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SCI familiale et succession : la stratégie pour protéger votre famille et votre patrimoine

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Charlotte Barroso
Charlotte Barroso
Lead superviseur comptable
Temps de lecture19 min.

Succession et SCI familiale… Vous vous demandez peut-être comment tout cela s’articule. C’est normal : transmettre un bien immobilier soulève toujours des questions. Vous cherchez à protéger vos proches, à éviter les tensions, à ne pas faire d’erreurs fiscales. Je croise souvent ces interrogations, et elles sont légitimes. Ici, je vous explique simplement comment une SCI familiale peut structurer une succession et comment savoir si cette solution correspond vraiment à votre situation. Et si vous avez besoin de comprendre le processus de création d’une SCI, je vous laisse également une ressource utile. L’objectif est que vous repartiez avec une vision claire, étape par étape.

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EN BREF
  • Une SCI familiale permet de transmettre plus facilement votre patrimoine immobilier.
  • Vous ne transmettez pas un bien, mais des parts sociales.
  • Le démembrement (nue-propriété / usufruit) permet d’optimiser la succession.
  • Les abattements fiscaux réduisent parfois les droits de mutation.
  • Le conjoint survivant peut être protégé selon l’organisation des statuts.
  • En cas de décès d’un associé, plusieurs scénarios existent : agrément, continuation ou indemnisation.
  • Les héritiers peuvent entrer ou non dans la SCI selon les règles prévues.
  • Les statuts jouent un rôle clé dans toute succession.

Je vous détaille tout cela dans cet article pour que vous puissiez y voir plus clair dans votre projet.

SCI familiale et succession : comment ça fonctionne ?

Avant de parler de transmission, je vous rappelle comment une SCI familiale fonctionne. Vous verrez vite que la logique n’a rien à voir avec une détention classique d’un bien immobilier. Tout repose sur la manière dont vous détenez votre patrimoine à travers la société. Une fois que ce principe sera clair, la succession deviendra beaucoup plus simple à comprendre.

Pour en savoir plus sur la succession en SCI

Qu’est-ce qu’une SCI familiale ?

Une SCI familiale est une société créée pour gérer un ou plusieurs biens immobiliers au sein d'une même famille. Vous ne possédez plus le bien en direct. Vous possédez des parts sociales, c’est-à-dire une fraction du capital de la SCI. Cette différence change tout pour votre succession.

Pour que la société existe légalement, plusieurs étapes sont nécessaires.

Vous devez :

  • rédiger des statuts juridiques,
  • publier une annonce dans un journal d’annonces légales,
  • immatriculer la SCI au registre du commerce et des sociétés (RCS).

Ces formalités rendent la société officielle. Une fois immatriculée, elle détient le bien, et chaque associé détient une partie de ce patrimoine.

Les parts sociales proviennent des apports dans le capital. Ces apports peuvent être financiers ou immobiliers. Si vous apportez un appartement, vous recevez des parts en échange. Si vous apportez 20 000 euros, vous recevez aussi des parts.

Ces parts définissent votre poids dans la SCI. Elles comptent pour la succession.

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Un apport peut être une somme d’argent ou un bien immobilier remis à la SCI en échange de parts sociales.

La gérance joue un rôle clé. Le gérant gère la société au quotidien. Il s'occupe du bien, des loyers, des décisions courantes. Vous pouvez être gérant vous-même, ou nommer quelqu’un d’autre.

Les décisions importantes, comme une modification des statuts ou l’entrée d’un nouvel associé, se prennent en assemblée générale (AG). Ce fonctionnement évite les blocages que l’on voit souvent en indivision.

La SCI peut connaître une dissolution. C’est la fin de la société. Elle survient lors d’une décision des associés, d’un événement prévu dans les statuts ou d’une extinction du patrimoine social. Dans une succession, la dissolution n'est jamais automatique, sauf si elle est écrite noir sur blanc dans les statuts.

Comment une SCI gère la transmission du patrimoine immobilier ?

La transmission dans une SCI familiale repose sur un principe simple.

Vous ne transmettez pas le bien : vous transmettez les parts sociales.

Et cela change complètement la manière d’organiser votre succession.

Dans une transmission classique, les héritiers deviennent copropriétaires du bien. Cela crée souvent des blocages.

Dans une SCI, la transmission se fait en douceur. Si vous voulez transmettre progressivement, vous pouvez donner un petit pourcentage de parts chaque année. Et vous gardez la gestion si vous êtes gérant.

La SCI permet aussi d’utiliser le démembrement, ce qui allège la valeur taxable. Vous pouvez donner la nue-propriété des parts à vos enfants tout en conservant l’usufruit. Vous continuez à percevoir les loyers ou à utiliser le bien.

Au décès de l’usufruitier, les enfants récupèrent la pleine propriété des parts sans taxation supplémentaire.

Le démembrement de propriété consiste à séparer :

  • La nue-propriété, qui correspond au droit de disposer/aliénér du bien (ou des parts) ;
  • l’usufruit, qui donne le droit d’utiliser le bien ou d’en percevoir les revenus.
  • Dans une SCI, ce mécanisme s’applique aux parts sociales et permet de préparer la transmission tout en gardant les loyers.

Les décisions liées à la transmission passent par les statuts juridiques. Ce document indique si un héritier devient automatiquement associé ou si une assemblée générale doit voter son intégration. Cette règle évite les situations de blocage que l’on retrouve souvent dans l’indivision.

Exemple :

Vous possédez 60 % des parts de la SCI. Vous transmettez progressivement la nue-propriété des parts à vos enfants. Vous gardez l’usufruit et la gérance. Vous continuez à encaisser les loyers.

À votre décès, vos enfants récupèrent la pleine propriété des parts sans payer de droits supplémentaires.

La gestion reste stable.

Le patrimoine reste dans la famille.

Vous savez maintenant comment une SCI familiale fonctionne. Elle détient le bien. Vous détenez les parts. La transmission porte sur ces parts, ce qui donne une souplesse que l’indivision ne permet pas. Avec la gérance, les statuts, la possibilité de démembrer les parts et l’organisation des décisions en assemblée générale, vous avez un cadre solide pour préparer une succession claire et maîtrisée.

Quels sont les avantages successoraux d’une SCI familiale ?

Quand on prépare une succession, on cherche souvent une solution simple et stable pour transmettre un bien. La SCI familiale apporte plusieurs leviers pour : 

  • réduire les droits ; 
  • organiser la transmission ; 
  • protéger son conjoint. 
  • éviter l’indivision. 

Voici les avantages essentiels pour comprendre si cette structure vous correspond.

Transmission facilitée 

Dans une SCI, vous transmettez des parts sociales. Cette mécanique simplifie les donations et permet d’utiliser les abattements fiscaux par étapes. C’est une façon souple de transmettre un patrimoine tout en gardant la gestion si vous restez gérant.

Protection du conjoint survivant

La SCI familiale facilite la protection du conjoint grâce au démembrement. Vous donnez la nue-propriété à vos enfants, tout en conservant l’usufruit ou la gérance. Le conjoint peut continuer à utiliser le bien ou percevoir les loyers, et la pleine propriété revient aux enfants sans fiscalité au décès de l’usufruitier.

En somme: 

  1. Vous transmettez vos biens plus facilement 
  2. Vous réduisez souvent la fiscalité. 
  3. Vous protégez le conjoint survivant. 
  4. Vous évitez l’indivision. 
  5. Vous organisez la gestion après votre décès. 

Ces mécanismes expliquent pourquoi la SCI familiale et succession vont si bien ensemble. Et ce n’est que le début. Dans la suite, je vais vous montrer comment optimiser cette transmission.

Comment optimiser la succession grâce à une SCI familiale ?

La SCI familiale offre plusieurs leviers pour améliorer la transmission. L’idée est de réduire la base taxable tout en gardant la maîtrise de la gestion. Deux outils ressortent vraiment : le démembrement des parts et la transmission progressive.

Outil 1 : Démembrement → réduire la valeur taxable des parts

Le démembrement permet d’alléger la valeur imposable des parts, en fonction de l’âge de l’usufruitier. Vous donnez la nue-propriété à vos enfants tout en conservant l’usufruit. Vous gardez donc l’usage ou les revenus du bien, tandis que seule la valeur de la nue-propriété est taxée lors de la transmission.

Plus l’usufruitier est âgé, plus la valeur fiscale de la nue-propriété est faible, ce qui réduit la base taxable.

Outil 2 : Transmission progressive → étaler la donation dans le temps

La SCI vous laisse transmettre vos parts par étapes. Vous utilisez l’abattement tous les quinze ans, sans perdre le contrôle. C’est une stratégie flexible, surtout si vos enfants ne sont pas encore prêts à gérer un patrimoine.

Pour visualiser le principe, voici un cas concret présenté sous forme de tableau.

Exemple 1

Tableau – Transmission progressive sur 20 ans

AnnéeAction réaliséeValeur transmiseAbattement utilisé en ligne directeDroits à payer
Année 0Donation de 20 % des parts60 000 €60 000 €0 €
Année 15Donation de 20 %70 000 €70 000 €0 €
Année 20Donation de 10 %35 000 €30 000 €Faibles droits (5 000 € restants taxables)

Cet exemple montre comment une SCI familiale rend la succession plus souple. Vous étalez l’effort, utilisez les abattements intelligemment et limitez la fiscalité.

Exemple 2

Je vous donne un autre exemple : un couple d’entrepreneurs possédait un immeuble par l’intermédiaire d’une SCI. Ils ont transmis les parts progressivement. Les enfants ont récupéré l’intégralité du capital avec une fiscalité très faible. Le couple, gérant, a gardé le contrôle pendant vingt ans.

L’optimisation d’une SCI familiale et succession repose sur deux leviers puissants. Le démembrement diminue la valeur taxable. La transmission progressive exploite pleinement les abattements. Ensemble, ces outils vous donnent du contrôle et protègent vos enfants sans les mettre en difficulté. La suite vous montre comment cela fonctionne dans des situations réelles.

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Cas particuliers et exemples pratiques en SCI familiale

Certaines familles vivent des situations simples. D’autres ont une histoire un peu plus délicate. Vous êtes peut-être dans l’un de ces cas. Vous cherchez une solution qui ne crée pas de tensions et qui reste claire pour vos proches. La SCI familiale s’adapte souvent très bien à ces réalités. Cette partie vous aide à comprendre comment.

Familles recomposées, héritiers d’une précédente union et équilibre de la transmission

Dès qu’il y a plusieurs branches familiales, la transmission peut devenir sensible. Vous avez peut-être : 

  • un conjoint ; 
  • des enfants d’une relation passée ; 
  • ou un projet immobilier commun. 

Une SCI familiale offre alors des outils pour structurer la répartition sans alimenter des conflits potentiels.

Voici ce que cette organisation permet.

  • Sécuriser la situation du conjoint survivant grâce à un usufruit sur les parts.
  • Transmettre la nue-propriété aux enfants issus d’une précédente union.
  • Définir précisément dans les statuts qui peut devenir associé, et dans quelles conditions.
  • Empêcher un héritier de provoquer la vente du bien, ce qui arrive souvent en indivision.
  • Maintenir une gestion stable, grâce à la désignation d’un gérant.

Un cas fréquent illustre très bien cette logique.

Exemple :

Un mari et sa femme ont eu chacun des enfants d’une précédente union. Ils créent une SCI pour acheter une maison. Dans leurs statuts, ils prévoient que le conjoint survivant reste gérant. Les enfants reçoivent la nue-propriété des parts sociales et le conjoint survivant conserve l’usufruit.

Résultat :

  • le conjoint ne peut pas être évincé,
  • aucun héritier ne peut forcer la vente,
  • la maison reste dans la famille selon la logique prévue,
  • les enfants récupèrent la pleine propriété plus tard.

Vous voyez comment une SCI familiale succession apporte une vraie stabilité, même avec une famille recomposée.

Terre

Cette clause fixe les conditions d’entrée de nouveaux associés. Dans une famille recomposée, elle évite qu’un héritier devienne associé automatiquement alors que la famille souhaite protéger un équilibre.

Exemples chiffrés pour illustrer l’héritage dans une SCI

Les chiffres permettent de visualiser clairement l’impact d’une SCI familiale. Voici deux situations typiques pour vous aider à mieux saisir les enjeux patrimoniaux.

Exemple 1 : transmission avec démembrement

  • Valeur des parts : 300 000 euros.
  • Transmission de la nue-propriété à deux enfants.
  • Usufruit conservé par les parents.

Selon l’âge de l’usufruitier, la valeur de la nue-propriété diminue fortement.

Par exemple, à 65 ans, elle est évaluée à 60 %.

Conséquences :

  • valeur taxable : 180 000 euros,
  • soit 90 000 euros par enfant,
  • ce montant est inférieur à l’abattement de 100 000 euros.

Aucun droit à payer.

Exemple 2 : protection du conjoint survivant

Transmission de 100 % de la nue-propriété aux enfants. Usufruit conservé par le conjointsurvivant.

  • Le conjoint continue d’utiliser le bien ou de percevoir les loyers.
  • L’usufruit s’éteint à son décès.
  • Les enfants deviennent pleinement propriétaires.
  • Aucun impôt à cette étape.

Cette structure répond clairement à une question fréquente :

“Est-ce qu’une SCI protège vraiment le conjoint survivant dans une succession ?”

La réponse est oui, si les statuts sont bien rédigés.

Les familles recomposées, les héritiers multiples ou les successions sensibles nécessitent souvent des solutions flexibles. La SCI familiale : 

  • offre un cadre qui évite les blocages ; 
  • rassure le conjoint survivant; 
  • clarifie la répartition. 

Ce sont des cas où la structure montre toute sa valeur. Pour être complet, il est aussi important de connaître les limites de cette structure. Une SCI apporte beaucoup, mais elle impose également quelques contraintes qu’il vaut mieux anticiper avant de se lancer. Je vous les présente juste après.

Les inconvénients et limites d’une SCI familiale en succession

La SCI familiale offre de vrais avantages, mais elle impose aussi des contraintes. Comme il s’agit d’une société, vous devez respecter des règles de fonctionnement qui ne conviennent pas à toutes les situations. Voici les points qui demandent le plus d’attention lorsque vous la créez dans un objectif de succession.

Contraintes juridiques et financières : statuts, fonctionnement et dettes

Une SCI est une structure souple, mais elle reste encadrée. Vous devez accepter certaines obligations dès la création.

Voici les principales limites :

  • Responsabilité illimitée : chaque associé répond des dettes de la SCI à hauteur de ses parts.
  • Statuts techniques : s’ils sont mal rédigés, ils peuvent bloquer une succession.
  • Formalités obligatoires : assemblées générales, décisions écrites, gestion suivie.
  • Coûts de création : rédaction des statuts, annonce légale, immatriculation.
  • Comptabilité obligatoire : selon le régime fiscal, une comptabilité complète peut être nécessaire.
  • Compte bancaire dédié : il doit être utilisé uniquement pour les opérations de la SCI.

Chaque associé peut être sollicité pour les dettes de la SCI, en proportion de ses parts.

Un autre point de vigilance concerne la fiscalité. Si l’activité est considérée comme commerciale, comme en cas de location meublée dans une SCI, la société peut basculer à l’impôt sur les sociétés (IS). Selon votre situation, il peut être utile de comprendre les règles liées à l’imposition d’une SCI, le choix entre SCI IR ou IS ou encore les impacts d’une SCI à l’IS. Ce régime modifie la fiscalité des loyers et de la plus-value.

Exemple :

Une SCI familiale possédant plusieurs logements meublés a été considérée comme exerçant une activité commerciale. Conséquences : imposition à l’IS et plus-values moins favorables.

Limites successorales : agrément, rachat de parts et risques de tensions

Lors d’un décès, tout dépend des statuts. Si certaines clauses sont mal anticipées, la succession peut devenir plus complexe que prévu.

Voici les situations à surveiller :

  • Clause d’agrément stricte : un héritier peut être refusé.
  • Rachat obligatoire des parts : si un héritier n’est pas agréé, la SCI ou les associés doivent racheter les parts.
  • Besoin de liquidités : le rachat peut être difficile à financer.
  • Évaluation délicate des parts sociales : la valeur vénale doit être fixée précisément.
  • Désaccords entre héritiers : plusieurs visions peuvent s’opposer.

Exemple :

Un associé décède. Les statuts exigent un agrément. Les associés refusent l’entrée des deux enfants. Ils doivent donc racheter les parts, ce qui peut créer une tension financière si la SCI manque de liquidités.

La SCI familiale apporte des avantages, mais elle demande une vraie préparation : 

  • statuts solides ; 
  • gestion suivie ; 
  • anticipation des scénarios successoraux. 

Ces limites ne sont pas des obstacles, mais des éléments à maîtriser pour que la SCI fonctionne bien et facilite réellement la succession. Et pour que tout se passe sereinement le moment venu, il est important de comprendre ce qui se produit concrètement lorsqu’un associé décède. Les démarches sont simples si vous connaissez leur ordre. Je vous montre maintenant comment se déroule une succession au sein d’une SCI familiale, étape par étape.

Procédures et démarches en cas de décès d’un associé de SCI familiale

Lorsqu’un associé décède, il est normal de se sentir un peu perdu. Vous voulez savoir qui hérite des parts, comment la SCI continue et ce que prévoient les statuts. 

Les 5 étapes indispensables après un décès

Le fonctionnement d’une succession en SCI suit un ordre logique. Voici les étapes qui reviennent dans toutes les situations.

Étape 1 : informer le gérant

Le décès doit être signalé rapidement. Le gérant met à jour la liste des associés et débloque les démarches.

Étape 2 : consulter les statuts

Les statuts indiquent si :

  • les héritiers deviennent associés automatiquement,
  • un agrément est nécessaire,
  • les parts doivent être rachetées,
  • la SCI continue uniquement avec les associés survivants.

Étape 3 : identifier les héritiers

Le notaire établit qui hérite :

  • conjoint survivant,
  • enfants,
  • ou autres héritiers.

Étape 4 : notifier l’héritage à la SCI

Le gérant reçoit la dévolution successorale. C’est ici que l’agrément peut intervenir.

Étape 5 : organiser une assemblée générale si nécessaire

L’assemblée générale (AG) permet de :

  • accepter ou refuser les héritiers,
  • décider d’un éventuel rachat des parts,
  • réorganiser la gérance,
  • confirmer la continuation de la société.

Les trois situations possibles pour les héritiers

La suite dépend entièrement des statuts. Voici les trois situations que l’on retrouve le plus souvent dans une succession en SCI familiale.

Situation 1 : les héritiers deviennent associés automatiquement

Cela arrive lorsque les statuts ne prévoient aucune restriction. La SCI continue, et les héritiers reprennent les droits de vote liés aux parts.

Exemple

Un associé décède. Ses deux enfants héritent et deviennent associés sans agrément. La gestion continue normalement.

Situation 2 : les héritiers doivent être agréés par les associés

C’est le cas le plus fréquent. Les associés votent en AG pour accepter ou refuser l’entrée des héritiers.

Si l’agrément est accepté, les héritiers deviennent associés.

S’il est refusé, un rachat des parts doit être organisé.

La clause d’agrément :

Elle permet aux associés de décider de l’entrée d’un nouvel associé après un décès.

Situation 3 : les héritiers sont refusés et les parts doivent être rachetées

Les statuts peuvent imposer un rachat des parts si les héritiers ne sont pas agréés.

Le rachat peut être effectué par :

  • les associés survivants,
  • ou la SCI elle-même (avec annulation des parts).

L’indemnisation correspond à la valeur vénale des parts au jour du décès.

Exemple

Un associé détient 40 % des parts. Il décède. L’entrée de son fils est refusée. Les associés doivent racheter ses parts (valeur 120 000 €). La SCI doit trouver le financement.

Un décès n’entraîne pas forcément la dissolution d’une SCI. Tout dépend des statuts : 

  • entrée automatique ; 
  • agrément ; 
  • ou rachat des parts. 

Une organisation claire permet d’éviter les tensions et d’assurer la continuité de la société. Avec les bonnes règles, la SCI familiale reste un outil stable pour gérer une succession. La question qui se pose ensuite est simple : est-ce vraiment la meilleure structure pour vous ? Pour le savoir, il faut la comparer à l’indivision, l’autre manière courante de détenir un bien à plusieurs.

SCI familiale ou indivision : quelle structure pour votre succession ?

Beaucoup de personnes hésitent entre 

Les deux permettent de détenir un bien à plusieurs, mais leurs effets lors d’une succession sont très différents. Si vous voulez protéger vos proches ou éviter les blocages, comprendre cette différence vous aide à choisir la structure la mieux adaptée.

L’indivision : simple au départ, mais souvent source de tensions

L’indivision paraît facile : vous héritez d’un bien et vous en devenez propriétaires ensemble. Mais dans la pratique, cette organisation crée souvent des désaccords.

En indivision :

  • chaque indivisaire possède une quote-part du bien,
  • les décisions importantes demandent une majorité, parfois l’unanimité,
  • un indivisaire peut demander la vente, même si les autres s’y opposent,
  • les objectifs des héritiers ne sont pas toujours alignés,
  • les conflits apparaissent souvent, surtout entre frères et sœurs.

L'indivision

Plusieurs personnes possèdent ensemble un même bien. Aucun espace n’est séparé : chacun est copropriétaire du tout.

Exemple

Trois enfants héritent d’une maison. Deux veulent la garder, un veut vendre. Il peut imposer la vente. C’est fréquent dans une succession.

Pourquoi la SCI familiale apporte plus de stabilité ? 

Avec une SCI, le fonctionnement est différent. Vous ne partagez pas un bien, mais des parts sociales. Vous organisez la gestion avant les événements familiaux. Cela rend la succession plus sereine.

La SCI familiale permet de :

  • fixer les règles dès la rédaction des statuts,
  • nommer un gérant pour simplifier les décisions,
  • transmettre des parts plutôt qu’un bien indivis,
  • éviter une vente forcée si les statuts l’interdisent,
  • protéger le conjoint survivant via l’usufruit ou la gérance,
  • accueillir un héritier ou appliquer une clause d’agrément.

Voici un tableau simple pour comparer.

Tableau – Indivision vs SCI familiale dans une succession

Point cléIndivisionSCI familiale
Gestion du bienDécisions à plusieursGérant nommé
Risque de blocageÉlevéFaible si statuts adaptés
Vente forcéePossibleImpossible si statuts l’interdisent
TransmissionBien indivisParts sociales
Protection du conjointLimitéeForte via l’usufruit / les statuts
Familles recomposéesComplexeStructure souple
OrganisationAucune anticipationRègles prévues

Exemple

Un couple détient sa maison via une SCI. À leur décès, leurs deux enfants deviennent associés. Aucun ne peut imposer une vente de la maison sans l’accord de l’autre. La maison reste dans la famille, comme prévu dans les statuts.

En indivision, l’un d’eux aurait pu demander la vente immédiatement.

L’indivision peut vite créer des blocages. La SCI familiale apporte au contraire un cadre organisé, une gestion plus stable et une vraie protection pour vos proches. Elle limite les tensions et facilite la transmission. Si vous pensez que cette structure peut convenir à votre situation, l’étape suivante consiste à la mettre en place correctement. Je vous montre comment faire.

Comment mettre en place une SCI familiale pour préparer votre succession ?

Créer une SCI familiale est simple si vous suivez une logique claire. Le but est de construire une structure solide qui : 

  • facilitera votre succession ; 
  • protégera vos proches ; 
  • évitera les blocages. 

Je vous résume les étapes essentielles pour poser les bonnes bases.

Les 5 étapes clés pour créer une SCI familiale orientée succession

Étape 1 : choisir les membres de la SCI

Vous décidez qui entre au capital : vous, votre conjoint, vos enfants ou d’autres membres de la famille. Vous pouvez commencer à deux, puis intégrer d’autres associés plus tard.

Étape 2 : définir les apports

Chaque associé réalise un apport :

Ces apports déterminent la répartition des parts sociales, élément central de la succession.

Un apport en nature est un bien (souvent immobilier) remis à la SCI en échange de parts.

Étape 3 : rédiger des statuts adaptés à la succession

Les statuts encadrent tout : gestion, votes, droits du conjoint survivant, clause d’agrément, démembrement possible des parts. C’est le document le plus important. Des statuts bien rédigés évitent la majorité des conflits.

Vous pouvez y prévoir :

  • une clause de continuation après un décès,
  • un usufruit réservé au conjoint,
  • une clause d’exclusion pour éviter l’entrée automatique d’un héritier,
  • les règles d’agrément des nouveaux associés.

Étape 4 : nommer un gérant

Le gérant assure la gestion quotidienne.

Vous pouvez rester gérant toute votre vie, puis désigner un successeur dans les statuts pour assurer la stabilité lors de la succession.

Étape 5 : immatriculer la SCI

Pour que la SCI existe légalement, vous devez :

  • publier une annonce dans un journal d’annonces légales,
  • déposer un dossier au greffe,
  • obtenir l’immatriculation au RCS.

Une fois immatriculée, la SCI peut recevoir les biens et permettre les donations de parts.

Quand se faire accompagner par un notaire ou un professionnel ?

Certaines situations sont plus techniques. Une aide extérieure sécurise votre projet, surtout si :

  • vous avez une famille recomposée,
  • vous devez protéger le conjoint survivant,
  • les biens ont une forte valeur,
  • la transmission implique un démembrement,
  • la valeur vénale des parts doit être déterminée,
  • plusieurs donations sont prévues.

Un notaire sécurise la transmission. Un juriste vous aide à rédiger les statuts. Cela évite les blocages fréquents lorsque les règles ne sont pas adaptées à la famille.

Mettre en place une SCI familiale repose sur cinq étapes simples : 

  • choisir les associés ; 
  • définir les apports ; 
  • rédiger des statuts solides ; 
  • nommer un gérant ; 
  • immatriculer la société. 

Avec quelques clauses bien pensées, votre SCI devient un outil fiable pour organiser votre succession et protéger vos proches.

EN RÉSUMÉ

Vous savez maintenant comment une SCI familiale peut faciliter la transmission de votre patrimoine. Elle vous aide à protéger vos proches, réduire les droits de mutation à payer lors d’une succession ou d’une donation, éviter les blocages et structurer une gestion stable sur plusieurs années.Pour avancer sereinement, gardez en tête les actions essentielles :

  • définir vos objectifs patrimoniaux,
  • rédiger des statuts solides et adaptés à votre famille,
  • choisir un gérant fiable,
  • organiser la transmission de vos parts (progressive ou démembrée),
  • surveiller la valeur des parts et les clauses clés des statuts, car ce sont les points les plus sensibles dans une succession.

Si vous souhaitez être accompagné, les experts Dougs peuvent vous aider à construire une SCI familiale vraiment adaptée à votre succession.

FAQ sur la SCI familiale et la succession

Est-ce que la SCI familiale réduit vraiment les droits de succession ?

Oui. Vous transmettez des parts, ce qui permet d’utiliser les abattements et le démembrement. La valeur taxable est souvent plus faible qu’avec un bien transmis en direct.

Le conjoint survivant peut-il rester dans la SCI ?

Oui. Les statuts peuvent lui attribuer l’usufruit des parts ou la gérance. Il garde ainsi l’usage du bien ou les revenus.

Est-ce qu’un héritier peut refuser d’entrer dans la SCI ?

Oui. Dans ce cas, il reçoit une indemnisation correspondant à la valeur des parts. Les statuts prévoient la procédure.

Que se passe-t-il si les héritiers ne s’entendent pas ?

La SCI évite les blocages. Le gérant continue la gestion. L’indivision n’existe pas. Les statuts définissent les règles, ce qui limite les conflits.

Combien de temps prend la transmission des parts ?

La donation de parts est rapide une fois les statuts bien rédigés. Le notaire réalise l’acte et l’enregistrement fiscal.

Est-ce qu’une SCI peut protéger mes enfants d’une précédente union ?

Oui. Les statuts permettent d’organiser la transmission de façon équilibrée. Vous pouvez attribuer la nue-propriété à vos enfants et l’usufruit au conjoint.

La SCI familiale évite-t-elle une vente forcée après un décès ?

Oui. Contrairement à l’indivision, personne ne peut imposer une vente si les statuts l’interdisent.

Dois-je toujours passer par un notaire ?

C’est fortement recommandé pour une transmission. Le notaire sécurise les donations et les clauses successorales.

Pour en savoir plus sur la succession en SCI

Charlotte Barroso
Charlotte Barroso
Lead superviseur comptable

Passionnée par le management et la conduite du changement, elle accompagne son équipe dans ses réalisations techniques et leur formation. Son superpouvoir ? La curiosité, qui fait d'elle une conseillère d’exception !

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