administration contrôle.
Les repas ordinaires pris au domicile pendant les journées de télétravail ne constituent généralement pas des frais professionnels supplémentaires déductibles.
Procédure pour remplir la déclaration d'impôt avec frais de télétravail
La saisie se fait sur impots.gouv.fr, à l'étape 3 de la déclaration, dans la section "Traitements et salaires". Avant de saisir un montant, le salarié doit calculer ses frais réels poste par poste, puis comparer le résultat avec l'abattement automatique de 10 %. Si les frais réels sont inférieurs au forfait, l'option n'a généralement pas d'intérêt.
Cases 1AK à 1DK : où déclarer les frais réels de télétravail ?
La case 1AK accueille les frais professionnels réels du déclarant principal. La case 1BK est réservée au conjoint en cas de déclaration commune. Les cases 1CK et 1DK concernent les autres membres du foyer concernés par des salaires. Chaque membre du foyer peut faire ce choix indépendamment : l'un peut opter pour les frais réels pendant que l'autre conserve l'abattement automatique de 10 %.
Attention : remplir la case 1AK annule l'abattement de 10 % pour l'ensemble des frais professionnels de l'année, pas seulement pour le télétravail. Le salarié doit donc être en mesure de justifier tous ses frais professionnels : déplacements, formation, matériel, télétravail et autres frais liés à son activité.
La déclaration en ligne guide directement vers la rubrique dédiée aux frais réels. On saisit le montant total calculé, pas le détail poste par poste. Si le calcul est complexe, la zone de commentaire au fisc permet d'expliquer brièvement la méthode.
Un exemple de commentaire au fisc pour expliquer les frais réels
Le commentaire au fisc n'est pas obligatoire, mais il peut être utile si le calcul combine plusieurs éléments : prorata de surface, prorata du temps de télétravail, remboursement reçu et réintégration d'une prime.
On peut par exemple indiquer :
"Frais réels incluant les frais professionnels de télétravail calculés au prorata de la surface dédiée au télétravail et du nombre de jours télétravaillés sur l'année. Dépenses justifiées par factures, attestation de jours travaillés et calcul conservé avec les justificatifs."
Cette explication ne remplace pas les justificatifs, mais elle clarifie la méthode dès la déclaration en ligne.
Quels justificatifs conserver pour les frais de télétravail ?
Pour sécuriser la déclaration d'impôt sur le revenu, le salarié doit conserver les documents qui prouvent à la fois le nombre de jours télétravaillés, la réalité des dépenses et la part professionnelle retenue. Si une partie du logement est déduite, il faut garder aussi les éléments permettant de justifier la surface ou l'espace affecté au télétravail : bail, plan, surface totale du logement et surface dédiée en m².
La notice 2041-GP et les documents à garder


La notice 2041-GP est le document officiel de l'administration fiscale. Elle liste l'ensemble des frais professionnels admis en déduction pour les salariés, avec les règles de calcul applicables. À consulter avant de finaliser la déclaration : elle fait foi en cas de litige.
Les justificatifs ne sont pas à joindre à la déclaration, mais doivent être conservés pendant trois ans. Voici ce que le salarié doit garder :
- Attestation de jours télétravaillés fournie par l'employeur, ou tout relevé de présence.
- Factures de matériel informatique : ordinateur, écran, clavier, imprimante achetés pour l'usage professionnel.
- Factures de mobilier : bureau, chaise ergonomique, étagères, avec la date et le montant.
- Relevés de consommation d'électricité et de chauffage, justificatifs d'abonnement internet.
- Calcul du prorata : surface dédiée au télétravail en m², superficie totale du logement et justificatif comme un bail ou un plan.
- Fiches de paie de l'année pour identifier les primes ou allocations reçues.
Mettre en place le télétravail, c'est aussi gérer les conséquences fiscales pour votre entreprise et pour vos salariés. Voici les actions à mener :
- Vérifiez que vos remboursements respectent les plafonds 2026 : 2,70 € par jour, 59,40 € par mois, 626,40 € par an hors accord collectif. Au-delà, préparez les justificatifs permettant de démontrer la réalité des dépenses professionnelles.
- Identifiez clairement les allocations télétravail sur les bulletins de paie, séparément du salaire.
- Encouragez-les à comparer les deux régimes avant de choisir. Un salarié qui déduit à tort peut déclencher un contrôle qui vous concerne aussi.
- Conservez tous les justificatifs pendant trois ans après la déclaration.
FAQ
Mon salarié peut-il recevoir une indemnité de télétravail supérieure aux plafonds URSSAF ?
Oui. Au-delà des plafonds, l'exonération reste possible si vous justifiez la réalité des dépenses professionnelles. Sans justificatifs suffisants, la fraction qui dépasse peut être soumise à cotisations sociales et intégrée au revenu imposable. En frais réels, le salarié réintègre l'allocation avant de déduire ses frais.
Peut-on déduire les frais de télétravail en alternant bureau et domicile chaque semaine ?
Oui, via le prorata du temps de télétravail. On calcule le nombre de jours effectivement télétravaillés sur l'année et on applique ce coefficient à chaque charge déductible. Par exemple, 90 jours de télétravail sur 220 jours travaillés donnent un prorata de 90/220, appliqué à chaque poste de frais. L'attestation de jours travaillés fournie par l'employeur est indispensable pour justifier ce calcul.
L'option frais réels est-elle définitive pour l'année en cours ?
Oui. Une fois validée, elle s'applique à l'ensemble des frais professionnels de l'année concernée, pas seulement au télétravail. On ne peut pas déduire certains frais au réel et conserver l'abattement de 10 % sur d'autres. La simulation préalable est donc indispensable : elle permet de comparer les deux régimes sur l'intégralité des frais professionnels avant de s'engager.
Une allocation télétravail peut-elle être cumulée avec la déduction des frais réels ?
Non pour les mêmes dépenses. Si le salarié opte pour les frais réels et veut déduire ses frais de télétravail, l'allocation reçue doit être réintégrée dans ses revenus imposables. Il déduit ensuite l'ensemble des frais réels justifiés, avec les justificatifs correspondants.

Nahima est fiscaliste chez Dougs. Véritable appui pour ses collègues et pour les clients, elle jongle entre veille, conseil et formation sur son sujet de prédilection (on vous le donne en mille) : la fiscalité !
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