Tout comprendre sur le capital minimum d’une SAS pour bien démarrer
2 mois de compta offerts
Vous vous apprêtez à créer votre SAS, mais une question vous bloque : combien faut-il investir au départ ?
Vous avez raison de vous la poser. Le capital social représente le montant de votre responsabilité en tant qu’associé. Un niveau mal calibré peut donc devenir risqué s’il ne correspond pas à la réalité de votre activité.
Et les conséquences ne s’arrêtent pas là. Trop peu, votre crédibilité risque d’en pâtir. Trop, vous immobilisez inutilement des fonds dont vous aurez besoin ailleurs.
Vous l'aurez compris, le capital est bien plus qu’un simple chiffre. C’est un véritable choix stratégique qui influence la solidité et le démarrage de votre projet.
Dans cet article, je vous explique ce qu’est le capital minimum dans une SAS, les règles légales à connaître, les bonnes pratiques et les pièges à éviter pour définir un capital cohérent, adapté à vos besoins et à vos ambitions.


Le capital minimum d’une SAS est fixé à 1 euro symbolique.
Sachez cependant qu'un capital trop faible peut limiter vos financements, tandis qu'un capital bien dimensionné inspire confiance et donne à votre société de la crédibilité et une base solide pour se développer.
Le capital d’une SAS n’est pas pour autant figé. Vous pouvez le faire évoluer (à la hausse comme à la baisse) selon les besoins de l’entreprise, mais cela implique des formalités souvent lourdes et coûteuses.
Voilà ! J'ai tout dit dans les grandes lignes. Je vous propose maintenant de rentrer dans les détails.
Définition : qu'est-ce que le capital social d'une société par actions simplifiée (SAS) ?
Quand vous créez une SAS, vous devez déterminer son capital social. Mais qu’est-ce que c’est, concrètement ?
Le capital social, c’est la somme de tous les apports faits par les associés au moment de la création de la société.
Ce capital devient alors le patrimoine propre de la société : il appartient à la SAS, et non directement aux associés.
Imaginons par exemple que vous créez une SAS avec un associé pour lancer une agence de communication.
Quels apports choisir pour constituer le capital social d’une SAS ?
Vous savez maintenant ce qu’est le capital social. Parlons à présent de ce qui le compose concrètement.
Au moment de créer votre SAS, chaque associé peut contribuer de manière différente : en numéraire, en nature ou en industrie.
Apports en numéraire
L'apport en numéraire, c’est la forme la plus simple et la plus courante : l’argent.
Ces fonds servent de base financière pour les premiers besoins de l'entreprise : achat de matériel, communication, dépôt de marque, etc.
Vous pouvez choisir de libérer tout le montant du capital dès la création ou seulement une partie (au moins 50 % à la création, le reste dans les 5 ans suivant l’immatriculation).
Apports en nature
Les apports en nature, ce sont tous les biens non financiers que les associés mettent à disposition de la société :
- un ordinateur ou du matériel professionnel ;
- un véhicule ;
- un local ;
- un brevet ou une marque ;
- un fonds de commerce ;
- etc.
Ces apports permettent de valoriser des ressources déjà disponibles, sans forcément mobiliser de l’argent.

NB : si la valeur de l'apport en nature est significative, vous devez nommer un commissaire aux apports.
Ce professionnel se chargera d'évaluer vos biens pour garantir une répartition juste entre associés.
Apports en industrie
Les apports en industrie correspondent aux compétences, connaissances ou savoir-faire qu’un associé met à la disposition de la société.
Ces apports ne sont pas intégrés au capital social, car ils ne représentent pas une valeur financière mesurable.
En clair, le capital social d’une SAS peut être constitué de trois formes d’apports :
- en numéraire (argent) ;
- en nature (biens matériels ou immatériels) ;
- en industrie (savoir-faire, compétences, réseau).
Capital social minimum en SAS : quelle est la règle en 2026 ?
Après avoir vu les différentes formes d’apports possibles pour constituer le capital social, intéressons-nous maintenant aux règles légales qui encadrent son montant et sa structure.
Quel est le capital social minimum d'une SAS imposé par la loi ?
La SAS fait partie des formes juridiques les plus flexibles. La loi ne fixe aucun montant minimum obligatoire. Vous pouvez donc créer une SAS avec seulement 1 euro symbolique.
Mais attention ! Si le minimum légal est de 1 euro, cela ne veut pas dire que ce soit le montant idéal.

NB : si vous débutez avec un petit capital, sachez que vous pourrez l’augmenter plus tard via une procédure d’augmentation de capital encadrée par la loi.
En revanche, cette démarche implique des formalités (et un coût). Il vaut donc mieux anticiper autant que possible pour éviter de devoir la lancer trop vite.
Capital social minimum en SAS : fixe ou variable ?
Lors de la création de votre SAS, vous devez aussi choisir la façon dont votre capital sera géré au fil du temps.
Le capital social fixe
Avec un capital fixe, vous déterminez un montant précis lors de la rédaction des statuts.
En pratique, cela signifie que toute augmentation ou réduction du capital nécessite une modification des statuts, accompagnée des formalités légales correspondantes :
- la convocation d’une assemblée générale extraordinaire (AGE) ;
- la rédaction d’un procès-verbal ;
- la publication d’une annonce légale ;
- et le dépôt du dossier de modification au greffe.
Ce modèle est stable mais rigide.
Le capital social variable
Le capital variable, lui, offre davantage de souplesse.
- un plancher (capital minimum) ;
- et un plafond (capital maximum).
Tant que les mouvements de capital (augmentation ou réduction) restent compris entre ces deux montants, aucune modification statutaire n’est nécessaire.
Ce mécanisme est particulièrement adapté lorsque vous prévoyez une stratégie d’entrées et sorties régulières d’associés (ex : projets à plusieurs, investisseurs qui entrent/sortent, actionnariat évolutif).
En revanche, si votre société vise une stratégie d’emprunt, le capital variable peut être moins bien perçu. Certaines banques apprécient davantage un capital “stable”, car il est perçu comme un engagement plus solide et plus lisible..
Ce système permet :
- d’adapter rapidement le capital aux besoins de financement ;
- et de limiter les démarches administratives.
C’est une solution particulièrement appréciée par les startups et les jeunes entreprises en croissance, qui ont besoin d’une structure agile, évolutive et qui prévoient des entrées et sorties fréquentes d’associés.
En résumé, le capital social minimum légal d’une SAS est de 1 € symbolique. Cependant, mieux vaut définir un capital cohérent avec les besoins de votre activité et la crédibilité souhaitée.
Vous pouvez après choisir comment il sera géré au fil du temps : fixe ou variable.
Dans les deux cas, il est toujours possible de faire évoluer votre capital au fil du développement de votre société.
Quels sont les avantages d’avoir un capital social minimum bas dans une SAS ?
Vous venez de découvrir qu’il est possible de créer une SAS avec seulement 1 euro symbolique.« Est-ce que c’est une bonne idée de commencer petit ? »
Eh bien, dans certains cas, oui.
1. Une accessibilité financière qui ouvre des portes
Le premier avantage, c’est évidemment l’accessibilité.création d’entreprise plus simple pour :
- les jeunes entrepreneurs qui veulent tester une idée ;
- les freelances qui souhaitent se structurer ;
- ou les startups en phase de lancement.
Exemple : imaginons que vous lanciez une petite agence de communication depuis chez vous.
2. Une souplesse financière bienvenue
Un capital faible, c’est aussi plus de liberté dans la gestion des fonds.
- créer votre site internet ;
- investir dans vos premiers outils ;
- ou assurer votre trésorerie le temps que les premières factures soient payées.
3. Un risque financier limité
Créer une société, c’est toujours une prise de risque.
Autrement dit, si l’activité ne décolle pas comme prévu, votre responsabilité ne dépasse pas le montant du capital social.
4. Un contrôle total sur votre entreprise
Un faible capital social permet aussi de garder la main sur votre société.Résultat : vous conservez 100 % de la décision, de la stratégie, et de la vision de votre entreprise.
En bref, un capital social bas :
- facilite la création de votre SAS sans gros investissement ;
- offre une souplesse financière au démarrage ;
- limite votre risque financier personnel ;
- vous laisse le contrôle total sur votre projet.

Quels sont les inconvénients potentiels d’avoir un faible apport en capital dans une SAS ?
Vous l’avez vu, un capital bas peut être une bonne porte d’entrée pour lancer votre activité.
1. Une crédibilité fragilisée auprès des partenaires
C’est sans doute le premier effet négatif d’un faible capital social : l’image qu’il renvoie.
Une société dotée d’un capital social assez bas donne parfois l’impression de manquer de solidité financière.
Même si votre projet est sérieux, ce faible capital peut susciter des doutes chez :
- vos partenaires commerciaux,
- vos clients,
- ou même vos futurs collaborateurs.
Dans un contexte professionnel où la confiance se construit aussi sur la stabilité financière, ce point peut peser lourd.
2. Des difficultés à obtenir des financements
Les banques et les investisseurs regardent de près la structure financière d’une entreprise avant de l’accompagner.
Conséquences possibles :
- refus d’ouverture de compte professionnel ;
- refus ou limitation de crédit bancaire ;
- difficultés à attirer des investisseurs externes.
3. Une croissance limitée à long terme
Avec un petit capital, vos marges de manœuvre financières sont plus restreintes.
Et même si vous envisagez une augmentation de capital plus tard, la procédure demande du temps et des démarches administratives, ce qui peut ralentir votre dynamique.
4. Des opérations plus complexes au quotidien
Certains partenaires exigent parfois également un niveau minimal de garantie financière avant de signer un contrat, surtout dans les secteurs réglementés ou à risque.
- retarder la signature de contrats importants ;
- compliquer l’obtention d’agréments ou de licences ;
- et rallonger les négociations commerciales.
Cela crée une charge administrative supplémentaire qui pourrait être évitée avec un capital un peu plus conséquent.
En bref, un capital social trop bas peut :
- fragiliser votre image et votre crédibilité ;
- compliquer l’accès aux financements externes ;
- freiner votre croissance à long terme ;
et alourdir certaines démarches administratives.
Tableau récapitulatif des avantages et inconvénients d’un capital social bas en SAS
Pour vous aider à y voir plus clair, voici un tableau récapitulatif des principaux avantages et inconvénients d’un capital social faible en SAS.
| Accessibilité financière : Permet de créer sa SAS avec peu de moyens, idéal par exemple pour les jeunes entrepreneurs, freelances ou startups. | Crédibilité fragilisée : Peut donner l’image d’une société peu solide financièrement, ce qui peut freiner partenaires, clients ou collaborateurs. |
|---|---|
| Souplesse financière : Évite de bloquer des fonds au capital et laisse plus de liquidités pour financer les besoins immédiats (site, matériel, communication…). | Difficultés de financement : Les banques et investisseurs peuvent refuser ou limiter les financements, perçus comme plus risqués. |
| Risque limité : En cas d’échec, les pertes sont limitées au montant du capital investi. | Croissance freinée : Un petit capital réduit les marges de manœuvre pour investir, recruter ou se développer. |
| Contrôle total : Pas besoin de faire entrer d’autres investisseurs dès la création, ce qui permet de garder la main sur les décisions. | Opérations plus complexes : Certains contrats, licences ou partenariats exigent un capital minimal, ce qui peut compliquer certaines démarches. |
Quelles sont les conséquences fiscales et juridiques d’avoir un capital social minimum dans une SAS ?
Nous venons de voir les avantages et les inconvénients d’un capital faible.
Voyons ça ensemble.
Les conséquences fiscales : pas d’impact direct
Ce qu'il faut savoir, c’est que le montant du capital social n’a pas d’incidence directe sur la fiscalité de votre SAS.
- votre société est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS),
- ou, dans certains cas, au régime de l’impôt sur le revenu (IR), si vous remplissez les conditions pour opter temporairement pour ce régime.
En revanche, le capital social joue un rôle indirect. Il refl ète la solidité financière de votre entreprise, un élément souvent pris en compte par les banques, les investisseurs ou même l’administration fiscale.
Les conséquences juridiques : une question de responsabilité et de protection
Sur le plan juridique, la règle est simple : le capital minimum légal d’une SAS est fixé à 1 euro symbolique.
Exemple : si votre capital est de 1 €, la moindre perte comptable vous place techniquement dans une situation de capitaux propres inférieurs à la moitié du capital, ce qui vous oblige à engager une procédure de reconstitution (article L.225-248 du Code de commerce).
En clair, plus le capital est bas, plus la société devient vulnérable sur le plan légal et comptable.
Autres points à retenir :
- Le capital social fixe la responsabilité des associés : ils ne sont responsables qu’à hauteur de leurs apports.
- En cas de faillite ou de liquidation, les associés ne perdent que leur mise. Mais si le capital est trop faible, la société risque de ne pas pouvoir honorer ses dettes, ce qui peut créer des tensions avec les créanciers.
- Une sous-capitalisation excessive peut être interprétée comme une faute de gestion, notamment si l’entreprise n’avait pas les moyens suffisants pour fonctionner correctement dès le départ.
En clair, le montant du capital social n’a aucun impact direct sur la fiscalité de votre SAS.
Sur le plan juridique, un capital trop faible rend votre société plus vulnérable, notamment en cas de pertes, et peut même obliger à engager des démarches légales précoces pour reconstituer les fonds propres.
Comment déposer le capital social d’une SAS ?
Maintenant que vous connaissez les règles autour du capital social et ses implications juridiques, passons à l’étape pratique : le dépôt du capital social.
C’est une formalité essentielle pour immatriculer votre société. Sans ce dépôt, votre SAS n’existe tout simplement pas encore sur le plan légal.
Où déposer le capital social ?
Vous avez trois options principales pour déposer le capital de votre SAS :
- Une banque (traditionnelle ou en ligne).
- La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).
- Un notaire.
En pratique, la grande majorité des créateurs choisissent de passer par une banque, car c’est la solution la plus rapide pour ouvrir un compte professionnel.
En effet, si vous déposez le capital à la banque, celle-ci bloque la somme le temps que votre société soit immatriculée.
Pour en savoir, voici notre guide sur comment choisir la meilleure banque pour sa création d'entreprise.
Comment se déroule le dépôt ?
Le dépôt du capital se fait en quatre étapes :
- Constituer le dossier de dépôt
Pour ce faire, préparez les documents suivants :
- les statuts de la SAS (même provisoires) ;
- la liste des souscripteurs (la liste des associés et leurs apports) ;
- le justificatif de domiciliation du siège social ;
- et une pièce d’identité pour chaque associé.
- Remettre les fonds au dépositaire choisi :
Les apports en numéraire peuvent être versés :
- par chèque,
- par virement bancaire,
- ou exceptionnellement en espèces (selon le montant et la banque).
- Obtenir une attestation de dépôt :
C’est un document officiel qui confirme que le capital a bien été versé.
- Immatriculer la SAS :
Une fois l’immatriculation validée par le greffe, il faut transmettre le kbis à votre banque afin que les fonds soient débloqués et transférés sur le compte bancaire professionnel de la société.
En résumé, le dépôt du capital social est l’étape qui donne vie à votre SAS.
- verser vos apports ;
- obtenir une attestation de dépôt ;
- puis immatriculer votre société.
Sans cette formalité, votre entreprise n’existe pas encore juridiquement.
Déterminer le capital de votre SAS, ce n’est pas une simple formalité. C’est un choix essentiel pour poser des bases solides à votre entreprise.
Un capital trop faible peut freiner votre développement et limiter vos financements.
Si vous ne savez pas encore quel montant fixer ou comment faire les démarches, Dougs peut vous accompagner.
- choisir le montant le plus adapté à votre projet ;
- rédiger vos statuts ;
- et déposer votre capital facilement.
Vous vous concentrez sur votre activité, et nous, on s’occupe du reste pour que votre SAS démarre sereinement et dans les règles.
FAQ sur capital minimum SAS
À quoi sert le capital société d'une entreprise ?
Le capital social, c’est la trésorerie de départ de votre société.
Il sert à financer les premières dépenses, à répartir les titres entre les associés et à garantir la crédibilité de votre société auprès des partenaires (clients ou banques).
Mais son rôle ne s’arrête pas là : il a aussi une valeur juridique.
Le capital social détermine la responsabilité des associés (limitée à leurs apports) et constitue un gage de sécurité et de confiance pour les créanciers.
Est-il possible de créer une SAS avec un capital social de 0 euro ?
Non. La loi impose un capital minimum d’1 euro symbolique.
Cependant, créer une SAS avec seulement 1 € n’est pas conseillé dans la pratique.
Pourquoi ? Parce qu’avec un capital si faible :
vous risquez un refus d’ouverture de compte bancaire pro ;
vous aurez peu de crédibilité auprès des partenaires ;
et en cas de pertes, la société devra reconstituer ses fonds propres presque immédiatement.
Comment modifier le capital social d’une SAS ?
Voici les 6 grandes étapes à suivre :
Convocation d’une assemblée générale extraordinaire (AGE)
Les associés sont réunis pour examiner et voter la modification du capital social.
Vote des actionnaires
La décision doit être approuvée selon les règles prévues dans les statuts.
Modification des statuts
Une fois la décision validée, les statuts de la société doivent être mis à jour pour refléter le nouveau capital.
Publication d’un avis dans un journal d’annonces légales
Cette étape permet d’informer officiellement les tiers (banques, partenaires, administrations) du changement.
Dépôt du dossier au greffe du tribunal de commerce
Vous devez transmettre l’ensemble des documents justifiant la modification : statuts mis à jour, procès-verbal d’AGE, justificatif de publication, etc.
Obtention du nouvel extrait Kbis
Une fois le dossier validé, le greffe émet un nouveau Kbis mentionnant le capital actualisé.
David est Head of Legal chez Dougs. En français, cela signifie qu’il pilote le département juridique du cabinet, endosse la casquette de référent technique et garantit l’évolution du service.
En savoir plus
![Créer votre SAS ► [Guide complet et conseils 2026]](https://images.prismic.io/test-dougs/ZTE3ZjJmMDItZmI5OS00NWY2LThhZGYtMzcwYTNhNDUwNjhj_pexels-miguel-a-padriaan-1111372-2.jpg?auto=compress%2Cformat&rect=0%2C0%2C1200%2C798&w=600&h=399&fit=max)
