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David Bernier

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Head of Legal

15 min.

Quel est le salaire moyen d’un chirurgien-dentiste ?

Un chirurgien-dentiste gagnerait entre 3 500 et 10 000 € par mois. Cet écart vous laisse perplexe ? Et pour cause, derrière le mot « salaire », tout le monde ne parle pas de la même réalité. Un praticien salarié à l’hôpital, un libéral installé et un spécialiste ne perçoivent ni les mêmes montants, ni le même type de revenu.

Je suis David Bernier et j’accompagne des entrepreneurs et professionnels libéraux sur leurs choix de rémunération, leur gestion sociale et la structuration de leur activité. Je vois souvent les confusions entre « salaire net », « revenu avant impôt » et « honoraires encaissés ».

Si vous envisagez d’ouvrir un cabinet dentaire, de passer en société ou de préparer votre installation, la question du salaire dépasse le montant mensuel. Elle touche aussi au statut, aux charges, à la trésorerie et à la création d’entreprise en ligne. Dans cet article, je vous aide à lire les bons chiffres pour comprendre combien gagne vraiment un chirurgien-dentiste en France.

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EN BREF

  • Un chirurgien-dentiste libéral déclare en moyenne 119 450 € par an avant impôt, soit environ 9 950 € par mois.
  • La médiane se situe à 94 150 € par an, soit environ 7 850 € par mois : la moitié des praticiens gagne donc moins que ce montant.
  • Un chirurgien-dentiste salarié gagne généralement entre 3 300 € et 7 900 € net par mois, selon son statut, son expérience et son lieu d’exercice.
  • Le mot « salaire » convient surtout au salariat. En libéral, on parle plutôt de revenu professionnel, après charges du cabinet et cotisations sociales.
  • Les écarts de rémunération viennent surtout de l’expérience, de la spécialité, du lieu d’installation et du niveau de charges.

Quel est le salaire moyen d’un chirurgien-dentiste en France ?

Quand on parle de revenus chez les chirurgiens-dentistes, ce sont les libéraux qui donnent les repères les plus parlants, car ils restent majoritaires dans la profession. D’après les dernières données de la Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes (CARCDSF) disponibles sur les revenus 2024, leur revenu moyen atteint 119 452 € par an avant impôt, soit environ 9 950 € par mois.

Mais ce chiffre ne suffit pas à lui seul. La médiane est plus basse, à 94 154 € par an, soit environ 7 850 € par mois.

Pour lire correctement ces chiffres, retenez surtout :

  • 119 452 € par an : c’est le revenu moyen libéral avant impôt, une moyenne qui peut être tirée vers le haut par les cabinets les plus rémunérateurs.
  • 94 154 € par an : c’est le revenu médian, car il indique le point de séparation entre les 50 % de praticiens qui gagnent moins et les 50 % qui gagnent plus.

Ces montants ne correspondent pas à un salaire net disponible sur le compte personnel. Ils désignent un revenu professionnel, après les charges du cabinet et les cotisations sociales des indépendants, avant l’impôt sur le revenu.

Pour estimer le revenu réel d’un chirurgien-dentiste libéral, la médiane donne souvent une image plus fidèle que la moyenne. Elle limite l’effet des cabinets très rentables qui peuvent faire monter le chiffre moyen.

Salaire, honoraires, bénéfice : pourquoi les chiffres varient autant ?

Les écarts de revenus viennent d’abord du statut. En effet, un chirurgien-dentiste salarié perçoit un salaire, versé par un employeur dans le cadre d’un contrat de travail. Un chirurgien-dentiste libéral, lui, encaisse des honoraires, paie les charges de son cabinet, règle ses cotisations sociales, puis dégage un revenu professionnel.

Cette différence change la lecture des chiffres. Quand vous voyez un montant annoncé comme « salaire de chirurgien-dentiste », il peut en réalité désigner trois réalités différentes :

  • les honoraires : tout ce que le cabinet facture et encaisse,
  • le revenu professionnel : ce qui reste après les dépenses du cabinet et les cotisations sociales,
  • le revenu après impôt : la somme réellement disponible une fois l’impôt payé.

Prenons un exemple simple. Un cabinet encaisse 240 000 € d’honoraires par an. Avec environ 60 % de charges, il reste autour de 96 000 € de bénéfice professionnel avant impôt. Le chiffre d’affaires (soit les honoraires) paraît confortable, mais le revenu personnel du praticien se calcule seulement après les frais du cabinet.

Infographie du salaire chirurgien dentiste libéral : 240 000 € d’honoraires, 60 % de charges et 96 000 € de bénéfice avant impôt
Infographie du salaire chirurgien dentiste libéral : 240 000 € d’honoraires, 60 % de charges et 96 000 € de bénéfice avant impôt

C’est pour cette raison qu’un chirurgien-dentiste libéral ne touche pas un salaire au sens strict. Il déclare un bénéfice professionnel, souvent imposé en bénéfices non commerciaux (BNC), le régime fiscal des activités libérales. Les chirurgiens-dentistes libéraux relèvent bien des professions non commerciales selon le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP), et les revenus d’une activité libérale imposée à l’impôt sur le revenu relèvent des BNC en comptabilité.

Le bon réflexe. Comparez des revenus de même nature : salaire net avec salaire net, revenu professionnel avec revenu professionnel, honoraires avec honoraires. Sinon, les écarts paraissent énormes alors qu’ils ne désignent pas le même montant.

Combien gagne un chirurgien-dentiste salarié ?

Un chirurgien-dentiste salarié gagne généralement entre 3 300 € et 7 900 € net par mois, selon son cadre d’exercice. Le salariat reste moins fréquent que le libéral, mais il se développe dans les centres de santé, les cabinets structurés et les établissements publics.

À l’hôpital public, le chirurgien-dentiste relève du statut de praticien hospitalier. Il exerce alors comme professionnel de santé au sein d’un établissement public, avec une rémunération encadrée par une grille. Cette grille compte 13 échelons qui correspondent à des niveaux d’ancienneté. En 2026, les montants indicatifs vont d’environ 4 634 € brut par mois au premier échelon à 9 368 € brut par mois au dernier échelon, hors primes, gardes et astreintes.

À l’hôpital public, le chirurgien-dentiste relève du statut de praticien hospitalier. Il exerce alors comme professionnel de santé au sein d’un établissement public, avec une rémunération encadrée par une grille. Cette grille compte 13 échelons, qui correspondent à des niveaux d’ancienneté : plus le praticien avance dans sa carrière, plus son traitement de base progresse. En 2026, les montants indicatifs vont d’environ 4 634 € brut par mois au premier échelon à 9 368 € brut par mois au dernier échelon, hors primes, gardes et astreintes.

En net, cela donne un ordre de grandeur de 3 900 € à 7 900 € par mois, selon l’échelon, le temps de travail et les compléments de rémunération.

En centre de santé ou en cabinet privé, le contrat joue un rôle central. Un débutant se situe souvent autour de 4 200 € brut par mois, soit environ 3 300 € net. Les profils expérimentés peuvent dépasser ce niveau, surtout avec une part variable liée au chiffre d’affaires produit.

Profil salariéRémunération indicative
Débutant salarié~3 300 € net/mois
Praticien hospitalier débutant~3 900 € net/mois
Praticien hospitalier confirméjusqu’à ~7 900 € net/mois
Centre ou cabinet privé expérimentévariable selon contrat et production

Le salarié gagne souvent moins qu’un libéral installé, mais il bénéficie d’un cadre plus stable :

  • fiche de paie ;
  • congés payés ;
  • protection sociale salariée ;
  • aucune charge de cabinet à financer ;
  • pas d’investissement matériel à porter personnellement.

La rémunération dépend aussi de la classification prévue au contrat et de la convention collective applicable. Pour mieux comprendre ce lien entre poste, niveau de responsabilité et rémunération minimale, notre article sur le coefficient de salaire peut vous aider.

Combien gagne un chirurgien-dentiste libéral ?

Un chirurgien-dentiste libéral gagne en moyenne 119 452 € par an avant impôt, mais ce chiffre varie fortement selon l’activité du cabinet. En libéral, il ne perçoit pas un salaire : il dégage un bénéfice professionnel, souvent imposé dans la catégorie des BNC, les bénéfices non commerciaux.

Le cabinet encaisse d’abord les honoraires. Ensuite viennent les diverses charges :

  • le local professionnel,
  • le fauteuil et le matériel technique,
  • les prothèses et consommables,
  • les logiciels métiers,
  • la stérilisation,
  • les assurances,
  • l’assistante ou l’assistant dentaire,
  • la comptabilité de la profession libérale,
  • la maintenance du matériel.

C’est là que se joue la vraie différence entre chiffre d’affaires et revenu. Un cabinet peut afficher de très bons honoraires et laisser un revenu plus modeste au praticien si les charges fixes sont élevées. À l’inverse, un cabinet bien organisé, avec des charges maîtrisées et un agenda rempli, protège mieux sa rentabilité.

L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) estime le taux de charge des cabinets dentaires autour de 60 %, avec une dispersion selon la taille des structures : les petits cabinets supportent souvent davantage le poids des charges fixes, tandis que les plus gros diluent mieux certains coûts. L’Observatoire Fiducial 2025 confirme cette tension : les honoraires moyens progressent légèrement, mais les charges augmentent aussi, notamment les cotisations sociales personnelles. Le chiffre d’affaires reste donc stable, sans hausse nette.

Pour lire les revenus d’un dentiste libéral, il faut donc raisonner en cascade :

ÉlémentOrdre de grandeur
Honoraires annuels moyens d’un cabinet~240 000 €
Charges du cabinet50 à 65 % des recettes
Bénéfice net moyen en omnipratiqueautour de 100 000 €/an
Revenu moyen libéral CARCDSF119 452 €/an avant impôt

L’exercice libéral gagne donc souvent plus qu’un salarié, mais son revenu est moins régulier. Un mois avec moins de rendez-vous, un investissement matériel, une absence prolongée ou une hausse des charges pèse directement sur le résultat.

Avant de vous comparer à une moyenne nationale, regardez votre situation réelle : niveau d’honoraires, charges fixes, emprunts, cotisations, fiscalité et rythme de travail. Deux cabinets avec le même chiffre d’affaires peuvent dégager deux revenus très différents.

Charges, impôts et revenu net : combien reste-t-il vraiment ?

En libéral, le revenu disponible n’a rien à voir avec les honoraires encaissés. Un cabinet Il peut facturer 240 000 € par an, mais cela laisse un revenu personnel bien inférieur à celui du chirurgien-dentiste, une fois les charges professionnelles, les cotisations sociales et les impôts payés.

Reprenons l’exemple précédent. Avec 240 000 € d’honoraires annuels et environ 60 % de charges professionnelles du cabinet, il reste autour de 96 000 € de bénéfice professionnel avant cotisations sociales personnelles et impôt. En retenant un ordre de grandeur de 35 % de cotisations sociales, le praticien paie environ 33 600 € de cotisations. Il reste alors environ 62 400 € avant impôt sur le revenu.

Pour un praticien célibataire, sans enfant et sans autre revenu, l’impôt sur le revenu peut représenter environ 12 000 € dans cet exemple. Le revenu disponible après charges, cotisations sociales et impôts descend donc autour de 50 000 € par an, soit environ 4 150 € par mois.

Étape du calculMontant approximatif
Honoraires encaissés par le cabinet240 000 €
Charges professionnelles du cabinet, autour de 60 %-144 000 €
Bénéfice professionnel avant cotisations et impôt96 000 €
Cotisations sociales personnelles, ordre de grandeur 35 %-33 600 €
Revenu avant impôt sur le revenu62 400 €
Impôt sur le revenu estimatif, célibataire 1 part-12 000 €
Revenu disponible après charges et impôts~50 000 €/an
Revenu disponible mensuel~4 150 €/mois

Cet exemple reste volontairement simplifié. Le revenu net réel varie selon votre situation familiale, les autres revenus du foyer, les charges déductibles, les cotisations effectivement appelées, les contrats facultatifs et la structure juridique retenue.

En entreprise individuelle, le chirurgien-dentiste déclare généralement ses bénéfices non commerciaux via la déclaration 2035. Il paie ensuite l’impôt sur le revenu sur son bénéfice imposable, et non sur les recettes encaissées.

Le raisonnement change si le cabinet exerce en société, par exemple en SELASU ou en SELARL, deux types de structure d’exercice libéral. La SELASU est unipersonnelle, tandis que la SELARL fonctionne plutôt comme une SARL adaptée aux professions réglementées. La structure juridique influence alors la rémunération : salaire de dirigeant, dividendes, cotisations sociales, imposition sur les bénéfices ou trésorerie laissée dans la société.

Pour estimer le revenu net réel, il faut donc partir des recettes, retirer les charges professionnelles, intégrer les cotisations sociales, puis mesurer l’impact des impôts. C’est ce qui donne le revenu disponible après charges et impôts.

Études, spécialisation, carrière : quel impact sur le salaire ?

Pour devenir chirurgien-dentiste, il faut obtenir le diplôme d’État de docteur en chirurgie dentaire. Les études comprennent trois cycles, avec un troisième cycle court pour l’exercice général, ou un troisième cycle long, via l’internat, pour accéder à certaines spécialités reconnues. L’Ordre national des chirurgiens-dentistes rappelle que ce cycle long permet d’exercer l’une des spécialités de la profession, après concours.

Ce parcours influence directement la rémunération. Un praticien qui suit la filière d’omnipraticien démarre souvent avec une activité de soins courants : consultations, soins conservateurs, prothèses, prévention. Avec l’expérience, il a la possibilité de développer son cabinet dentaire, de recruter, de mieux organiser son planning ou de s'installer dans une zone à forte demande.

Les revenus progressent aussi avec les choix de carrière :

  • spécialisation en orthodontie, chirurgie orale ou médecine bucco-dentaire,
  • formation complémentaire en implantologie, parodontologie ou esthétique dentaire,
  • exercice en centre dentaire, en cabinet libéral ou en structure de groupe,
  • prise de responsabilités administratives dans un cabinet ou un centre,
  • activités d’enseignement, de recherche ou missions auprès d’acteurs de santé.

La formation ne s’arrête pas au diplôme. Les chirurgiens-dentistes inscrits à l’Ordre doivent aussi respecter une obligation de développement professionnel continu (DPC), qui vise à maintenir et actualiser leurs connaissances et leurs compétences.

Expérience, spécialisation, localisation : ce qui fait varier le revenu

Deux chirurgiens-dentistes peuvent exercer le même métier et pourtant dégager des revenus différents. Le statut donne une première grille de lecture, mais il ne suffit pas. La rémunération dépend aussi de plusieurs facteurs :

  • l’expérience professionnelle,
  • la spécialisation,
  • la localisation géographique,
  • le mode d’exercice,
  • le type de contrat,
  • le temps de travail,
  • la gestion du cabinet,

En libéral, ces éléments influencent les honoraires, les recettes encaissées, les charges sociales et le bénéfice final. En salariat, ils agissent plutôt sur la grille de rémunération, les avantages sociaux, la part variable ou la rétrocession du chiffre d’affaires brut, c’est-à-dire un pourcentage des honoraires générés par le praticien.

L’expérience professionnelle et la notoriété

Un dentiste débutant gagne généralement moins qu’un praticien expérimenté. Les premières années servent souvent à construire la patientèle, tester son organisation, financer les premiers investissements ou effectuer des remplacements avant une installation plus stable.

D’après les données CARCDSF, les chirurgiens-dentistes de moins de 35 ans déclarent environ 82 000 € par an, contre près de 154 000 € chez les praticiens de 55 à 59 ans. L’effet de l’expérience apparaît donc dans les revenus annuels, surtout en libéral.

La notoriété locale accélère surtout la constitution de patientèle : un praticien recommandé remplit plus vite son planning après une installation ou un remplacement.

La spécialisation et le type d’activité dentaire

L’omnipratique reste le socle du métier de chirurgien-dentiste. Elle couvre les soins les plus fréquents du cabinet :

  • consultations,
  • détartrages,
  • soins conservateurs,
  • prothèses dentaires,
  • prévention,
  • suivi bucco-dentaire,

Notez que d’autres activités peuvent tirer la rémunération vers le haut. C’est le cas de l’orthodontie, aussi appelée orthopédie dento-faciale, de la chirurgie orale, ou des cabinets qui développent une forte activité en implantologie, en parodontie, en greffes de gencives ou en chirurgies complexes.

En ordre de grandeur, un omnipraticien libéral tourne souvent autour de 100 000 à 120 000 € par an avant impôt. Un praticien spécialisé ou très orienté vers des actes à forte valeur ajoutée peut dépasser 130 000 à 150 000 € par an, mais l’écart dépend fortement du volume d’actes, des charges et du lieu d’exercice.

Ces écarts de revenus s’expliquent surtout par :

  • des actes à forte valeur ajoutée,
  • un niveau de technicité supérieur,
  • un matériel plus spécialisé,
  • une formation complémentaire,
  • une organisation clinique plus structurée,
  • une patientèle avec des besoins spécifiques,

Plus l’activité demande de technicité, d’équipement et de temps clinique, plus elle peut augmenter le chiffre d’affaires moyen du cabinet. Cela ne veut pas dire que le revenu personnel progresse dans les mêmes proportions. Ces actes supposent aussi plus d’investissements : formation continue, équipements, logiciels, assistanat, maintenance, communication locale.

La localisation géographique du cabinet

Dans les zones urbaines, les grandes villes, les métropoles et la région parisienne, le potentiel d’activité reste élevé. Le volume de patients est plus important, notamment pour les soins courants, les prothèses dentaires, l’orthodontie ou l’implantologie. En contrepartie, la concurrence entre cabinets est plus forte. Le loyer, les salaires, l’équipement, la communication locale et le coût du foncier pèsent directement sur la rentabilité. Un cabinet en centre-ville encaisse parfois beaucoup d’honoraires, sans dégager pour autant le meilleur revenu net.

En périphérie ou dans une ville moyenne, le lieu d’implantation offre souvent un meilleur équilibre. Le bassin de population reste suffisant pour développer une patientèle régulière, avec des charges généralement plus modérées qu’en hypercentre. Pour un dentiste libéral, ce type de lieu d’exercice crée un compromis intéressant entre volume d’activité, concurrence et revenu disponible.

Dans les zones rurales, le bassin de population est plus limité, mais la concurrence entre praticiens reste souvent plus faible. Lorsque la couverture dentaire ne répond pas à la demande locale, un chirurgien-dentiste capte plus rapidement une patientèle de proximité, remplit son agenda plus régulièrement et stabilise ses revenus.

Les zones sous-dotées ou très sous-dotées méritent une lecture à part. Dans ces territoires, la demande dépasse souvent l’offre de soins. Une installation accélère alors la constitution de patientèle, réduit les creux d’activité et améliore la stabilité du revenu dès les premières années. L’Assurance Maladie prévoit aussi des aides à l’installation pour les chirurgiens-dentistes installés en zone sous-dotée, avec un contrat pouvant atteindre 50 000 € sur 5 ans et une aide au maintien de 12 000 € sur 3 ans, soit 4 000 € par an, sous conditions.

Localisation géographiqueEffet sur l’activitéImpact sur les écarts de rémunération
Zones urbaines, grandes villes, métropolesPatientèle nombreuse, demande forte, concurrence élevéeHonoraires élevés possibles, mais charges plus lourdes
Région parisienneMarché dynamique, forte densité de patients et de praticiensPotentiel important, mais coût d’installation élevé
Périphérie et villes moyennesBassin de population solide, concurrence plus modéréeBon équilibre entre activité, charges et revenu net
Zones ruralesPatientèle locale, concurrence parfois plus faibleRevenu plus stable si le planning se remplit bien
Zones sous-dotées ou très sous-dotéesDemande supérieure à l’offre, aides à l’installation possiblesDéveloppement plus rapide de la patientèle et meilleure stabilité

Le mode d’exercice, le temps de travail et la gestion du cabinet

Le mode d’exercice change la manière dont le revenu se construit. Un dentiste salarié, un praticien hospitalier, un remplaçant, un professionnel en centre dentaire et un dentiste libéral ne sont pas rémunérés selon les mêmes règles.

Dans la fonction publique hospitalière, le chirurgien-dentiste suit une grille indiciaire ou une grille d’émoluments. Sa rémunération progresse avec l’échelon, l’ancienneté, les gardes, les primes et les avantages sociaux liés au statut salarié. Le revenu reste encadré, mais il offre une vraie sécurité.

En centre dentaire ou en clinique, le contrat peut prévoir :

  • une rémunération régulière,
  • une part variable,
  • une rétrocession calculée sur les honoraires générés.

Le niveau d’activité du praticien joue alors un rôle direct : plus il réalise d’actes, plus sa rémunération évolue, selon le type de contrat.

En libéral, le chirurgien-dentiste bénéficie d’une plus grande liberté tarifaire, notamment pour certains actes ou honoraires du dentiste libéral non conventionné, mais il assume aussi plus de charges administratives. Son revenu dépend des honoraires, des charges sociales, des cotisations, du loyer, de l’assistanat, du matériel, des logiciels et du temps de travail réel.

Et ce temps de travail dépasse largement les heures passées au fauteuil. Il faut aussi gérer :

  • les devis,
  • le planning,
  • les achats,
  • l’équipe,
  • la comptabilité,
  • les fournisseurs,
  • les obligations administratives,

La gestion du cabinet pèse donc directement sur la rentabilité. Une forte fréquentation du cabinet, une bonne réputation locale, un agenda rempli et des charges maîtrisées peuvent améliorer le revenu net. À l’inverse, deux chirurgiens-dentistes avec le même chiffre d’affaires peuvent dégager des revenus très différents si leur structure de coûts, leur organisation ou leur temps de travail ne sont pas les mêmes.

Salarié ou libéral : quel statut rapporte le plus ?

En moyenne, le libéral rapporte davantage. Le revenu moyen d’un chirurgien-dentiste libéral atteint environ 9 950 € par mois avant impôt, alors qu’un salarié se situe plutôt entre 3 300 € et 7 900 € net par mois.

La comparaison ne s’arrête pas au montant. Le salarié perçoit une rémunération plus prévisible. Il ne finance ni le fauteuil, ni le local, ni les consommables, ni l’équipe. Le libéral capte une part plus importante de la valeur créée, mais il assume le risque économique du cabinet.

Comparatif du salaire chirurgien dentiste salarié, de 3 300 à 7 900 € nets, et libéral, autour de 9 950 € avant impôt
Comparatif du salaire chirurgien dentiste salarié, de 3 300 à 7 900 € nets, et libéral, autour de 9 950 € avant impôt

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Pour conclure

Pour estimer le salaire d’un chirurgien-dentiste, partez d’abord du statut : salarié ou libéral. Salarié, vous raisonnez en salaire net. Libéral, vous raisonnez en honoraires, charges, cotisations et revenu avant impôt. Avant de vous comparer à une moyenne, regardez donc votre mode d’exercice, votre spécialité, votre zone d’installation et la rentabilité réelle du cabinet.

Et si vous créez, reprenez ou structurez votre cabinet, Dougs vous accompagne pour choisir le bon cadre juridique, piloter votre rémunération et sécuriser votre gestion sociale.

EN RÉSUMÉ

  • Selon les données CARCDSF sur les revenus 2024, les libéraux déclarent environ 119 452 € annuels après charges et cotisations, avant impôt, contre une médiane de 94 154 €.
  • Les salariés perçoivent généralement entre 3 300 € et 7 900 € net mensuels, selon leur contrat, leur ancienneté et leur cadre d’exercice, avec une rémunération plus prévisible.
  • Pour estimer votre revenu disponible en cabinet, distinguez les recettes, les dépenses professionnelles, les cotisations sociales et l’impôt, sans confondre chiffre d’affaires et bénéfice.
  • Avant une installation, évaluez la demande locale, la concurrence et les coûts fixes, ainsi que les aides accessibles sous conditions dans les zones sous-dotées.
  • Les activités spécialisées peuvent augmenter les recettes, mais nécessitent aussi des investissements en formation, matériel et personnel qui limitent parfois le gain réel.
  • L’entreprise individuelle et les sociétés d’exercice libéral impliquent des modalités fiscales et sociales différentes : comparez leurs effets sur votre rémunération et votre trésorerie avant de choisir.

Vos questions fréquentes sur le salaire de chirurgien-dentiste

Un chirurgien-dentiste salarié gagne souvent entre 3 300 € et 7 900 € net par mois. Un chirurgien-dentiste libéral déclare en moyenne environ 9 950 € par mois avant impôt, avec une médiane proche de 7 850 € par mois.

Un chirurgien-dentiste salarié débutant touche environ 3 300 € net par mois. À l’hôpital public, la rémunération démarre autour de 3 900 € net par mois. En libéral, les premières années varient davantage, car le praticien construit sa patientèle et finance ses premiers investissements.

Oui, le plus souvent. Le libéral gagne davantage en moyenne, mais il supporte les charges, les investissements, la gestion administrative et le risque économique du cabinet. Le salarié gagne généralement moins, avec une rémunération plus stable.

David Bernier

David Bernier

Head of Legal

David est Head of Legal chez Dougs. En français, cela signifie qu’il pilote le département juridique du cabinet, endosse la casquette de référent technique et garantit l’évolution du service.

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